‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 27 sur 95 · ET ORAISON · texte numérisé non relu

ET ORAISON

Père Noé 9 qui plantastes la vigne ; Vous aussi Loth , qui bustes au rocher , Par tel part y, qu'amour qui gens engingne.

(ia3o) Patard. Dans le midi cette monnoie, appelée patac on patas, avoit , je croit , la valeur d'an denier. M. Formey a cm que Villon parloit ici d'une monnoie allemande.

' (i*3i) A ceste. À présent il m'en souvient.

(is3a) Quant. Pour avoir travaillé à ma défense» lorsque Demie m'appela devant les tribunaux.

(ia34) Pour ton. Afin de m'acquitter envers lui, j'ai compote cette prière, où je demande à Dieu qu'il mette son âme en paradis.

* Oraison en forme de ballade gd. et Bo.

(1337) Loth, après la destruction de Sodome, se retira dans une caverne , où ses deux filles l'enivrèrent et conçurent de lui durant son ivresse. '

■ (ia38) Engingne, ( Marot, déçoit ). Trouble le sens et la raison. Ce erbe est ici synonyme d'ensorceler.

( «OS ) De vos filles si vous feit approcher ; 1240 Pas ne le dy pour le tous reprocher ; Architriclin qui bien sccustes cest art ; Tous trois vous pris , qu o vous veuillez

percher ; L'ame du bon , feu maistre Jehan Cotard.

Jadis extraict il fut de voslre ligne , 1245 Luy qui beuvoit du meilleur et plus cher; Et ne deust-il avoir vaillant qu'ung pigne.

Certes f sur tous , c'estoit ung bon archer ; On ne luy sceut pot des mains arracher.

De bien boire ne fut oncques fa i tard,

(ia4-i) Architriclin, Maître buveur, dit une note des Annales poétiques. C'est une erreur. Villon parle de ce maître d'hôtel qui , aux noces de Cana,fit observer qu'il converioit de servir le bon vin le premier, etc. — Il est désigné dans l'j£vangile par le nom de ta charge; Jrchitriclinus,

(ia4a) O vous. Auprès de vous veuillez placer.

(ia4S) Du bon. D» célèbre.

(1344) Jad'u. S'il eût vécu de votre temps, on l'eût pris pour votre enfant.

(1246) Et ne. Et cela quand même il aaroit dû se réduire à n'avoir, pour toute fortune , qu'an peigqe de bois.

( 1 a47) Bon archer. « Aon. poétiq. et M. le Dncbat toi biberon. » C'est encore une erreur, bon archer signifie, qn'il ne la|ssoit pas facilement échapper sa prise.

(i»49) Fûttrd* Négligent» paresseux.

( '96 ) 1 25o Nobles seigneurs, ne souffrez empesther L'aine du bon feu maistre Jehan Cotard.

Comme homme embeu , qui chancelle et trépigne , L'ay veu souvent , quand il s'alloit coucher; Et une foys il se feit une bigne , 1255 Bien m'en souvient, à Testai d'ung boucher.

Brief on ireust sçeu en ce monde cercher Meilleur pion, pour boire tost et tard; Faictes l'entrer, se vous l'oyez hucher, L'ame du bon , feu maistre Jehan Cotard

ENVOI

1260 Prince, il n eust sçeu jusqu'à terre cracher ; Toujours crioyt, haro , la gorge m'ard;

(ia5o) Ne souffrez em pet cher. Ne permettes pas que l'Âme du bon Cotard soit retenue hors du paradis.

(ta5a) Comme. Semblable à un homme plein de vin, qui chancelle et marche en trépignant.

(ia54) Bigne. Tumeur au front provenant d'un coup. (ia56) Pion. « Laurière. Potator, buveur. »

(ia58) L'oyem hucher. Si tous l'entendez frapper à la porte. (ia6o) // n'eut seeu. Il ne luiétoit pas possible de, etc.

