LE VIEUX MÉNAGE
— >\ 01TS souvient-il, mon cher, que je (Us très-jolie f «-Vous étiez assez bien; trop de minauderie , L'air de prétention vous déparoit un peu.
— J'avois dans tous les traits de la gaîté, du jeu.
Et dans l'esprit agréable saillie.
Vous étiez fort aimable en bonne compagnie |
Mais , près de moi , Dieu sait quelle étoit votre humeur î
— Convenez, mion mari, que Vous étiez grondeur? Chaque jour vous aviez hizarre fantaisie.
Tantôt sage et tantôt galant.
Le bien , le mal vous rendoient inconstant.
Et pour vos seuls plaisirs vous répandiez l'argent : Puis il falLolt souffrir de votre jalousie.
— Mais si '^e fus jaloux, vous sayez bien pourquoi..... Votre légèreté , votre coquetterie....
Laissons cela ma femme , croyez-moi :
•Teus mes défauts , et vous eûtes les vôtres; Ah / gardons-nous d'en prendre d'autres I Keproche sait par fois ramener un amant ,
Jamais l'époux , il aigrit vainement.
Oui y perdre la mémoire est bonheur à notre âgej Car il n'est point de vieux ménage Où le passé ne gâte le présent.
FABLE XLVIIL