‹ Œuvres de Madame la Mise de la FerChapitre 95 sur 177 · FABLE C'XL · texte numérisé non relu

FABLE C'XL

LE FINA2I^mE*BT I^ MEND1AXT«

tJ p<n j^rraf^ie toujipDt un clKen à ton cdt^? ïf ourrji cet ai^al , quelle nécessité F l^nquant gpur toidepam? cj^ une extravagance / Pisolt uii^finaneier à certain mendiant.

Bi jVvois quelque droit dans un%ouve£ne0ient^ * Pe partager ainsi kuriubsistancç

A iovLê les gueux fëfe^is là défense :

On yeiToit assommer leur chien

Sitôt <)u'il oserôit paroître.

^ Grâces atl ciel , monsieur , yoUs n'étesl paâ lemaîft'e t

Mon cher et fidèle gardien A Ja jOalh bienfaisante j, hétas fntf coûte rien i

^Non, de ce pain qu'on me dispense , Persodne enoor pour lui nV grossi Iji pîtanc^. Un jour^ si comme ifioi' tous perdez votre bien , lés revers sontfréauens dans cette triste vie, (Grands seigneurs^ financiers^ chacun le doifsatoir, J Vous 'priseriez d'un chien la douce Compagnie , Car c'esile seid ami qu'un pauvre puitee avoir.

■ BABLE CXIJ.

V t:E LOU^P ET LE*RÈNARÏ).

V loup , deptiis' long-temps éprouvant là miaèfi#>

Devenoit valétudinaire.

Mais»un jour qu'il se trouva mieux.

Qu'il se sentoit asseaf joyeux, Il veut revoir le x^oncle et quitter sa demeure. Sa première visite est cbez un fin renard.

Qui venoif de prendre sur l'heure. Dans une cqpr voisine, ui^gi'as et beau canard»

Le loup le regarde, le flaire , Du compère renard admire le m^îejf.

Bientôt il aperçoit , au coin de son terrier. Tout ce qui peut le ragoûter , lui plaire >

Pigeona n^issans, nouveaux dindons.

£t des poules et des oisonr^

Enfin de quoi faire •

- Grande chère.

Hog^ voisin^ dit le loup, tu dois ayoir |(tti^

De nia languissante yieilitsse.

Oui , j*ai toujours coippté sur ta tendre amitié^ Je chassois comme toi dans ma belle jeunesse ; £t si je rencontroLS quelqu^un dans la détr^se , * De mon butin souvent je donn<fI»l<i moitié»

De ces piaules, mon cheftS^ èfu moips que j'en aie vuie^i

Ce vide sera réparé * . "! •

Get|e nuit au clair de la lune; * j^t moi, pauvre vieillard, je serai f'estanréi

Vous ne raisonnez fien qui vaille, Hépliqua le r^iard: il ne faut à. vos mauK, Et pour seuTs res^giuran . ,que moutons et cbevreauxj;

. Gardez-vou* de toute volaille; ^ C'est un fade-ragoût qui ne vous est f as bon , Ualénitif contraire à fbtre maladie..

Oh ! oh ! reprit le loup , tu le prends sur ce toni Ta dyreté me renAna force et ma furie..

Je vais te dénoncer à ceux de, la maison

Où tu fais ta provision ^ .

Je décèle ta cache, et ta JCrîponnerre j Sur ton chemin un piège serarmîa,

Et lorsque tu t'y seras pris, ^*

Alors je viendrai voir quelle sera ta xUÎne.

Henard eut peur, et fit ce qjie font tant de gens^:

Depuis long-temps : *

Il proposa tnoiiié des ^uits de sa rapine..

I^otre vieux loup trouva Tes mets friands, exqilis;

Les deux scélérats partagèrent, Baisers fraternels se donnèrent,.

• Et se fluittèrent grands amis. .

FABLJ5 eXIIL •

LE^ COJLqUBES ET LES. OISON&

Il ES colombes vivoient daiia uije basse-cour« Les oiseaux de Vénus Habiter tel séjour!

Mais ces belles abandoni^es^

Excepté pou];tajit de pAiBour y Oublièrent Féclat des hautes destinées. ^

Pour autFbi^ans dédain , pour elle^ sans regret^/ Avec les sots dindmis , ei canard» et poulets^

Partageant les grains , Je pota^ ,

Elles faiabieut^ort bon ménage. * Deux oisons les joyaftt t^^ijours se becqueter. èe disoiènt: Et pourquoi ne les pas inftter? «

Ce passe-tQmps semble leur plaifb »

La chose est bien facile à fair^

Et peut aussi nous contenter^ Essayons-en du moins. ]^iirs ^s s'entrec]^qiv^ren(.

Four leur mallteur^ si sottement,

E^ tjte et si lourdemAt,

Que ces criailleurs s'éborgnèrenlr;

Leurs %fos ^ilain^béts se cassèrent , St chacun n*n sauva tout au plus que moitié* * La bêtise , on le voh , causa leur maladresse. Qui ne sent rien »- ne peut imiter ki teûdresse

l)e l'amour ni de Tamitié.

C "8 ) * FABBE*CXIV»

L'kCNBAXJ «t LE ^hu.p. '

jyi.E88iEE loup enletrolt un agneau Et le portoit dans sa tanière^ • .

On croiy>ien que c'étoijlte^lns fort du troupeau-f Se débattant de peur et presqptie de colère , Ji EnfîA se^dégageant de. la dent metLjrtrîèrjB , •

L^agneau ccioit : ^'arrachera nïa*nière !

Contre nous appakez yotce injuste t^urroux ! *

Qu'apans^nous faif pour.v^us déplaire t Vous êtes l'animalle plus cruel d^tous.

Tune coimoiadonc pas' celui qu'on appelle iKsAmes, B.è]f>art l%toup en le flairant l* Il fait la guerre à tout être virant, *^ Et même à ses pareils y il fusille , iLassomme ^ Et bien souvent s^^ la mioindre raisonne titrai par fob unmmiton , Mais point de loup: tuei^ son frère est crime ^fermer Pour celui-là cl^ez nous il n'es t point de j>ardorl.. Ton maître auroit déjà fini t« dèléance^ Car du momie bientôt il te mloit sorRr • ^ Je te mangerai cru, lui faux oit fait nâtir , , Et voifà de ton sorttoiite la différence.

C 1^9, ) FABLp-CXY.

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