‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 60 sur 177 · LE BROCHET ET LA GRENOUILLE · texte numérisé non relu

LE BROCHET ET LA GRENOUILLE

iSuB les bords d'un étang, des grenouilles chantoient.

Ou pour mieux dire coassoient .

Souvent la nuit , mais toute la journée^

Un brochet qu'elles ennuyoient

S'en plaignit l'autre matinée ; Il le9 apostropha d*uue étrange façon ;

Sur leur voix et sur leur figure,

Sur leur démarche et leur tournure , Sur la bassesse enfin de leur.côndltion • Ce reproche surtout excita leur murm\ire.

Tout fier de sa grosseur , le brochet sans rival

Se croyoit , maître du canal.

Une grenouille raisonneuse ,

Lui dit en sortantde «on tr<hr s

Khmphre, tu n'es qu'un vieux fou De mépriser si fort la gent marécageuse ;

Crois-moi , ne Tais point Vanité De ta beauté ,*

Elle p<^irra t'étre nicfieus^ '

Quand sur le crîstSl de ces eaux Je te vois promener en faisant te erfis. dos ,

Je ne puis m'èter de la tête Qu'on viendra te pêcher pour chômçr quelque fête, Un oracle jamais n'eut un si prompt effet.

A peine elle eut fînàgti'on étend un filet, Et le pécheur^ous prendre dédaigneux hrocbet ,

Sans nul égard pour sa requête. Il pense à la groiouille, à sa j^rédiciion; Le malheiir rend l'expression polie :

Hélas ! hélas ! ma boi^e amie ,

Ltii oria-t-il de sa prison.

Je vois bien zhaînteiijgint quewous aviez raison ;

Je sens trop tard que d^Etis la vie , Four goûter sans revers longue félicité,

Il faudroit ne pas faire envie

jËt rester dans robsfiorité* .

(74) FABLE LXyi. .

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