‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 23 sur 95 · DOUBLE BALLADE* V · texte numérisé non relu

DOUBLE BALLADE* V

CONTINUANT LE P&tflWEft M)JH)$,

6a5 , Pour ce ayfrtea tant que tous toultiréz, Suyvea assemblée et fastes,»

En la fin jà miculx ft'en vautdrei, Et si n'y romprta que vos testes * Follçs amour» font les. gens besfes< :

63o Salmon, en IdoJatrya ;

Samson en perdit ses lunettes; Bien heureux est qui rien n'y a.

Orpbeiis, fe cïoux iûénesàrïeïv Jouant de flustes et musettes, ■

635 En fdt en <fengiet du rnettftrfeïV Le chien Cerberus à troys testes,;

* Triple balkde. NUL Bas Gd, et fer*

(6*5) Pour cé 9 etc. Aimez, donc tant, etc.

(637) En la fin. Et après cela vous n'en voudrez pas davantage

( k 6a8) Et sy. Et tous n'y perdrez que la» raison*

(65i) Ses lunettes* Ses yeux.

(63a) Qui rien n'y a. Celui qui est entièrement libre d'amour.

(633) JL« doatx mene&trier , etc. Musicien habile. G 'est la premier* fois que j'entends parler de la flûte et de la musette d'Orphée. L* mythologie comme l'histoire sont assez maltraitées dans les poésie de Villon. *

(632») En danger* Signifie au pouvoir, à la disposition.

Et Narcissus le bel honnestcs,; Ea ung profond puys se noya Pour l'amour de ses amourettes ; <>4o Bien heureux est qui rien n'y a.

ni,

Sardana le preux Chevalier, Qui conquist le règne de Grêles, En voult devenir moulier Et filer entre pucelletes ; 645 David ly Roy, sfaige Prophètes* Craincte de Dieij en Qtiblyà, Voyant laver cuisses bien faiefes :

Bien heureux est qui rieur n'y a/

iv;

Ammon es! voubt deshotmorer j

(637) Bel honnbitei. fteâù do figure et dé bonne naissance. L*hia~ toirede Narcisse est connue. • *

(63g) Pour t amour, etc. Etant amoureux de «1 propre ^ecsonf».

(64 1) Sardana* M. lé Ùuchat pense o]ue c'ast Sardanapale, a qui Vittorr attribue faassemênt fa conquête du royaume de Crète. C'est aussi Parts de Ménagé (Kot.ifw. sur une éd. de tfaliot-Duprè.) J 'aimerais autant croire qu'il à voulu parler du fameux Sàladin dont il défigure le nom, et à qui il attribue ta conquête de Érète et la mollesse efféminée de Sardanapale.

(64a) Le règne. Le royaume.

(643) En voult. Epris d'amour pour les' femmes , il voulût s'assimiler à elles. J'ai mis en au lien de et , qui est .une faute. \

(645yBarid dévhft aitioùreux de la femme d'tlrie , en la voyant pttttûtt dû bai*.

(S4g0 Attonou, fils de fravid, cjms d'amour pour aa sœur Thamar, feignit cr*êtré malade , et demanda à son père que sa, sœur vint lui, préparer «Ile-même de petites pâtisseries : ce qui lui fut accordé, lorsqu'il se trouva seul'avc'c efte,ïl ta deshonora.

65o Feignant de manger tartelettes, Sa sœur Thamar, et déflorer :

Qui fut incestes deshonnestes ; Herodes , pas ne sont sorn ett es, Sainct Jehan Baptiste en décolla ;

655 Pour dances , saultzet chansonnettes; l^en heureux est qui rien n'y a.

De moy pauvre je veuil parler , J'en fuz batu comme à ru telles ; Tout nud, jà ne le quiers celer, 660 Qui me feit mascher ces groiselles , Fors Katherine de Yauselles f Noë le tiers est qui fut là.

Mitaines à ces nopees telles :

Bien heureux est qui rien n'y a.

665 Mais que ce jeune Bachelier

Mh

(653) Hérodes fit décoller saint Jean-Baptiste sur la demande d'flérodiade , dont la danse lqi avoit pi a.

(658) J'en fuz , etc. A cause de mes amours je fus battu comme la toile au ruisseau.

(659) Jà ne. Je ne cherche plus à le cacher.

