JUPITER, L'AIGLE ET LE BALLON
JLi'AiGLE s'élevoit d'un vallon Pour remonter au séjour du topnerrer ' En volant il rencontre un élégant ballon :
Que voiV-;e, dît-il en colère , Qui vient me disputer mon empire des airs?... Oh! c'est l'homme y il vojudroit envahir l'univers^ Quoi ! peu coûtent de jopir de la terre , De s'être fait le souverain des mers , Il veut encor posséder davantage ?
La tête humaine est à l'envers....
Mais non , l'ambition, dans ses projets divers y / A fabriqué ce leste et commode équipage. N ;v . Aux pieds de Jupiter il vole avec^eflroi, "^^
Se plaint de^Voyageurs trouvés sur son passage r Lui dit qu'enfin à n'est plus roi ; Que l'homme u^rpe son partage; Qu'il vient de se tracer une route dans l'air; Et que nouveau Titan, aussi prompt qu^ l'écliairy Il osera monter à la voûte azurée»
Bon \ les trésors de la plaine étbérée Ne sont pas ceux auxquels l'homme attache du prix. Dit le dieu; tel dessein n'inspire que mépns. Voudroit-ii approcher de ces'flots'de lumière? De ces globes de feu deviner la matière?
L'orgueilleux croiroit-il en soutenir l'éclat ? . 11 n'ira pas bien haut, garde en paix ton état. Eh ! de si loin, sur son tas de poussière , Quand les ardens rayons brillent de toutes parts.
Il peut à peine y jeter ses regards :
Il loue, admire 9^ et craint cet astre qui l'éclaîr».
Ses vains essais ne petlvent m'offenser.
D'ailleurs^ entre les cieux et l'homme téméraire Est une étemelle barrière Qu'il ne sauroit jamais passer*
FAÇLE LSgStX.
X'KMPEREUR DU MOGOL ET SON PRÉCJÇPTEUIt
Seigneur , disoit un fakir , grand docteur ,
Au maître du plus riche empire (*) , Accordez-moi Iç rang que je désire.
De titres et de biens vous voilà possesseur , Grâce au ciel! et des soins que j'eus de vore enfance Je réclame , à vos pieds, la juste récompopse . ^ — Fakir , tutedonnob pour «n dévot ferv^t.
Pour un vrai philosophe, un trésor de lumière Qui devoit embellir^ illustrer ma carrière»
Je sortis de tes mains hypocrite, ignorant;
Tu m'inspiroia adroitement Le désir des honneurs , l'amour de la puissance. Si tu m'avois donné cette utile leçon D'être un vainqueur humain , un fils soumis et bon , Point de bornes alors k ma reconnoissance.
O Aurengzeb , célèbre par sa puissance , qu'il dut à sa fourberie et aux nombreuses et sanglantes victoires qu^il remporta sur toute sa famil^e : il est le fondateur de Teiopire du Hogol. Voyez l'Histoire orientale.
Regagne ton réduit sans autre ambition Que de passer tes joura à faire pénitence* Hélas! en tout pays , ainsi que ce fakir,.
Conibien de précepteurs de princes f Ma!s sans punition, même sans repentir, Ont causé le malheur des cours et des provinces f