LE CORBEAU ET LA TOURTERELLE
J é vous plaint de bon cœur , dit un jour un corbeau A la plus tendre tourterelle ^ Comment I vous êtes jeune et belle ,
Et vous passez la vie au creux d'un vieil ormeau ,
Et toujours à côté du même tourtereau
Qui près de vous a l'air de faire sentinelle I
Cet ennuyeux réduit qui cache vos appas »
Vous doit causer une tristesse extrême* — Pauvre idiot I qui ne deyine pas Que je yis près de ce que j'aime,
FABLECV.
LE SEXAGÉNAIRE ÏT LE JEUNE HOMMeI
N jouvenceau dîsoit à l'honnête Cléanie : .
Jamais je nVuroijS cru le monde si méchant.
A tout il porte envie, k l'esprit, a« talent ; T'our à tour on lui plaît, îl ^ous loue, il w>us vante.
Il vous déchire , et vous tourmente.
J'attendois un emploi pour moi très-important, Voilà qu'un faux ami me trompe et me supplante* Même parmi ces 'gens que l'on appelle heureux , Dont ia fortune est solide et hrillanfe , J'ai rencontré des envieux.
Quel odieux défaut que ceUe hasse envie f Dites-moi donc,'Cléante, et je vous en supplie , Si vous savez quelque moyen Qui la retienne et la force à se trfire !
—J'en sais un , ce n'est pas chose facile à faire^ Mais du parfait repos c'est l'unique soutien. Restez pauvre , Damis , soyez homme de hien y B.eligieux et hon , modeste , autant que sage ^ . Du monde je connois l'usage »
U ne vous enyira plus rien.