‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 91 sur 177 · LE PAON ET LE MER.LE · texte numérisé non relu

LE PAON ET LE MER.LE

L'oiseau favori de Junon

Se payanoit dans un bocage , ' * *

Et de tout cliantre aîlé dédaignant le plumage , Il étoit détesté des oiseaux du canton.

Merle joyeux ainsi lui rabaissoit le ton z La vanité, vois-tu , ne vient que dé sottise , Et de bon cœur je ris'de tes airs de grandeufy

De ce jargon plein de hauteui^

Que par tout pays on méprise.

Notre paon le fuyoit, redoutoit ce moqueur, Fermoit oreille et bec à toute leçon sage.

Faisant la roué un jour, s'admirant davantage ^

Il est à travers le feuillage

Atteint des armes du chasseur: '

Il eut une aile fracassée

Et même une patte blessée.

Le merle entend ses cris , fend Pair et vole à hii r Oh ciel I lui dit le paon , iais-moi grâce aujourd'hui

De critique et de persiflage.

— Te voilà malheureux, je change de langage ,

Et c'est, mon cher, de la meilleure foi t.

De ma franche gaîté tu n'as plus rien à craindre. Chasseurs sont dé/outés , et je yiens vite à toi ' T'aider à te cacher, te soigner et te plaindre. Ce paon sauvé, choyé, guérit, mais fut boiteux r Il resta sot et partant glorieux.

( 117 ) FABLE cm.

LE REÎïARD CHASSÉ DE LA COUR DU LION.

VJHEZ le soureraîn des forêts Un ours vaillant et bon comme on n'en vit jamais »

Gouvernoit sagement J'empire.

Un renard intriguoit désirant son emploi ; Du favori y des lois ne cessoitde médire 5 •*

Il osa même contredire Les desseins du 'ministre en présence du roi:

Mais VoTo j et de' ta ] alousie , litft répart l#lion , t'a conservé la vie.

Tu fis mal ton devoir dâiis nos derniers Combats , Et cet ours que tu bais , pour toi.demanda grâce. Allons , saj^is répliquer , fuis loin de mes états; * JNon, jamais à ma cour tu n'obtiendrais de pl|ice;

Que peut-on faire des ingrats ?

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