‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 92 sur 177 · LE CORBEAU ET LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LE CORBEAU ET LA TOURTERELLE

J é vous plaint de bon cœur , dit un jour un corbeau A la plus tendre tourterelle ^ Comment I vous êtes jeune et belle ,

Et vous passez la vie au creux d'un vieil ormeau ,

Et toujours à côté du même tourtereau

Qui près de vous a l'air de faire sentinelle I

Cet ennuyeux réduit qui cache vos appas »

Vous doit causer une tristesse extrême* — Pauvre idiot I qui ne deyine pas Que je yis près de ce que j'aime,

FABLECV.

LE SEXAGÉNAIRE ÏT LE JEUNE HOMMeI

N jouvenceau dîsoit à l'honnête Cléanie : .

Jamais je nVuroijS cru le monde si méchant.

A tout il porte envie, k l'esprit, a« talent ; T'our à tour on lui plaît, îl ^ous loue, il w>us vante.

Il vous déchire , et vous tourmente.

J'attendois un emploi pour moi très-important, Voilà qu'un faux ami me trompe et me supplante* Même parmi ces 'gens que l'on appelle heureux , Dont ia fortune est solide et hrillanfe , J'ai rencontré des envieux.

Quel odieux défaut que ceUe hasse envie f Dites-moi donc,'Cléante, et je vous en supplie , Si vous savez quelque moyen Qui la retienne et la force à se trfire !

—J'en sais un , ce n'est pas chose facile à faire^ Mais du parfait repos c'est l'unique soutien. Restez pauvre , Damis , soyez homme de hien y B.eligieux et hon , modeste , autant que sage ^ . Du monde je connois l'usage »

U ne vous enyira plus rien.

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