(660) Qui, etc. A qui ai-je dû ce mauvais traitement*

(661) Fors. Si, ce n'est à,

(662) Noé te tiers est. Noë, qui étoit là troisième, en fut témoin. (665) Mitaines, etc. Retirons-nous de ces noces-là. Quand uq£ nocs-

bourgeoise se séparait , les conviés mettoient leurs mitaines etie frappoient en disant « des noces tous sonviengne. » ( Le Duchat t «ote prise de Rabelais.) (665) Ce jeune baehetier. Ce jeune homme*

( * 5 3 ) Laissast ces jeunes Bacbelettes ; Non , et le deust on vif brasier Gomme ung chevaucheur déscovettes.

Plus doulces luy sont que civettes ; 670 Mais toutesfoys/ol s y fia ;

Soient blanches , soient bruneltcs , Bien heureux est qui rien n'y a.

Si celle que jadis servoye

De si bon cueur et loyaument , 675 Dont tant de maulx et griefz j'avoye ,

Et souffroye tant de tonnent ,

Se dit m'eust au commencement

Sa voulcnté , mais nenny , las !

J'eusse mys peine , seurement , 680 De moy retraire de ses las.

(666) Laissait. Cessa de fréquenter ces jeunes filles.

(667) Non, 11 n'en fera rien ; dût-on , etc.

(668) Comme. Le peuple croyoit que les sorciers se reodoient an sabbat sur un manche à balai.

(669) Plus doutées, etc. Elles sont pour lui plus agréables que les parfums les plus délicats.

(670) Mais, etc. Cependant bien fou est .celui qui, etc.

(675) Vers que Marot dit avoir refait, et qu'on trouve dans le Mss. Ç. et les «ne. êdU.. (6y5)Dont.tant, etc. Et qui me faisoit endurer.

(678) Mais m'enny las ! Mais elle ne me le disoit pas.

(679) J'eusse y etc. Je me serois occupé certainement à me tirer de ses filets.

x ÈWt.Lfl.

Quoy qae je luy vcnMssé dire Elle <*rte*t preste d'cîscîcftfter , Sans tft'âcddrdéi 1 riè' éotitrédire.

Qui plus est , souffroit til'àcotiiet! , 685 Joignant ôlle , près ^accodtef ; Et ainsi ifi'àlfoit atnùsànt, Et me souffroit tout racompter , Mais ce n'est oit qu'en m f abusant. *

WUIT. LVÏI.

Abuse m'a , et faict entendre , 690 Tousjpurs d'ung que ce fusf utagûikUarc ;

De farine, que ce fust cendre +

D'ung mortier y ung chapdau de fèaufre ;

De viel foa<ihefer » que fust peaèhre ;

Dambesas , que ee fussent ternes.

695 Tousjours trorripeur àuitroy engeatiltre ,

Et rend vessies pour interne».

dMaMitjMami

(684) Q ut plus, etc. Bien plus elle me permettait de m 'asseoir à roïé d'elle , âû posée de son côté à s'asseoir auprès de moi.

(687) Et m* souffroit. Elle me permettait de tout dire.

JJ686) Jfatsy été. Mais 1 ce n'était «rué pour* mîcuï'me trompe^ ?

(689) Abusé m'a. Elle m'a trompé.

(69a) Mortto*. ftonnet , cfarpbftti ec drap.

(6^3) PêaéiUtû. Etaio fin. C'était au*** o rie espèce de farti (Le Bschat, Note). M.Lorrière avoit cru que peaultre étoft là poOr ptolHn ou poutre, jeune jument. Ce qui, avec Mâchefer, ne présente a*cun sens.

(Q95)Bng*aulk*. Trompe , séduit far se* discours.

(696) Et rend. Et fait passer des vessies pour des lanternes'.

HUIT. I/fïIh

Du ciel , une fjottte d'&ftifr ; Des nues t une peau de veau ; Du matin , qu'estoit le serain ; )oo D'un trdngoon de chou, ung ha veau :

D'orbe cervoise , vin nouveau ; D'une tour , ung molin à vçnt :

Et d'une hait, ung escfceveau ; D'un gras Âbbe , ung poursuyvant.

BfUIT. ux.

)o5 Ainsi ra'opt amours? abusé i Et pourmené de l'uys au pesle.

Je crby qu'homme n'est si rusé , Fust fax comme argent dé << tëpeUe , Qui n'y laissas* litige èt> d**pelte j

710 Mais qu'il fust aitfsi m&#]ê

(697) Une poitle. Une tenture » un poiile.

(698) Des nues. Que les nuages étoient des outres pleines d'eau.

