‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 33 sur 177 · LE SJERIN ET LA VOLIÈRE · texte numérisé non relu

LE SJERIN ET LA VOLIÈRE

U fi beau serin , venu de Ganarîe , S'ennuyolt de la compagnie Des fauvettes el des moineaux, Du gai pinson, bref de tous les oiseaux Que son maître, croyant lui plaire , lUissembloit avec soin dans la même volière.

Sur tout cet étranger faisoit lo dédaigneux ; Les eaux de son pays étoient cent fois plus claires, Jjd grain qu'on y mangeoît , étoit plus savoureux ^ lies oiseaux y chantoient bien mieux ^

Tous propos déplaisans pour ses petits conirères..

Une serine ayant quelque renom , Entre dans la volière 5 elle crut que pour elle

Le beau serin alloit changer de ton; Hais la pauvrette , helaS ? n'eut pas même un coupd'ail*-.. Femelle s^ns appas, OufemeUfi )oVie , Se permet, quoic^ue sage , un peu d'agacerie; Et quand TobjetHie sa ebquettene 2Vy répond pas, La plus douce devient furie.

De la nôtre ce fut le cas :

Contre le fat la belle ameuta la volière ; A punir ses mépris , oiseaux elle invita :

On dit qu'elle fut la première Qui , sans tarder, coups de bec lui porta; I^on pas de ceux qu'on donne à l'oiseau qiû sait plaire y. Qu'amour conduit si vivement,

î)t qui pourtant ne blessent guère.

Elle frappa sans nul ménagement.

Et chacun limita d'une telle manière , Que voilà notre fat plumé dans un momenh

Craignant toujours nouvel outrage ^ Le dédaigneux se mit à la raison , S'occupa moins de lui , des autres davantage y

En reprenant son beau plumage , 11 devint trës-aimable , et plus galant, dit-on f

Et maintenant, tout à fait sage,

H sent le prix de la leçon.

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