‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 26 sur 95 · I|. BEAULTÉ D'AMOURS · texte numérisé non relu

I|. BEAULTÉ D'AMOURS

g5o Mieulx m'eust valu avoir esté chercher

* Pans, ta* 49. */. C* 1" huit, estjprécédé. du titre» Filiçn; <?om*»r le second ('est. du titre , BeanUè (Coma un,

(943) Rude ta, etc. Sérère dans ta conduite envexsmou

(^44) 4mour <fcr*. Fluj dure dw les amours 91e l* fer ^erFçst à nfacher. *

{$^5) Nommer, Toi que. je pais déwgair comme ftnteqr ctftlain de ma mort. .

(94Q Cherme, Charmes trompeurs.

(947) Org*!*i,lmwsé< T«i., quipaa; un* yapfté àUssjmuJ«e,,ete.

(948) JVa V6g# , etç, |ja loi qui te germe* d'être *ftoi*ji;ustvne t'ordonne-Jt-eUe paa. de soulager ua. malheureux «m***. WPA q«* son éta* «oit déseagéré.

* Ce titre annonce que c'est la bonne anm de Villon qui pari*

( «74 ) Ailleurs secours , ceust esté mon honneur , Rien ne m'eust sceu de ce lors harier :

Certes n'en fusse fuyte à deshonneur.

Haro f haro 9 le grand , et le mineur, g55 Et qu'est cecy ? mourray sans coup ferir ? Ou pitié veult , selon ceste teneur , Sans empirer , ung poyre secourir ?

m. • Ung temps viendra , qui fera desscicher, Jaulnir, flestrir, vostre espanie fleur f 960 Je m'en risse , se tant peusse mâcher , Mais nenny : lors ce seroit donc foleur :

•(951) Ceust esté. C'eût été plus honorable pour moi de chercher «meurs quelqu'un qui répondit à mea feux.

(o5a) Rien ne m'eust. Personne alors n'auroît blâmé mes amours.

(953) Certes, Je n'aurois pas été forcée de quitter mon amant avec déshonneur.

^(954) Haro. À mon secours, grands et petits. M. le Duchat explique ainsi ce Yers : « Aux armes , aux armes le ban et l'arriére-ban , de ■ l'allemand heer 9 ost , armée ; haro le grand, l'ost du prince ; haro lt • mineur, la harelle ou le peuple en armes. » Cette interprétation me parolt trop savante.

(955) Et qu'est. Hé quoi donc! faudra-t-il mourir sans lutter amoureusement?

(986) Oa pitié, etc. Ou la pitié me commanderoit-elle, ainsi que ta l'as dit, de soulager un malheureux amant , etc.

• La parole revient a Villon. rl

(959) Espanie fleur. Votre beauté aujourd'hui dans tout son éclat.

(960) Je m'en , etc. Je m'en réjouiroîs si en ce témps-là j'avois le même goût- pour les plaisirs de Pamour et la même vigueur.

(6*61) Mais nenny. Mais il n'en sera pas ainsi. Il y auroit donc de la folie à désirer ce temps.

( »7» ) Vieil je seray , vous laide, et sans couleur, Or beuvez fort, tant. que tu peult courir, Ne reffusez , chassant cette douleur , 965 Sans empirer ung povre secourir.

ENVOI

Princeamoureux, des amans le greigneur, Vostre malgré ne vouldroye encourir, Mais tout franc cueur doit, par nostre

Seigneur, Sans empirer , ung povre secourir.

nvit. txxxiv.

970 Item à maistre Ythier marchant, Auquel , mon branc laissay jadis Donne , mais qu'il le mette en chant , Ce lay t contenant des vers dix ; • . Avecques ung Deprofundis

975 Pour ses apcLennes amours \

(963) Vieil je seray. Car je serai vieux lorsque tous serez laide.

(963) Or beuvez, etc. Bavez donc largement tandis qne le ruisseau coule encore.

