‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 35 sur 177 · L'AIGLE ET LE FAON · texte numérisé non relu

L'AIGLE ET LE FAON

U N aigle , auprès du paon , non sans quelque murmur» , Oe sa robe envîoit l'éclatante, parure.

Si vous devez briller aux yeux de l'univers,

Dit le paon , c'est par le courage :

L'piseau que la nature a fait le roi des airs,

PC'a pas besoin d'un beau plumage.

FABLE XXXVIIL

LA FEMME ET. LE MriHOIR*

Uns femme étoit très jolie,.

Mais elle avoît une manie Qui déplaiseit, fatiguoittous 1er yeux.

!Les siens ne cessoîent pas de chercher une glace : SoitpouT mieux ajuster ses pompons , ses cheveux. Soit poiir examiner son maintien et sa grâce , Ou bien en minaudant se regarder parler ; Enfin on lavoyoit toujours se contempler. On cesse d'admirer qui s'admire soi-même i Et puis cet amour propre extrême Blesse la vanité d'autrui ; Narcisse en se mirant n'aimoit, dit-on, queluî^

Il méprisa les belles du bocage :

"BK penché constament vers le cristal de feau Qui lui présentoit son image Il fit sécher d'amourla pauvre nymphe Echo«.

Ah / notre J^arcisse femelle Weutpasiesortcfe son charmant modeler Et trop tard se souvint des leçons , des avis» De ses parens et de ses vrais amis.

Une cruelle maladie ' En peu <de jours lui ravit ses attraits i Mais elle ne perdit jamais.

Quoiqu'elle fût très enlaidie, Son maudit penchant à se voir^ Et le trop fidèle miroir Devint alors le tourment de sa viCk

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