L'OISEAU DE PASSAGE ET LES PIGEONS
Jr^UYBES petits! où fuyez-vous?
Demande en débarquant un oiseau de passagd A nombre de pigeons érran^ sur le rivage Des hommes, des cruels nous Invitons les coups. Dit la trQupe affligée, en son touchant langage; A la fuite, à la mort on nous condamne tous*
Par n«rtre constance éternelle , Des amans , des époux nous étions le modèle ; Mais , hélas 1 aujourd'hui, les plus tendres accent "Ne sont pour ces bœurs durs que Sots gémissemens ; Ifous sommes poursuiyis en tous lieux, à toute heure. Bien d'autres animaux, à deux pieds comme nous f
Presque aussi doux, Sont chassés , sont forcés de quitter leur demeure.
Pour Jean lapin, il faut qu'il meure ;
On assure qu'il est proscrit.
Le /louyeau débarqué reprit : Quelques bêtes, au moins , restent dans la contrée t Toute espèce à jamais n'en est pas séparée?
Kon, disent les pigeons: on garde en ces climats Tigres , loups et cenards , singes , taupes et rats,
De plus tous les oiseaux de proie.
Mes amis , dit le voyageur.
Voyez-vous ce vaisseau? sa voile se déploie; Allons, suivez -moi tous, je repars de grand coeurs Cherchons au loin la paix, la verdure et la joie : Au pays des méchans il n'est point de bonheur.
( 97 ) FABLE LXXXYI.