(964) Ne reffusez. Ne refusez pas, en attisant mes feux de» etc. (966) Le' greigneur. Le plus parfait, c'est.ia bonne amie qui parle. (970) Yihier. (V. Peu T. h. u.)

(97a) Mais qu'il. À condition qu'elle , etc.

(973) Ce lay. On donnoit le nom de lay aux poésies de sentiment.

Desquelles le nom je ne difr; Car il me herroitàtoasjo<*fs.

LA Y OU PLUaïOOT BONDEÀU,

Mort ,. j'appelle de ta rigueur, Qui m'as ma maistresse ravie , 980 Et n'es pas encore assouvie , Se tu ne me tiens en langueur.

Depuis n'eu forée, ne vigueur;

Mais que te nuytfotl elle en vie?

Mort.

B&ux estions, et n'avions q'ùffg tueur, 985 S'il est mort, forée- est que dévié; Voire , ou qtie je vive sans vie , Comme les tarages par- cueur.

MorL

,'inim .i ' hju uu i j * im » f É>— * mu * ■» ■ »■■ n» ' 1 »*

(976} Desquelles. Lesquelles amours je do fais pat conçoUre» (977) Remit. Il me détesteroit pour toujours^ ($&*jDtpun. Depuis qu'elle est morte.

(g8S) tore* est. H* faut que je cesse de Tfrre.

(987) Par cueur.YiYrt par cœyr* c'est vivre s*ns ycejidm?dt<B* flr ' rifturc.

Item à maistre Jehan Cornu , Autres nouveaux lays je veulx faire ,

990 Car il m'a toujours subvenu , A mon grand besoing et affaire :

Pource, le jardin luy transfère Que maistre Pierre Bourguignon ' Me renta » en faisant refaire

995 L'buys et redrecier le pignon.

HUIT. IXXXVI.

Par faulte d'ung huys j'y perdis Un g grez , et ung manche de hoiie.

Alors huyt faulcons , non pas dix , N'y eussent pas prins une alloue.

1009 L'hostel est seur , mais qu'on le cloue. Pour enseigne y mis ung havet ;

(9S8) Cornu. (V. P. T. A. 11.) — Vers que Afârot dit avoir refait. Il est dans le Mssc. et les anc. èdit.

(900) Subvenu. Venu à mon aidé, à mon secours. {994} Me renta. Me céda moyennant une rerite. — En faisant. Je le lui transfère à condition qu'il fera, etc.

(996) Par faulte, A défaut de porte.

(997) U" & 8™*» ^ ne pierre à aiguiser.

[$cfi) Alors , etc. Alors je ne dis pas dix faucons; mais huit n'y eussent pas pris une alouette.

(1000) Vhostel. Le bâtiment qui fait partie de ce jardin est un lieu sûr, pourvu toutefois qu'on en cloue les portes.

(1001) Ung havet.XJ n croc.'

Qui que Tait prins , point ne l'en lotie :

Sanglante nuict , et bas chevet.

huit, lxxxvii. • Item et pource que la femme ioo5 De maistre Pierre Sainct Amant,

Combien si coulpe y a , ou blasmc * Dieu luy pardonne doulcement, Me meist enreng de caymant Pour le cheval blanc qui ne bouge , ioio Je luy délaisse une jument ,

Et pour la mulle, ung asne rouge..

Item donne à Sire Djnys Hesselin , Esleu de Pari* Quatorze muys de vin u Aulnis

■ m ■ ■■ . ■ i i — — — — — fc^— a

(100a) Qui que. Qui que ce soit qui Tait prît, je lui* déclare que je ne l'en félicite pas.

(ioo3) Sanglante. A celui-là je souhaite d'être rompu et couché tur

la roue.

* Ce huitain manque dans gd. niv. ver, bo, et an.

(ioo5) Saint-Amant. (V. P. T. h. 12.)

