‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 94 sur 177 · JUPITER ET LB MALADE · texte numérisé non relu

JUPITER ET LB MALADE

Un homiineavoit atteint tout au plus quard&te ans) Mais il ai^oitsi'fort ahusé de ses sens

Qu'il se trouvoit aussi vieux qu'à soixante.

Son esprit devijjt dur, savante chancelante; Jupiter, qui long-temps le combla de faveurs >

B-eprit ses^dons : il n'eut plus eo partage

Q«elea infirmités, compagnes dif vieil âge ; Tout l'accable à la fois, maux d'estomac, vapeurs > L'insomnie et l'ennui pire que les douleurs.

Las de*ce genre de souffrance , Ilpréfèrq la fië^nre , il l'invoque , et soudain Son brasier dévorant s'allume dans son sein* Le mïilade l'endure avec impatience : « Il murmure , il gémit dès le second accès,* Reproche au ciel d'avoir exaucé sa prière :

Reprefle^» lui dtt-tl^ vos dangereux bienfaits î Ayez pitié de ma misère î Délivrez-moi d'un mal affreux Qui tour à tour me glace et me dévore :

La crainte d^la mort me* rond tipp malheureux* Puisque faut esqpier tous mes excès 4t)nteux , , Envoyez-moi la coutto! On vi^ long-temps encore Avec elle , diWoA; — et dha le mème^instant Sur s^ pie(fs/8ur ses reins la truelle s'étend. De son choix indiscret bientôt il se repent ;

Il se lamente , il pleure , il j ure , Son lit de fin duvet lui semble un lit de fer. Il croit soulager sa torture , 'En vomissant et la plainte et l'injura Contre son sort et contre Jupitec Ce dieu lui répond, sans colère :

Jadis tu fus ingrat, te voilà téméraire.

Vil mortel ! tu ne sais ni vivre ni mourir.

Ne m'imp()rtune {dus de plaintes , de prière 5 Qvd mérite ses maux doit savoir les soufirir* •

FABLE CVHI.

LES DANGERS DE \a CURIOSITÉ-

VJERTAiN écoCer Ue quinze^ m^ * Fiurtiyement qoûtte son pédagogue , î*oîir aller consulter ide ftjnêux charlatans Çui sjétoîent décorés du grand nonf d'astrologue*

Notre étourdi yeutcAmoîtreién^or^, S'il sera riche, Ijeureux, et le temps de «a mort. L'un de ces faux .dpcteurs , apsès nombreux mensonges Lui dit, mais df^e ton qu'avoit jadis Cidcas:

Mon^Ker enfattt., ce seront point des sibge», Écoutcfll... ji^rédis...^ ne vous efirayez pas: * Vous êtes né sous ]^anèt» enneiaîe, H^las ! ainsi que4)ie0 dl^â^ens.

Six lustres tout au plus composent votr^ vîf « Tâchez de profiter de ce préçieux^temps i La sagesse chçz \|fms «i^roît p$p:e'nmii^.

Le jeune hoimne paya/ctt âge est genéreur^ Paya très-cherjce conseil dangereux.

Content, ii retient à son gîte Rupins vite;* •

Garde le car8eci^t » ne se vante de rien ; Mais danf^on coAr S9 promet bien De briser et férule et chaîne:

Il ne veut plus alors soiiffrir ancunegéne ; '^ 11 se moque de tout, des livres, dea ped]n»| Et de chagrill fait mourir se/paren^.

De sa fortifie il est lemaître i^fM» ^ Qh'îIIk livre )k tourles e<cès.

Lea femmes et le jeu, le vîn^ dettes, proc^, Ont biSntôt épuisa sa bourse.

P'aucun plaisir ne pouvant s*amtlser, Trop or^ueiUeux(^our s'abaisser A chercl^^r honmête ressource , Ilf agne et passe ses trentefans Malgré la beUe prophétie ; • Et le voilà daj^s son pVîntems N'ayant d'autre bien que la vie , Si c'en est uh, quand la folie A <^gr^4 nbs sent imens. ^ Qui le croiroit ? L'expérience iTavoît point afToibli sa astte confiance.

Un jour qu'il promenoit «on déyoranlUlanui , ♦ ll^oit au coin d'une* masure **

' Des diseurs de lionne aventure. • Sa curiosité l'eirfjporté m^gré l\ii ; Il veut eneor savoir qyân<ÉI'îz^exibIe Pârcjue

A décidé qu'il. passeroit la barbue.

Bohémienne s'approche ; i^ présente sa main : • Qu'elle ligne de vi^ on An voii pas là fin , i Lui^fit cet vieille sorcièx^ ^

A l'œil hagard* à la voix de Ifi^gère; Toiîjours pauvre vous i^sterea^ Mais plus de*cent ana vous vivrez \^ Je vousTassui^ en conscience."* Notre homme alors pera patience:

Cette prédiction rappelle ses doideurs; 11 ne voit dev^tlui qu'un siècle de malheurs

Et de misère et de soufiranco; Et dans son galetas ^ ifevenu vers Ip édr^ ' Agité, tour^i^efité^F sa fauase croyandi.

U meurt enfin

sa tau^e cro; de déaSpoIr.

-Gardooa-noiis d'imiter <ft c^ fou l^iifipuSence } C'est un bienfait du ciel dé yoi]«r Favenir:

Plus de maux que de biens on .doit -y découvfir; Sur ce point seulement chérissons'Tignorallice.

^FAïLE CIX, "

.L'AIGLE ÇT SON •Flh^.

UR un gros tas de jo|||8 ^roduii d'tt9 marécage , Far-ci :par4i||| des grenouilles sautoient; jj Quel^uearoptlfts se tratnoifllb^ ^

Près d'elles, si» RÂords de Igur sombse mli^« * Vn^eVLO» aiglo» 599($ilîlt ibndrèSfir èu^« ^

Gaisdez-Tot^^en , lui dit son père ; » •

Du foible ayons pitié, protégeons sa misère. * Nous sonunefi r^is des airs ^Ojfis pa Ajourons les cieux , Nous'àdmirons de près l'aiR'e qui ^ious éclàiR £t nous portAs, le difip qui laecele to!i^#r«% Oui , nos deslHR somt asseJneauz :

Laissons en paix les h^y^itans des eaÛx Et ceux qui rampent sur la terre.

FÂBhE CJt.

h% CBII&N BA.RBET ET SAN PETIT.

H son fil8> encor dans Tenfapce'^ Un fidèle barbet dUcût: Je ne vétix pas Te voir fauter , jouer sans cesse ayéc^^hats $ X«a jeunes9»%ouv«itseperd ^|r imprudeAce^ — Mais ces pefits jpainets sont gais, doui^et^olîs^ Etje suis bien q^rtain qu'il^^oi^^e mes amls>

-r Non > mon cher «^ela^ne pq||liiètre s .Le cb^t éit^ ingrat y uiftraître j •

* ' "^iftu safir9# , en |;randissai^,^ î Qu'on doit «raîndk jtqujpim ej^a^riffe «t sa c^nl* J^our sauver Jes dangf ps de ton erremr estrêQie> Avec cet flnîinal il faut rompre à l'iz^tant ;

Qui ^. lie arec un mécbant, ^

ikt ou tardif sera^-même. *

ToutbonAèfl^ il^es fib deyrgit en 411*9 au^i»

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