(ia6i) Toujours, GeTers a été mis par La Fontaine dans la fable du Paysan et du Seigneur. Ce qui peut avoir donné lieu de dire qu'il «voit mis souvent notre poète à contribution.

( '97 ) Et si ne sceut oncq' sa soif estancher , L'ame du bon, feu maistre Jehan Cotard

huit. cxvi.

Item vueil que le jeune Merle , 1265 Désormais gouverne mon change ; .

Car de changer envys me mesle :

Pourveu que tousjours baille en change, '

Soit à privé , soit à estrange ,

•Pour trois escus , six Brettes targes ; 1270 Pour deux Angelotz, ung grand ange :

Amoureux doivent estre larges.

Item j'ay sceu , à ce voyage f Que mes trois povres orphelins , Sont creux et deviennent en aage ^ 1275 Et n'ont pas testes de bellins ;

(1 365) Mon change. Ma banque.

(1266) Car. Car je ni 'en occupe malgré moi.

(1268) Soit à privé, etc. Soit à mes amis, soit ara étrangers. *•

(1369) M. Laurière a cru qu'il S'agissoit ici d'armures, et ii a. traduit brettes targes par boucliers bretons. — La targe étoit unemonnoia d'argent, valant up demi-éen. L'angelot et l'ange étoient des monnoif s d'or. Deux angelots valoient un grand ange.

Villon vent que le jeune Merle agisse consciencieusement, ce qui n'étoit , sans doute , pas dans ses habitudes.

(1371) Amoureux, Les amoureux doivent être désintéressés. Cette réflexion tombe sur Villon,

(1373) A ce. Durant ce voyage. (V. P. T. h. a5 et 26.)

(1375) Testes de Bellint. Têtes de mouton.

( «9» ) Et qu enfans d'icy à Salins N'a « mîeulx jouan$ leur tour d'escolle ; Or, par ! ordre des Mathelins, Telle jeunesse n'est pas folle.

huit. cxvm.

1280 Si vueil qullz voysent à l'estude ;

Ou? chet maistre Pierre Richer.

Le Donnait est pour eulx trop rude ,

Jà neles y vueil etnpescher.

Hz sçauront je l'ayme plus cher, 1285 Acesalus, tibi decus,

Sans plus grandes lettres chercher :

.Tousjours n'ont pas clercs le dessus.

Huit. cxix.

Cecy cstudient , et puis hô !

Plus procéder je leur deffens.

(1377) N'a mieulx. Ne fait mieux son tour d'écolier, ses fredaine*.

(1278) Or. J'en jure par la confrérie de Saint-Mathurin. Les soU 0» comédiens étoient appelés confrères de Saint-Matharin.

(1280) Si VutiL Je veux qu'ils aillent à l'école.

(Ia8a) Le donnait. Le donnât, ou le donnet étoit une espèce de rudiment. « Le donnet de noblesse » n'est point comme le dit M, le Dik chat un traité de grammaire (Y. J. pi.)

(ia83) Jane les. Je ne veux pas qu'ils s'en occupent.

(i*84) Je l'aime plut cher. Je le préfère.

(ia85) Ave talus. Prière du temps. ' ,

(1386) Sans. Sans ambitionner de plus hautes eonnoissances.

(1387) Tousjours. Les étndians ne se distinguent pas toujours. (iaS8) Cecy. Ils étudieront donc ceci et puis baU«-là.

1390 Quant d'entendre le grand Credo y Trop fort il est pour telz enfans.

Mon long tabard en deux je fendz , Si vueil que la moictié s'en vende Pour leur en achepter des flans ;

1395. Car jeunesse est ungpeu friande.

huit. cxx.

Et veuil qu'ilz soyent enformez

En meurs , quoy que couste bature, Chapperons auront enfoncez , Et les poulces soubz la ceincture ; 1 3oo Humbles à toute créature ;

Disans ; herù quoy? il ri eît est rien.

Si diront gens , par adventure , Voycy enfans de lieu de bien.

