‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 58 sur 177 · L'AVEUGLE, LE SOURD ET LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

L'AVEUGLE, LE SOURD ET LE VOYAGEUR

\j AT!ïs Vorlent deux amis vertueux .

Au prophète qu'on y révère De concert axfressoient leurs vœux* L'un étoit sourd, l'autre privèdes jeux j Tous deux en resseuïtoient une douleur amère. L'ayeugle désiroit jouir de la lumière , Demandoit à revoir les hommes et les cieux; Le sourd, avec ardeur prloit pour nûeux entendre* Un marchand de Bagdad , voisin de leur réduit,

Suspend Itîurs pleurs en venant les surprendre. Et pour les consoler , haussant la voix , il dit : J'arrive depuis peu, j'ai fait Le tour du monde. Partout^ pauvres humains , partout le vice abonde^ Et j'ai trouvé sur la machine ronde Très-peu de bons et beaucoup de méchans; Sur ces derniers la plainte éai rarement permise , Et par eux /'ai souffert en tous lieux, en tout temSt

Je conviens que vos maux sont grands ; Maïs à votre âge enfin, au déclin de 70s ans. Il est peu de regrets, pardonnez ma franchise , Et l'amitié pouroit adoucir vos accens:

Oh ! quand vous vous livrez à des cris impuissans^ Songez que trèrf-souvent l'on n'entend que sottise, Et quVa voit peu d'honnêtes gensi

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