‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 40 sur 177 · LE HIBOU ET L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

LE HIBOU ET L'HIRONDELLE

JYXais, mon jeune voisin, vraiment vous êtes fou,

Dtsoit l'hirondelle au hibou , Qui, dès l'aube du jour, rentroit dans sa masure» Pourquoi donc fuir toute société Et les beautés de la nature?

Oh ! votre œil seroit enchanta Du soleil et de la verdure, Volez aux bois, aux prés, aux champs.

Venez nous voir, nous sommes bonnes gens, St votre solitude en paroîtra moins dure.

— Non, ma tristesse, mon humeur, A tout le monde feroît peur.

Vous ignorez, repartit l'hirondelle y Qu'à votre âge l'on peut changer, Même en tout temps se corriger.

«^Mais il faudroit chanter, et ma voix n'est pas belle. Fuis feu mon père a dit souvent i Mon enfant , fTe sortez que la nuit, ne volez qu'à la ronde. Craignez, fuyez surtout les oiseaux du grand monde* — ' £hl c'étoit-là , mon cher, le conseil 4'ttix hibou. , Tenez , ma leçon est plus sage ;

Lorsque toujours on vît seul dans son trou , D05 bonnes qualités on ne peut faire usage; Qui de la Térité n'entend pas le langage , Gardera ses défauts, ses traders, son humeur.

Et ce sera votre partage:

Enfin , poux qui yil seul ni plaisir ^ ni bonheur.

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