(1006) Combien, etc. Quoique je désire que Dieu lui pardonne, si eu cela l'a offensé.

(1008) Me mei$t. Me traita, comme un mendiant , un vagabond.

(1009) Pour. Au lieu du , etc. (V. P. T. h. 12.)

(ioi3) Etleu. Elu sur le fait des aides à Paris^ panne lier du foi (V. Chr. Scand.) qui lui donne encore le titre de« conseiller, maistre » d'ostel du roy. »

Le roi fut parrain d'une fille qu'il eut en 1466. (16.) (ioi4) D'Aulnis. De l'Aunis, qui étoit une partie de le Saintonge.

(«79) loi 5 Prias chez Turgis, à mes péril*.

S'il en beuvoit , tant que péri* En fust son sens , et sa raison , Qu'on mette de 1 eau es barrilz ; Vin perd mainte bonne maison.

ïoao item donne à mon advocat , Maistre Guillaume Charruau , Quoy qu'il marchande , ou ait estât , Mon branc ; je me tays du fourreau.

Il aura avec ce ung Réau

1025 En change , affin que sa bourse enfle, Prins sur la chaussée et carreau De la grand closture du Temple.

(io 1 5) Turgis. (V. h, 66 et 93.) A met pèrilz Sur mon compte.

(1016) S'il en beuvoit, etc. S'il en buvoit jusqu'à perdre la raison.

(1018) Qu'en mette 9 etc. J'ordonne en ce cas qne l'on mette de l'eau dan» les tonneaux , afin qu'il ne le boive pas pur.

(10a») Quoique. Quoiqu'il toit marchand de profession.

(ioa3) Je me tuys. Je ne lui donne pas le fourreau.

(ioa4)// aura f etc. S'il veut l'échajager pour de l'argent, les changeurs lui donneront un réau. Le réau ou royal étoit une monnoie du temps.

(1026) Prim i etc. A prendre ; à lever sur» etc.

Les rois de France , depuis Philippe-le-Bel , donnoient des pensions sur les produits de la clôture du Temple. Villon dit qu'en échange de son bran , on donnera un réau à prendre sur le produit du chemin qui conduit à la clôture- du Temple. M. le Duchat n'a rien compris à ces deux vers ; voici sa note : « Le point étoit qne,

• supposé que quelqu'un 7 eût laissé tomber un réau d'or, un antre

• ne l'eût pas déjà amassé. •

Item mon Procureur Fournier, Aura pour toutes ses corvées, i o3o Simple seroit de lespargner , En ma bourse quatre havées , Car maintes causes m'a saulvees, Justes ainsi > Jésus- Christ m'ayde , Comme elles ont été trouvées ; io35 Mais bon droit à bon mestier dayde.

huit, xci. * Item je donne à maistre Jaques Raguier , le grant godet de grève > Pourveu qu'il payra quatre plaques ; Deust il vendre , quoy qu'il luy griefve , io4o Ce dont on ceuvre mol et grève :

(io3o) Simple. Il y auvoit de la simplicité à économiser mes lundis. Réflexion do poète.

(io3i) Quatre havéee. Quatre peigoée». MM. Lanrière et le Duckat disent que la havée étoit un droit sur le» blé» et les fruits. Lear note n'explique rien. Havèe ici signifie quantité renfermé» dans la main ; en termes commune, poigftfê.

(io35) Bon me$ t ier. Bo» besofo.

(io3j) Godet. Vase à mesurer le vin. De grève. En grez.

(io38) Plaque. Mon noie fabriquée sous Charles. VII, * l'imitation

des Pays-Bas. Elle étoit communément d'argent fin. Mais H. le

Blanc (Tr. des monn.),êit en avoir trouvé quelqnes*unefl en bUloo>

.qui pou voient valoir au-dessous de 5 deniers de loi; celles de Flandies

.avoient cours pour i5 déniera.