(699) Dto Thatln. Que* lé matin étbit ïe soir. . .^ , , (701) Orde cervoise. Mauvaise, dégoûtante cervoise.

(7o3) Et (fitnt'hàft. Qu'une corde étoit un écheveau de fil.

(jt4)> P&#9ttiv*Ht esi ici' un coareùr de b&ié'ficég, uièiïér « qui n'engraisse pas. » (Not. de Formey.) ^-'flt . FôrmeJ est dans Terreur, le poÉFSwwant'étoit im'bèmmedfariww* un assaut AfecBevateïié. C'est en quoi consiste l'opposition dans ce vers. \ ' ■'

(to6>X># l'uys au pesiez Se bn porte- a» pdile; et dtt poitë à fa parié, *»ans souffrir que je me gâk j ni que j* me nfortiauflfe. ■>

( iVof. de Le Buchat.)

(708) Fust /in. Fut-il aussi fin qu'argent de coupelle, argent épuré.

(7 9) (?"' "'?• Q*'^ ne laia8âl dao * ies amoarftsooUagêCtlc d«raier de ses habits.

(710) Mais qu'il. Pourvu qu'il lût travaillé comme, etc.

Gomme moy , qui par tout m'appelle I/amant remys et renyé.

Je renye Amours et despite ,

Je deffie à feu et à sang.

7 15 Mort par elles me précipite ,

Et ne leur en chault pas d'ung blanc.

Ma vielle ay mys soubz le banc ;

Amans je ne suyvray jamais ;

Se jadis je fuz de leur ranc , 720 Je déclaire que n'en suys mais.

Car j'ay mys le plumail au vent , Or le suyve qui a attente j De ce me tays dorénavant ;

(71a) Remys et renyé. Congédié et délaissé.

(713) Je renye, etc. Je renonce à l'amour, je le provoque et je ▼eux le combattre a outrance.

(715) Mort par, 11 est cause que la mort abrège mes jours..

(716) Et ne leur , etc. Et il ne s'en inquiète pas. Le blanc étoit une monnoie de peu de valeur.

(717) Ma vielle. J'ai déposé ma vielle sous le banc , parce que je ne veux plus en jouer.

(718) Ne suyvray. Je ne veux plus être de la confrérie des amant. (720) N'en suys mais* Je n'en suis plus. .

(791) Car j'ay. J'ai dépouillé l'uniforme , jeté le panache amoureux.

(7a») Qui a attente. Qui en attend quelque satisfaction. (7a3) De ce* Désormais je ne parlerai plus de ces choses là.

( i5 7 ) Car poursuyvre vueil mon entente, 725 Et s'aucun m'interrogue-ou tente Comment d'amours j'ose mesdire 9 Ceste parolle les contente , Qui meurt , à ses loix de tout dire.

Je cognoys approcher ma soef , 780 Je crache, blanc comme cotton,

Jacobins aussi gros qu'ung œf.

Qu'est ce à dire ? quoy ? Jehanneton

Plus ne me tiens pour valeton ;

Mais pour ung vieil usé roquait.

735 De vieil, porte voix et le ton f

Et ne suys q'ung jeune coquart

Dieu mercy et Jaques Thibault ,

(714) Car, etc. Car je veux poursuivre mon dessein. J'ai corrigé attente, qui est évidemment une faute du copiste.

(;a5) Et s' aucun, etc. Et si quelqu'un désire savoir.

(728) Qui meurt» Celui qui va mourir a le droit de tont dire.

(739) Je eogncys. Je sens que le moment où j'aurai besoin de boire arrive.

(731) Jacobins. Flocons de glaire.

(733) Ptu$ ne, etc. Ne me considère pins comme un jeune homme vigonrenx.

(734) Mais, etc. Mais comme nn vieillard nsé.

(735) De viet. Et de fait j'ai la voix et le ton faible d'un vieillard.

(756) Et ne suys. Et cependant je ne snis qu'un jeune galant.

(757) m Jacques Thibault. » (V* Afem., i w part., n 9 î4«)

Qui tant d eau frojde m'a faict tioyre :

En ung bas Ucu, non pas en hault , 740 Manger d'angoisse mainte poire »

Enferré : qu'en j'en ay mémoire , Je pry pour iuy, . . et reliqua :

Que Dieu luy doint . . et voire , voire , Ce que je pense... et cetera.

huit. Lxiv.