HUIT- cxxi.

Item à mes p ouvres clergeons ,.

x3o5 Auxquels mes titres resignay,

(1294) Flan*. (Buis an lait et au sucre.

(1396) Enformez-cn meurt. Qu'ils reçoivent une bonne éducation , quoiqu'il en coûte*

(1998) Chapperons. Les hommes étaient alors coiffés d'un chaperon. >

(i3oo) Humbles. Ils seront respectueux envers tout le monde.

(i5oi) Disons» Répondant quand on leur parlera.

(i5o»)£i diront. Ceux qui auront occasion de les entendre diront >etc v (G« huit., 4e mémequa les deux qui le précèdent, sont ironiques.)

Bcaulx cnfans et droictz comme jonlz, JLes voyans m'en dessaisinay, Et sans recevoir assignay , Seur comme qui l'auroit en paulmc»

t3io A ung certain jour consigné,

Sur l'hostcl de Guesdiy Guillaume.

huit. cxxn.

Quoy que jeunes et esbatans *• Soyent , en rien ne me desplaist ; Dedans vingt , trente , ou quarante ans , 1 3 1 5 Bien autres seront , se Dieu pi ai st. Il faict mal , qui ne leur complaist ; Car ce sont beaux cnfans et gents ; Et qui les bat, ne fiert, fol esl; Car enfans si deviennent gens.

i32o Les bourses des dix-et-huict clercs Auront, je m'y vueil employer.

(i3og) Seur. Aussi assuré pour eux, comme s'ils l'avoient dans les mains.

(i5io) // ung. Pour prendre à terme fixe. (V. P, T. h. 27 et »8.)

(1 3i a) Esbatans. Étourdis.

(i3iG) 11 faict. Celui qui les contrarie fait mal.

( 1 3 1 8) Ne fiert , ou les frappe.

(1319) Car. Car les enfans détiennent hommes à leur tour et peuvent prendre leur revanche.

(i3ao) Le collège des 18, où Ton recevoit des étudians trop pauvres pour pourvoir à leurs besoins , étoit proche du parvis de Notre-Dame, devant la porte de l'Hotel-Dieu 'de Paris.

* Pas ilz ne donnent comme loirs, Qui trois mois sont sans rcsveiller. Au fort , triste est le sommeiller, i3?5 Qui faict aiscr jeune en jeunesse , Tant qu'en lin luy faille veiller Quant reposer dcust en vieillesse.

huit, cxxiv.

Si en escript au collateur , Lettres semblables et pareilles; i33o Or prient pour leur bienfaicteur , Ou qu'on leur "tire les oreilles.

Aucunes gens ont grand" merveilles, Que tant suis enclin à ces deux ; 1 Mais , foy que doy , festes et veilles 1 335 Oncques ne vey les mères d'eulx.

Item , et à Michault Culdoïïe , Et à sire Chariot Taranne , Cent solz , s'il demandent prin^ oue ,

(i3a4) 4u fori. Au fait,

(i3a5) Qui faict. Qui fait les délices du jeune homme.

(i3a6) Tant. Jusqu'à ce qu'enfin il est obligé de veiller durant sa vieillesse, âge où il devroit naturellement se reposer.

(i3a8) Au collateur. A celui qui donne ces bourses.

(i334) Foy que doy. Sur ma foi , je , etc. — Les anciennes lois disciplinaires de l'Église défendoient l'usage du mariage , les veilles ou vigiles et les jours solennels.

(î 338) JVînr oue. Pris ou (la commune de Paris ne dit ni ou , ni qui; main oue et quie. Not.dc Marot.)

Ne leur chaille , il viendront de manne ; i34o Et unes bottes de basanne f

Autant empeigne , que semelle ; Pourveu qu'ils ne salueront Jehanne Et autant ung autre comme elle.,

Item au seigneur de Grigny f i345 Auquel jadis laissay Vicestre , * Je donne la tour de Billy :

Pourveu f s'huys y a , ne fenestre Qui ne soit debout, ne en estre v Qu'il mette très bien tout appoinct :

i35o Face argent à dextre, à senestre , Il m'en fault, et il n'en a point.

huit, cxxvn.

