‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 78 sur 177 · L'OISEAU DE PASSAGE ET LES PIGEONS · texte numérisé non relu

L'OISEAU DE PASSAGE ET LES PIGEONS

Jr^UYBES petits! où fuyez-vous?

Demande en débarquant un oiseau de passagd A nombre de pigeons érran^ sur le rivage Des hommes, des cruels nous Invitons les coups. Dit la trQupe affligée, en son touchant langage; A la fuite, à la mort on nous condamne tous*

Par n«rtre constance éternelle , Des amans , des époux nous étions le modèle ; Mais , hélas 1 aujourd'hui, les plus tendres accent "Ne sont pour ces bœurs durs que Sots gémissemens ; Ifous sommes poursuiyis en tous lieux, à toute heure. Bien d'autres animaux, à deux pieds comme nous f

Presque aussi doux, Sont chassés , sont forcés de quitter leur demeure.

Pour Jean lapin, il faut qu'il meure ;

On assure qu'il est proscrit.

Le /louyeau débarqué reprit : Quelques bêtes, au moins , restent dans la contrée t Toute espèce à jamais n'en est pas séparée?

Kon, disent les pigeons: on garde en ces climats Tigres , loups et cenards , singes , taupes et rats,

De plus tous les oiseaux de proie.

Mes amis , dit le voyageur.

Voyez-vous ce vaisseau? sa voile se déploie; Allons, suivez -moi tous, je repars de grand coeurs Cherchons au loin la paix, la verdure et la joie : Au pays des méchans il n'est point de bonheur.

( 97 ) FABLE LXXXYI.

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