(io3g) Quoy qu'il* Quoiqu'il puisse en-, souffrir enauite*

(,io4q) Ce. dont, Vtabit qui courre mol le mollet , et grève et le devant de la jambe.

( i8« ) Aller , nues jambes , en chappin , Tous les matins quant il se liève , Au trou de la pomme de pin.

huit, xcn.

Item quant est de Mairebeuf , .

io45 Et de Nicolas de Louviers , % Vache ne leur donne ne beuf , Car vachers ne sont, ne bouviers , Mais gens à porter espreviers ; Ne cuidez pas que je vous jolie , io5o Et pour prendre perdriz, pluviers Sans faillir , chés la Maschecroiïc.

Item vienne Robert Turgis A moy , je luy payray son vin.

Mais quoy ? s'il trouve mon logis

(io<ii) Aller, Et aller ainsi, jambes nues et les pieds chaussés de mauvais souliers,

(io43) Au trou. Au cabaret qui a pour enseigne la pomme du pin.

(io44) (V. P. et Test. h. 54.)

(io4&) Mais gens. Une des prérogatives de la noblesse, étoit le droit d'aller chasser avec l'épervier sur le point.

(1049) ^ cuidez. N'allez pas croire que je plaisante.

(io5o) Et pour. Ils sont bons poar prendre.

(io5 1) Sans. Sans manquer leur coup. — Mâchecroue on mâche-crue, étoit vraisemblablement le nom d'une rôtisseuse : peut-être d'une femme qui donnoit à manger.

(io5a) Turgis. Il est appelé Robin Turgis (h. 66.)

(io53ji/6 luy. Je lui paierai le vin que j'ai fait prendre chez lui. (V. h. 88.)

io55 Plus fort sera que le dévia.

Le droit luy donne d eschevin Que j'ay comme enfant de Paris; Se je parle ung peu poictevin , Ice deux dames m'tat appris.

1060 Filles sont très belles et gentes , De mourantes à sainct Genou Près sainct Julian des voventes y Marches de Bretaigne ou Poiçtou ; Mais je ne dy proprement où ;

106 5 Or y pensez trestous les jours ; Car je ne suis mie si fdu, Je pense celer mes amours.

huit. xcv.

Item à Jehan Raguier je donne Qui est sergent, voire des douze , 1070 Tant qu'il vivra , ainsi l'ordonne,

(io55) Plut fart. Il sera plus habile que le devin. (1059) Ice. Deux dames me l'ont appris.

• Ce huitatn se lie par le sens avec les deux derniers vers du précédent.

(io63) Marches. Limites, confins de, etc.

(1064) Malt je. Je ne dirai pas positivement où elles sont. (io65) Or. Si vous voulez le deviner pensez-y tons les jours.

(1069) Faire des douze. Même des douze. Douze sergens étaient particulièrement attachés au prévôt de Paris, et luitenoient lieu de garde. Lobineau. (Hist. de P., 1. 1 , p. 437.) Je n'ai rien comprit * la note de Laurière.

(1070) Tant qu'il. On lui donnera aussi long-temps qu'il.... *.

Tous les jours une talemouze. Pour bouter et fourrer sa m ou se Prinse à la table de Bailly , A Maubuay sa gorge arrouse 9 1075 Car à manger n'a pas faiily.

huit. xcvi.

Item donne au prince des sotz , Pour ung bon sot, Michauît du Four , Qui à la fois dit de bons motz , Et chante bien , ma doulce amour :

1080 Avec ce , il aura le bon jour.

Brief , mais qu'il fust ung peu en poinct Il est ung droit sot de séjour, Et est plaisant % ou ne Test point.

(1071) Talemouse. Pour talmouse*. G'étoit une pâtisserie faite arec des œuf* , <U beuire et du. fromage.

(107a) Pour, Pour passer la bonne mine qu'il a prise à la table, etc.

(xojQJ Maubuay. Qu'il aille boire à la fontaine de Maubay,€ette fontaine étoit rue Saint-Denis.