< Item à Thibault de la Garde :

Thibault ? je mentz , il a nom Jehan ; Que luy donray-je , que ne perde?

i355 Assez ay perdu tout cest an.

(1339) Ne leur, etc. Qu'il» ne s'en inquiètent pas, il* viendront du ciel comme la manne* /

(i34o) Et unes. Et une paire de bottes de , etc.

(iStf) Et autunt. Ni les autres filles. (V.b.81.)

(i348) Qui ne , eto. Qui soit ren? ersée , en mauvais état, ou qui ait teué d'exister.

(1349) Appoinct. En point; en état.— (V. P. T. b. 19.)

<i354) Marot le Parisien dit parde et non perde.

( *o3 ) Dieu le vueille pouvoir, amen*.** Le barillet ? par m'ame , voyre !

Genevoys est plus ancien , Et a plus grant nc2 pour y boyre.

1 36o Item je donne à Basanyer Notaire et greffier criminel , De giroffle plain ung panyer , Prins chez maistre Jehan de Ruel.

Tant à Mautainct; tant à Rosnel ;

i365 Et avec ce don de giroffle , Servir , de cueur gent et ysnel , Le seigneur qui sert sainct Cristofle ,

Auquel ceste ballade donne f Pour sa dame , qui tous biens a.

1370 S'atnour ainsi ne nous guerdonne , Je ne m'esbahys de cela ; Car au pas , conquesté celle a

(1357) Le barillet. Von* pourries loi donner votre barillet f par mon Ame (jurement) , vraiment 1

(1359) Grant nez. Est ici par antiphrase. Ce sont les nez écrasés que boivent pins commodément an barillet. (V. h. 167.)

(i365) Tant à. J'en donne alitant à, etc.

(i366) Servir. Le soin de servir avec plaisir et dévouement.

(\36j) Le seigneur éVl. le Forûaey prend ce seigneur pour nne dame*

(1370)50 amour. Si l'amour ne nous traite pas aussi favorablement.

(1 373) Car, Car elle a conquis celle-là au pas d'armes que tint , etc*

Que tint Régnier roy de Cecille, Ou si bien fist , et peu parla , 375 Qu'oncquesjïectorfeit, ne Troile.

BALLADE IX

QUE VILLON DONNA A UNGf GENTILHOMME NOU- VELLEMENT MAJUÉ , POUR L'ENVOYER A SON ESPOUSE PAR LUT CONQUISE A L'ESPEE.

Au poinct du jour , que Tesprevier se bat, Non pas de deuil , mais par noble cous-

tume ; Bruytil demaine , et de joyes'esbat , Reçoit son pât et se >oint à la* plume :

i38o Ainsi vous vueil , à ce, désir m a lu me

Joyeusement, ce qu'auxamansbon semble;

(1375) René, duc d'Anjou , roi de Sicile, mort en i48o. (i374) Ou. Où il se conduisit aussi bien et parla moins, etc. — Ciitique spirituelle et sensée de l'Iliade. * (1376)5* bat. S'agite.

(1377) Non pas do dtieil. Non par tristesse.'

(1378) Bruyt. lofait du bruit et se réjouit.

(1379) Reçoit. Reçoit sa nourriture et prend au leurre.

J'ai corrigé par et per 9 qui m'ont para être des fautes de copiste. (V.Lec.div.)

(i38o) Ainsi. C'est avec la même ardeur que, etc.

( *o5 ) Sachez qu'amour Tescript en son volume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.

Dame serez de mon cueur , sans débat , i385 Entièrement, jusqucsrnort me consume.

Laurier souef , pour mon droit se combat, O rosier franc, contre toute amertume.