745 Toutesfoys je n'y pense mal , Pour luy et pour son lieutepant ; Aussi pour sop officiai , Qui est plaisant et advenant, Que faire n'ay du remçiftnt ;

75o Mais du petit rpaistre Robert?

Je les ayme tout d'ung tenant ; Ainsi que faict Dieu le Lombart.

' (7^9) & n un 8 ba$ tien. Dans une basse fosse. Les cachots où l'on mettoit le» grandi crimjnel* étaient creusés en lenw comme Ici caves.

(741) Enferré, i 2harg£ de fers?

(743) Fpirpt voire, Ouj > oui 1 c'est le rqpu de mon cœur.

(748) Qui eH plaisant. Qui est ai aimable et 4 gracieux.

(749) Que faire, etc. Qu'il est iontile de dire ses antres qualité*. Ironie.

(750) Mais, etp. Vais du petit maître Robert, qu'en, penaes-voui f

(751) Tout d'ung tenant. Je les aime tous, sans exception, aoui tendrement que Dieu aime les usuriers- — Plusieurs banquiers juif* d'prigine, lombards de nation, Tinrent s'établir à Paris, daos I» rue qui porte leur nom. Gomme ils prêtaient a gros intérêts , le peuple donna le nom de lombards, aux usuriers et prêteurs surgaget. ( Y. Brice, Descr. de Paria, 1. 1, p.5i5,)

HUIT. hXV.

Si me souvient bien, Dieu mercys, Que je feis, à mon partemeqt,

755 Certains lay s, Tan cinquante six,

Qu'aucuns, sans ipoq consentement f Voulurent nommer testament ; Leur plaisir fut, et non le myen :

Mais quoy? on dît communément,

760 Qu'un chascun n'est maistre du sien.

huit. lxvi.

Ets'ainsi estoit, qu'on n'eustpas Receu les iaysque je commande, J'ordonne que , après mon trespas, A mes hoirs on face demande; 765 Et qui sontiiz ? si le demande :

Moreau, Provins, Robin, Turgis

(754) A mon portement. À mon départ <Je Paris,

(755 ) Certains lay s. Quelques legs. ( V, P. T, x h, 1 ft fj.)

(759) Mai* quoy* Mais qu'y a-t-il de surprenant.

(76a) Lee lay s, etc.' Les legs que je fais..

(764) A met hoirs. Qu'en les réclame de mes héritiers,

(765) Si le demande. Puisque tous désjrez les, connoît&, — J'ai ajouté et à ce vers* tiré du Mss. C( Y. Leç. <JW f )

(766) Moreau, Provint, etc. Je vpus 0iraj que Ifpreau, etc., par disposition testamentaire , que je leur pQmwuojsjue, quttfu jusqu'au 4it où je couche. Il couchoit par ferre. .

MM. Le Ducjiat et Jft>rn*ey on* pris ces quatre légataires pour des caburetiers. C'est inadvertance M leur part. (¥. fa. 68 et 98.)

( >&> ) De moy, dictez que je leur mande, Ont eu jusqu'au lict ou je gys.

Pour le révoquer ne le dy , 770 Et y courust toute ma terre,

De pitié ne suys refroidy,

Envers le bastard de la Barre ;

Parmy ses troys gluyons de farre,

Je luy donne mes vieilles nattes, 775 Bonnes seront pour tenir serre,

Et soy soustenir sur ses pattes.

Somme, plus ne tfiray q'ung mot ; Car commencer vueil à tester.

Devant mon clerc Fremin, qùim'ot, 780 S'il ne dort, j.e vueil protester, Que n'entends homme détester, En ceste présente ordonnance ;

(769) Pour, etc. Ce n'eit pas .pour révoquer les legt que Je loi ti déjà faits que je nomme ici le bastard de la Barre.

(773) Parmy» Avec les trois poignées de paille qu'il a déjà reçue*» Je lui donne, etc. — Autrefois on fesoit des pantoufles en paille trci- •ée t on les appeloit nattes.

(775) Tenir serre. A couvrir ses ongles, ête pieds.

(776) Et soy. Et l'aider à se tenir debout.

(777) Somme. Bref je ne dirai plus.

(779) Qui m'ot. Qui m'entend.

(780) Je vueil protester. Je veux déclarer.

(781) Que n'entends. Que mon dessein est de ne, etc. (78a) En. Dans le présent testament.

( i6t ) Et ne la vueil manifester, Si non au Royauhne de France.

HUjî. L3UX.

785 Je sea» mon cueur qui s'affoiUist Et plu* je ne pùys papier ; Fremin, siez toy près démon lict; Que l'on ne me vieghe espier.