(1075) Car, Car iï a su manger copieusement.

(1076) Prince des sotz. kn chef de la bande des comédiens.

(1077) Pour. Pour un bon bouffon.

Qui à la fois. Qui a le double mérite de dire de bons mots et de bien chanter ma douce amour. .

(1080) Avec ce» En outre de ce il aura.un bonjour de ma part. ■

(1081) Brief mais, etc. En un mot si Michauît du four étoit un peu

exercé.

(108a) // art. D seroit bon à remplir auprès de quelqu'un la place de fou. "H. le Doclat : • Bouffon à charge à lui-même et aux autres.»

(io83) Et est. Et il seroit amusant ou ne le seroit point , c'est-à-dire, on bien il seroit insupportable.

Item aux unze vinglz Sergens ;

io85 Donne, car leur faict est honneste, Et sont bonnes et doulces gens , Denis Richier t "et Jehan Vallette ; A chascun une grand cornette Pour pendre à leurs chappeaulx de feautres;

1090 JPentendz à ceulx de pied hohecte !

Car je n'ay que faire des autres.

De rechef, donne à Permet , J'entendz le bastard de la Barre , Pour ce qu il est beau fils et net , .

1095 En son escu, en lieu de barre ,

Trois detz plombez , de bonne carre, Ou ung beau joly jeu de cartes.

(1088)^ chascun. Je leur donne encore une cornette à chacun pour

attacher , etc.

(1090) J'entendi. G'eit aux sergens à. pieds , entendez-vous î que je fais ce dernier legs.

(1091) Car je n'ay. Car je m'intéresse fort peu aux autres.

(1094) Beau fdz et net. Honnête garçon et sans reproche. (Y. h. 85 et 67 et P, T. h, a3.)

(1095) En son escu. Sur son écusson, au lieu d'une barré , comme portent les bâtards.

(1096) Trois, Trois dez pipés de belle grandeur.

Mais quoy ? s'on Toyt vessir ne poirre , En ouître aura les fièvres Quartes.

huit. xcix.

I ioo Item ne vueil plus que Chollet

Doile , trenche , douve , ne boysc , Relye brocq, ne tonnellet; * Mais tous ses outils changer vôyse A une espée lyonnoise ,

I I o5 Et retienne le hutinet :

Combien qu'il n'ayme bruyt , ne noyse , Si luy plaist il ung tantinet.

huit. c.

Item je donne à Jehan le Lou , Homme de bien et bon marchant , 1 1 10 Pour ce qu'il est linget et flou

(1098) S'on Poyt. Si'onTentend, comme à son ordinaire, vesser on péter, je veux qu'on lui donne en outre les fièvres quartes. — Poirre , prononcez poare. Marot.

(1101) Dolle. S'occupe à aplanir le bois, à le coaper , à faire des (louves , des boisseaux , etc.

(tio3) Changer voyse. Aille échanger.

(uo4) A. Contre; £our.

(1 io5) Hutinet. Vieux mot que n'expliquent ni Nicot , ni Ménage. Borel le note bien , mais se contente de renvoyer à tantinet (Note de M. Formey). C'est la troisième ou la quatrième fois que je rencontre des notes ainsi conçues : — Hutinet. Brouillerie , désordre. '

(1106) Combien que. Quoiqu'il n'aime ni le bruit , ni les querelles, Une laisse pas cependant qne d'être un peu brouillon. (Y. P. T.b.a4>)

(1109) -Bo* marchant. Honnête marchand. (V. P. T. h. a5.)

(1110) Linget et flou. Mince et fluet.

Et que Chollet est mal cherchant y Par les rues plustost qu'au champfe ; Quinelairrapoulaille en voye, Le long tabart , et bien cachant 1 1 1 5 Pour les musser , qu'on ne les voye.

huit. ci.