Raison ne veult que je désacoustume , Et en ce vueil, avec elle m'assemble i3go De vous servir, mais que m'y accoustume ; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.

Et qui plus est , quand dueil sur moy s'embat ., Par fortune qni souvent si se fume , Yostre doulx œil sa malice rabat i3g5 Ne plus, ne moins, que le vent faict la fume.

Si ne perds pas la graine que je sume

(i386) Laurier, etc. Vous êtes le prix d'une victoire ; comme vous êtes belle et chaste, sous ce double rapport , je ne puis goûter avec vous que des douceurs. Je vous servirai fidèlement. La raison le veut et mon cœur 7 consent. — Mais que. Pouivu que» etc.

(i$92) Dueil sur, etc. Lorsque la tristesse m'accable.

(iZtf) Se fume. Se gâte.

(i3o4) Vostre, etc. Votre doux regard abaisse. Adoucit son aigreur, comme le vent abaisse la fumée.

(1396) Que je sume. Que je sème.

( so6 )

En vostre champ, car le fruict me ressemble.

Dieu m'ordonne que lefouysse et fume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.

ENVOI

i4oo Princesse oyez ce que cy vous résume, Que le mien cueur du vostre désassemble ?

Jà ne sera , tant de vous en présume ; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.

huit, c xxx.

Item à sire Jehan Perdryer ; i4o5 Riens , n'a Françoys son second frère.

Si m'ont ilz voulu aydier , , Et de leurs biens faire confrère , Combien que , Françoys mon compère ; Langues cuysans, flambans et rouges , i4 10 Sans commandement, sans prière , Me recommanda fort à Bourges.

(139$) Qus fo. Que Je le cultive et que je lai donne des engrais.

(»4o») (?««# etc. Il p 'arrivera jamais que moi» camr se sépare du ▼ôtre ; je présume que le vôtre , etc.

(i4o5) Rient. Je ne lui donne rien , ni à , etc.

(i4o6) Si , etc. Ils ont voulu me faire partager leur bonne fortune.

(i4o8) Combien. Quoique François soit. ' 1 (1409) Longuet. Cette langue.

(i4n) On comprend de quelle espèce de recommandation perle le poète.

( 2 *7 ) HUIT. CXXXi.

Si aille veoir en Taillevent t Ou chapitre de fricassure, Tout au long derrière et devant , i4i5 Lequel n'en parle jus ne sure.

Mais Macquaire, je vous asseure, À tout le poil cuysant ung dyable, Affin que sentist bon l'arsurc, Ce recipe m'escript, sans fable.

BALLADE X

Bar

1420 En réagal , en arcenic rocher ;

En orpigment, cnsalpestre; et chaulx vive;

04 la) M. le Duchat pense que le Taillevent étoit la cuisinière bourgeoise de ce temps-là. Pour jnoi, j'avoue que c'est le huitain où j'ai le moins compris».

Qu'il aille chercher le sens que je lui donne dans Taillèrent , an chapitre de fricassure , qu'il lira tout au long , la page de devant comme celle de derrière. '

(i^i5) Jus ne" sure. (Soubz,ne sus) Maro't.

(1416) Mais* Mais je vous assure que Mac aire faisant rôtir le diable sans l'écorcher, afin que l'odeur en soit meilleure m'a adressé les vers soivans,

(i4ao) Il faut prendre le dernier vers du dizain et lire comme s'il y a voit : que les langues venimeuses soient frites en réagal , etc» — Le réagal , l'arsenic et l'orpiment sont des poisons.

