LE SJERIN ET LA VOLIÈRE
U fi beau serin , venu de Ganarîe , S'ennuyolt de la compagnie Des fauvettes el des moineaux, Du gai pinson, bref de tous les oiseaux Que son maître, croyant lui plaire , lUissembloit avec soin dans la même volière.
Sur tout cet étranger faisoit lo dédaigneux ; Les eaux de son pays étoient cent fois plus claires, Jjd grain qu'on y mangeoît , étoit plus savoureux ^ lies oiseaux y chantoient bien mieux ^
Tous propos déplaisans pour ses petits conirères..
Une serine ayant quelque renom , Entre dans la volière 5 elle crut que pour elle
Le beau serin alloit changer de ton; Hais la pauvrette , helaS ? n'eut pas même un coupd'ail*-.. Femelle s^ns appas, OufemeUfi )oVie , Se permet, quoic^ue sage , un peu d'agacerie; Et quand TobjetHie sa ebquettene 2Vy répond pas, La plus douce devient furie.
De la nôtre ce fut le cas :
Contre le fat la belle ameuta la volière ; A punir ses mépris , oiseaux elle invita :
On dit qu'elle fut la première Qui , sans tarder, coups de bec lui porta; I^on pas de ceux qu'on donne à l'oiseau qiû sait plaire y. Qu'amour conduit si vivement,
î)t qui pourtant ne blessent guère.
Elle frappa sans nul ménagement.
Et chacun limita d'une telle manière , Que voilà notre fat plumé dans un momenh
Craignant toujours nouvel outrage ^ Le dédaigneux se mit à la raison , S'occupa moins de lui , des autres davantage y
En reprenant son beau plumage , 11 devint trës-aimable , et plus galant, dit-on f
Et maintenant, tout à fait sage,
H sent le prix de la leçon.