Item à l'orfèvre du Boys ; Donne cent clouz , queues et testes , De gingembre sarazinoys, Non pas pour acouppler ses boytes :

1 1 20 Mais pour c on joindre culz, en cœttei ,. Et couldre jambons et andoilles , Tant que le laict en monte aux tettes , Et le sang en devalle aux coilles.

huit. en.

Au cappitaine Jehan Riou , 1 125 Tant pour lu y que pour ses Archiers ,. Je donne six hures de lou 9 t Qui n'est pas viande à porchiers,

(m 3) Qui Le que) Chollet fer» main-basse sur toute la volaille. (in4) Le long. Je donne audit le Lou une robe traînante qui M servira à cacher sa volaille.

(1119) Non pas. Non pour servir à clouer tes bottes.

(1120) Eneœttes, Sur les couchettes.

(1127) Fiande à parchiers. Viande bonne seulement pour, etc.

(1 ia8) Prins à , etc. Pris avec des chiens de bouchers.

(1139) Tmettez. Assaisonnées arec do vin fin, tel que lei bourgeois eu ont dans leur buffet. M. le Duchat dit en cet endroit •' « Via • buffeté mêlé d'eau. » — Ce huitain est allégorique.

( i8 7 ) , Prins à gros mastins de bouchiers, Tinettez en vin de buffet.

1 1 3o Pour manger de ces morceaulx chiers On feroit bien ung mauvais faict.

C'est viande ung peu plus pesante Que n'est duvet , plume , ne liège.

Elle est bonne à porter en tente , 1 1 35 Ou pour user en quelque siège.

Mais s'ilz estoient prins à un piège Les mastins, qu'ils ne sceussent courre, J'ordonne moy qui suis bon miège , Que des peaulx sur l'hyver s'en fourre.

;huit. civ.

il 4o Item à Robin Troussecaille , Qui s'est en service bien faict ; A pied ne va comme une caille , Mais surroën gros et reffaict;

(n3a) Cest viande. La viande que je lui donne.

(î 1 34) Elle est bonus. Elle peut suivre l'armée et servir dans an siège.

(ii36)Af«i« s'ilz* Main ti les chiens étoient tellement empêchés qu'ils ne passent pas courir sur ces loups. I

(u38) ifon miège. Bon médecin.

(1139) Que. Que pour conserver sa santé» il s'habille dorant l'hiver de ces peanz de loup. Les loups dont parle Villon ne sont autres que les bandits ses confrères,

(n43) Surroen. Sur un cheval de Rouen.» Mot inconnu à nos dictions de vieux termes. »(Not. de M. Formey.)

Je iuy donne , de mon buffet , 1 145 Une jatte qu'emprunter n'ose ; Si aura mesnage parfait ; Plus ne luy failloit autre chose*

huit. cv.

Item , et à Perrot Girard , Barbier juré du Bourg-la-Roy ne, 1 1 5o Deux bassins, et ung coquemard , Puis qu'a gaigner mect telle peine.

Des ans y a demy douzaine , Qu'en son hostel , de cochons gras M'apastela une sepmaine ; 1 155 Tesmoing l'abesse de Pourras.

huit. cvi. *

Item aux Frères mendians , Aux dévotes , et aux Béguines ,

(n45) Une jatte. Une écuelle de bois.

(1147) Pl ut ne * H nc l u * manque P 88 autre chose pour avoir un ménage assorti.

(n54) M'apastela. Me nourrit.

(11 55) Tesmoing, Cette abbesse de Pourras étoit, je pense, une coquine, qui, sous ce titre , Tint avec Villon duper le pauvre barbier de Bourg-la-Reine , qni y tenoit aussi une hôtellerie.

* Il y a , dans la farce de Pathelin , une sortie contre les religieux qui a beaucoup de rapport avec celle-ci.