Prens tost encre, plume et papier ;

790 Ce que nomme, escryz vistement, Puys fais Iç par tout copier, Et vecy le commancément.

lriBttMeatatÉMÉÉ ^ iatÉalÉl ^ ll ^^^ aMMBMMl IGY COMMANCE

yniAHH A TESTER.

Au nom de Dieu père éternel, Et du Rhqùe tierge parit,

(783) Et ne* Et je veus qu'il »e toit ctttà* <$«?, etc.

ty8t) Papier. Parler;

(788) Que Pon. Empêche qu'on ne Tienne écouter.

&8$) FPèns tort. Hâte-toi die panùh.

(790) Ce que. Écrii promptenientee c/ué' je tficle;

(794) <?«• ^é* J*rt*. Q*ê 1* Tferçe M^tie enfimfa.

( i6* ) 795 Dieu au père coéternel,

Ensemble et du sainct Espérit,

Quisaulva ce qu'Adam périt;

Et du péry parc les Cieulx.

Qui bien ce croyt], peu ne mérit ; 800 Gens mortz furent faietz petiz Dieux.

Mortz estaient, et corps et âmes En damnée perdition ; Corps pourris, et âmes en flammes De quelconque condition ; 8o5 Toutesfoys fais exception Des patriarches et prophètes ; Car, selon ma conception, Oncques n'eurent grand chault aux fesses.

(797) Périt. Perdit.

(798) Et du péry. Et des hommes damnés par le péché d'Adam, orne , décore les cieux.

(799) Qui bien. Gelai qui croit fermement ces choses, mérite beaucoup.

(600) Gens morte. Oui , des hommes qui étoient mort», furent, par Jésus-Christ, placés au nombre des saints;

(Soi) Estaient. De trois syllabes.

(80a) En damnée. Et ils étoient damnés.

(8of)De quelconque. Quel que fût leur rang.

(8o5) Toutes fois. Je dois cependant faire une exception en faveur des, etc.

(807) Car, selon, etc. Car, selon ma manière de voir, ils ne fofeot j a mais brûlés par le feu de l'enfer.

Dans ces vers et dans les suiTana, Villon se moque* de. ces théok)-

Qui me diroit, qui te faict mectre ' 810 Si très-avant ceste paroi le,

Qui n'es en Théologie maistre ; A toy v est présumption folle :

C'est de Jésus la parabolle, ïouchan tdu riche ensevely 81 5 En feu, non pas en couche molle, Et du Ladre de dessus ly.

Si du Ladre eust veu le dôy ardre Jà n'en eust requis réfrigère, IN'aubout d'icelluy doiz aherdre 820 Pour refreschir sa maschouëre.

giens ignorant, qui croyaient , qu'avait la mort de Jésus-Christ , tous les hommes, sans exception ,- étoient condamnés au feu de l'enfer ; et que c'est de là qu'il délivra les âm*i»s des justes avant sa résurrection. (809) Qui. Si quelqu'unjme disoit quel est le motif qui te porte à avancer cette opinion , toi qui n'est pas docteur en théologie.

(81 2) A toy. De ta part , c'est folle présomption.

(81 3) C'est, etc. Je répondrois : c'est la parabole da riche et du Lazare , racontée par Jésus-Christ Lui-mêoie.

(816) De dessus (y. Qui, étoit au-dessus et non pas au-dessous, comme portent l'édition Marot et les autres. Le ciel est toujours figuré en haut dans l'écriture , et l'enfer en bas.

(817) Se du. Si le mauvais riche avoit vu brûler le doigt du Lazare. — Ce que dit ici Villon est très-sensé.

(818) Jân'en. Il ne se seroit pas adressé à lui pour être soulagé.

(819) N'aubout. 11 n'auroit pas demandé qu'il apportât au bout de son doigt une goutte d'eau.

(8*o) Pour. Pour lui rafraîchir la bouche.

Fions y feront mate chère Qui boyvent pourpoinct et chemise , Puys que boyture y est si chère.

Dieu nous garde de la main mise.

$2? Ou nom de Dieu, comme j'ay dit, Et de sa glorieuse mère, Sans péché soit parfaict ce dict Par moy , plus maigre que chimère, Si je n'ay eu fièvre effimère

83o Ce m'a faict divine clémence ; Mais d'autre dueil, et perte amère, Je m'en tays et ainsi commence :

Premier donne de ma pauvre ame La glorieuse Trinité ;

(8a PyonM. Buveurs feront là bien pauvre gaine. (Sa a) Qui. Eux qui vendent pour boire.