(1157) Les dévotes sont, je crois, ce qu'on appeloit aussi lestf/to-

DUu, communauté qu'établit , dans le commencement du ziii* siècle,

Guillaume de Seignelay, évêque de Paris , pour y retirer plusieurs

filles de mauvaise vie que ses prédications a voient converties. (V.P.

Tant de Taris, que d'Orléans , Tant Turpelins que Turpelines ; 1 1 60 De grasses souppes jacobines Et flans , leurs fais oblation ; Et puis après, soubz les courtines , Parler de contemplation.

HUIT. CYIL

Si ne suis je pas qui leur donne ; 1 165 Mais du tout en font ce , les mères.

Et puis Dieu ainsi les guerdonne,

Pour qui souffrent peines amères.

Il fault qu'ilz vivent les beàulx pères.

Et mesmement ceulx de Paris.

1 170 S'ilz font plaisir à noz commères ,

lia ayment ainsi les maris.

(1159X Turpelins , etc. M. le Duchat pense, et je suis de «on avis, qu'il faudioit lire Trupelin et Trupelines , ce qui signifierait les frères, etsœars du tiers-ordre de saint François, appelés Trupelins, domine

-on diroit Tierceliji,

(1160) De grasses^lç, leur donne des soupes faites avec du bon bouillon , ainsi qu'on les fait aux Jacobins .avec des ceds au lait et

au sacre.,

(n63) Bt puis* J« les autorise ensuite à „ etc.

(ii64).5£ ne suit. Ce n'est certainement pas moi qui leur donne.

(n65) Mais du tout* Ce sont les mères ; les femmes qui fournissent si bien leur couvent»

J'ai mis le vers dû Uss c. en mettant font a la place de son qui es* u ne faste de copiste.

(1 166) Les guerdonne. Les récompense*

( 17 1>. M eyment ainjtj. C'est par attachement pour les maris.

Quoy que maistre Jehan de Ponilieu Eu voulsist dire : et reliqua :

Contrainct et, en publique lieu 9 1175 Honteusement s'en revocqua.

Maiftre Jehan de Mehun se. moqua De leur façon ; si feit Mathieu.

Mais on doit honorer ce qu'a Honnoré l'église de Dieu*

1 180 Si me submectz leur serviteur,

En tout ce que puis faire et dire , A les honorer de bon cueur Et servir , sans y contredire.

L'homme bien fol est d'en mesdire, n85 Car soit à part ou en prescher ,

(117a) Jehan de Pontlieu, écrivain du moyen-Age, dont les production! ne nous tont pas connues.

(1176) Jean de Mehun, continuateur do roman de la Rose , et au* teur d'un testament qui peut-être a donné à Villon l'idée du tien.

(1177) De leur façon. De leurs mœurs; de leur vie, etc. Mathieu. Matheolus , un des poètes du moyen-Age qui ont chanté

les perfidies de l'amour. Il est parlé de lui. J. pi. f. ia6. M. le Duchat a cru que Villon vouloit parler de Mathieu , bénédictin anglais , bistorien du xm« siècle. Ce qui n'est pas vraisemblable.

(1 180) Si me tubmetz. Je veux , moi , qui suis leur serviteur, les honorer, dans mes discours et dans toutes mes actions.

(1184) L'homme* Celui qui dit du mal de ces bons pères est bien fou.

(u85) Soit à part. Soit dans les conversations particulières, «oit dans leurs sermons , soit ailleurs. Ui savent user de représailles. -

Ou ailleurs , il ne fault par dire Si gens sont pour eux revencher.

huit, ex*

Item je donne à frère Baulde , Demourant à l'hoslel des Carmes ,

1 190 Portant chère hardie et baulde , Une sallade et deux guysarmes ; Que Decosta et ses gens d'armes Ne luy riblent sa Caige vert 9 , Vieil est : s'il ne quitte les armes,

ug5 C'est bien le diable de Vauvcrt

Item pour ce que le Seelleur , Maint estront de mousche a masché , Donne , car homme est de valleur ,

{"&) Portant. Ayant l'air d'un libertin effronté.