(8a3) Puysgue. Puisque b boisson y est si chère. (Sai) Dieu. Dieu nous garde d'y être pris.

* Cy commence le testament. (Gd, niv. et Be\)

(827) Soit parfaict. Soit commencé et terminé ce testament. (839) Se je n'ay eu, etc.. Si je n'ai jamais été malade, je doii celi * la bonté de Dieu.

(83 1) Mais, etc. Pour ce qui est des autres misères* (83a) Je. Je n'en dis mot. J'ai eu ma bonne part. (833) Premier. Premièrement je gratifie de mon âme.

835 Et la commande à Nostre Dame.

Chambre de la divinité ;

Priant toute la charité,

Des dignes neuf ordres des cieulx,

Que par eulx soit ce don porté, 840 Devant le trosne précieux.

huit. LXXVl.

Item mon corps j'ordonne et laisse A notre grand 1 mère la terre, Les vers n'y trouveront grand 9 gresse,.

Trop lu y a faict fain dure guerre, 845 Or luy soit délivré grand erre :

De terre vint, en terre tourne* Toute chose, se par trop n'erre, Voulontiers en son lieu retourne..

huit. LXXV1I.

Item et à mon plusque père 85o Maistre Guillaume de Villon r

(855) Et la. Et je la recommande à Marie.

(856) Chambre. Qui a porté dans son sein la Divinité.

(857) Priant. Priant toute la hiérarchie angélique. (859) Que par. Que mou âme soit présentée par eux. (845) Or luy y etc. Qu'on lui laisse le chemin libre. (847) Toute. Chaque chose , si je ne me trompe*

(849) i/em. Item et à celui qui a plus fait pour moi que mon propre père. M. le Duchat a eu tort de penser qu'il s'agisaott ici du père de Villon.

Qui m'a esté plus doulx que mère :

D'enfant eslevé de maillon.

Qui ma mys hors de maint boillon, Et de cestuy pas ne sésjoye ; 855 Si luy requiers à genoillon , Qu'il m'en laisse toute la joye.

HUIT. LXXVJII.

Je luy donne ma librairie, Et le Rommant du Pet au Diable ; Le quel maistre Guy Tablerie 860 Grossoya, qu'est hom véritable, Par cayers est soubz une table. .

(85 1) Qui. Qui a été pour moi plus soigneux que ne l'est pour son enfant la mère qui le nourrit.

(853) Qui m'a. Qui m'a tiré de plusieurs affaires dangereuses. Le bout Ion ou bouillon est l'endroit de la rivière où l'eau forme un tournant.

(854) Et do. Et qui est affligé de mon exil.

(855) Si luy. Je le prié à deux genoux.

(857) Ma librairie. Ma bibliothèque.

(858) Je n'ai pu savoir ce que c'étoit que ce roman. (V. Mèm., 1" p.) Mais il est certain qu'il n'a pas été composé par Villon, comme l'ont cru M. le Duchat et autres.

Il existait sur les remparts de Paris , faits sous Philippe-Auguste, une tour qui étoit appelée « la tour du Pet-au-Diable. » Elle étoit près du cloître. Saint-Jean. Le « romau du Pet-au-Diable » pourrait fort bien n'être autre chose que l'histoire de cette tour à laquelle le penple assignent, sans doute, une origine qui avoit quelques rapports avec son nom.

(860) Grossoya. Composa.— Hom véritable. Ecrivain véridiquef.

Combien qu'il soit rudement faict, La matière est si très notable Qu elle amende tout le meffaict

865 Item , donne à ma bonne mère Pour saluer nostre maistreése, Qui pour moy eut douleur amère , Dieu le sçait , et mainte tristesse ; Autre chastel , ou forteresse

870 Nay ou retraire corps et ame ,

Quand sur moy court maie destresse :

Ne ma mère la poure femme. *

(86a) Rudement faict. Pesamment écrit.

(863) La matière. Le sujefest si intéressant qu'on passe sur ses

vices de forme.

(865) Jlem donne» Je donne la ballade suivante à , etc. - (866) Pour saluer. Pour honorer Marie , notre souveraine , que j'ai souvent attristée.

(869) Autre chastel. Je n'ai pas d'autre refuge que Marie , dans les

dangers les plus pressans.

( »68 ) BALLADE Vï.

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