(1191) La salade étoit une espèce de casque ; et la guisarme, une Pique à double armure.

(1192) Que dô eotta. Pour empêcher que, etc.

("93) Ne foy. Ne lui enlèvent sa jeune amie.— Peut-être eaige vort étoit-il un nom donné aux filles publiques.

(1195) L'opinion commune étoit que les diables habitoient Vanvert. C'est pour cette raison que l'on appeloit rue d'Enfer celle qui conduisait en ce lien.

("97)£sfronf de mouché. C'est le nom que le poète donne à la cire *** laquelle le sceau étoit imprimé. (H98) Homme de vailêur* Homme de mérite.

( *&a ) Son seau davantage craché ; 1 200 Et qu'il ait le pouce escaché ,

Pour tout comprendre à une voye ; J'entendz celluy del evesché, Car des autres , Dieu les pourvoye.

Quant de messieurs les Auditeux , i2o5 Leur chambre auront Iembroysée , Et ceulx qui ont les culz rongneux, Chascun une chaise persée ; .

Mais qu'à la petite Macee D'Orléans , qui eut ma ceincture , 12 10 L'amende soit bien hault taxée , Car ellftest très» mauvaise ordure.

nviT. cxiii.

Item donne à maistre Françoys Promoteur de la vacquerie ;

(1199) Davantage craché. Broyé de nouveau dans Fa bouche, c'està-dire , brisé , détruit.

(1 aoo) Êscachè. Foulé , défait.

' (rz&i) Pour faut'. Pojtt 'comprendre tous met souhaihrdans un seul.

(1202) De Pêvêchè. De l'évêchê <Hh>léanr, âùntft Juge l'a voit condamné- «mot t.

' Ci 204) Qàanh tow ce- q«î e*t de.

(i2o5) Leur. Leur salle d'audience sera lambrissée' à merdtyeos. < Çrao6)£J «tt/*k Et oto* dtatr'ea* qui wtf, garnit awûot, ete.

(1208) Mais que. A condition que,

(1211) Mauvaise crdum* Mauviia puwtwaeah*

( 193 ) Ung hault gorgery d'escossoys ; 1 1 1 5 Toutesfois sans qrfaverie ; . Car quant receut chevalerie , 11 maugréa Dieu et saint George.

Parler n'en oyt , qu'il ne s'en rie, Comme enragé , à pleine gorge.

HUIT; cxrv.

1220 Item à maistre Jehan Laurens , Qui a les povres yeulx si rouges , Par le péché de ses parens , Qui beurent en barilz et courges ; Je donne l'envers de mes bouges

i2a5 Pour chascun matin les torcher; S'il fust Archevcsque de Bourges Du cendal cust , mais il est cher.

Item à maistre Jehan Cotard ,

(iai4) Gorgery, Gorgerin , armure destinée à défendre la gorge flu chevalier.

(iai5)Toute$foys. Cependant sans embellissement d'or et d'argent. -

(1317) // Maugréa. Il blasphéma.

(1:118) Parier n'en oyt. On ne lui en parle jamais.

(132?) Par te péché, À cause, sans doute, des excès.

(iaa3) Qui Qui burent au barillet et aux gourdes, c'est-à-dire de toutes les manières.

(1224) L'envers. Le reversde mes culottes, ou plutôt de rues poches.

(1327) Cendal. Etoffe de soie dont on se servoit pour faire des ban* nières;ce qui annonce que ce n'étoit ni du velours, comme l'a pensé t arrière, ni un taffetas fort mince, comme le dit M. le Duchat.

('94) Mon procureur en court d'église , i a3o Auquel doy encore ung patard , . A ccste heure je m'en ad vise , Quant chicanner me feit Denise Disant, que l'avoyc mauldite ; Pour son ame , qu'es cieulx soit mise , 1235 Ceste oraison cy jay escriptc.

BALLADE VIII

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