( io8 ) ' En plomb boillant, pour mîculx les cs-

m or cher; Eq suif, et poix destrampez de lessive Faicte d'estroncts , et de pissat de Juifve ; i4^5 En hivaille de jambes à Meseaulx;

En raclure de piedz et vieulx houseaulx; En sang d'aspic, tels drogues périlleuses; En fiel de loups, de regnards, etbléreaux; Soient frittes ces langues venimeuses.

i43o En cervelle de chat qui hayt pescher , . Noir, et si vieil , qu'il n'ait dent en gencive ; D'ung vieil mastin, qui vault bien aussi

cher, Tout enrage' en sa bave et salive ; En Tescume d'une mulle poussive , i435 Détrenchée menu à bons ciseaulx ;

(î^ia) Esmorcf ter ; (M. Formey. Tourmenter, m a II raiter) c'est: purifier, nettoyer.

(i4a4) Estronct, Excrément. Lei Juives en ce temps-là étaient d'une malpropreté dégoûtante.

(i4a5) En lavaille. Dans l'eau qui a servi à laver les jajnbes d'un lépreux.

(i4»7) Tel* drogues. Et autres drogues vénéneuses de même nature.

(i4 a '<)) Soient, Mot de deux syllabes.

(i43o) Qui hayt. Qui n'aime plus à prendre le poisson dans l'eau.

(i43a) D'ung. D'un .chien vieux; ce qui vaut bien autant. *

(i435 )Dcttrcnchéc. Si épaisse qu'il faille de bons ciseaux pour la couper.

( »<>9 ) En eau ou ratz plongent groin g* et mu-

-seaufà; Raines/crapauds, tek bestes dangereuses, Serpens, lesards, et telz nobles oyseaulx ; Soient frittes ces langues venimeuses .

hi, ,

i44<> En ^ublim^ dangereux à toucher; Et au nombril d'uiie Couleuvre rire ; En sang qu'on mtet en poyïèttes sécher, Chez ces barbiers, quant plaine lune arrive , Dont l'ung est noir,, l'antre plufr vert que cive >

i44^ En chancre et fut , ot en ces ords cuveaulx , Ou nourrices essangent leurs drappeaulx ; En petits baings de filles amçureuses , Qui' ne m'entend , n'a suivy les bordeaulx ; Soient frittes ces langues venimeuses.

ENVOL

i45ô Prince passez tous ces friaus morceaulx, S'erfaanne n'avez , sacs , ou bl ut eaux ,

(i438) Et tels. Et autres oiseaux de même nature. (i44.a)Poy/e««.Patettes. .,

('444) Ç»« ewe ' Q ue Ia cive# ^ antc potagère. (i'445) Eh ékahcrè, Ùâos un chancre et dans un fondement ulcéré, et dans ces cuviers sales et dégoûtans.

*(i|46) Bitangent. Lavent les drapeaux de leurs nourrissons. .

(i447) W« amoureuses. Filles publiques.

( *io )

Parxny le fons d'unes brayes breneuses ; Mais paravant , en estronts de pourceauli, Soient frittes ces langues venimeuses.

huit, cxxxu.*

i455 Item à maistre Andry Courault,

Les contre dicta Franc Gontier mande, Quand du*Tyrant , séant en hault , A cestuy-là rien ne demande ; » Le saige ne veult que contende

1460 Contre puissant, poutre homme las; Affin que ses filez ne tende , El que ne tresbuche en ses las.

(i45s) Parmi, À. travers le fond d'une culotte salie*

* Du temps de Villon, (lecteurs) fut faicte une petite œuvre intitulée , (as dit* dé franc Gantier 9 la ou la vie pastourelle est estimée: et pour y contredire fut faicte une autre œuvre intitulée lu CetUtteUet* Franc Gantier, dont le subgect est prins sur uog Tyrant , et anquel oeuvre la vie de quelque grant seigneur d'icelluy temps est talée , mais Villon plus saigement , et sans parler des grans seigneurs , feit d'autres contredicte dé Franc GontUr, parlant seulement d'un Chanoyne, comme verres cy après. (Mmrot.)

M. Laurière fait observer que les dicté Francs Gantier sont de Philippe de Vitré, mort é? éque de Meaux en i55i. Ainsi Marot a eu tort de le faire contemporain de Villon.

(1457) Quant. Pour ce qui est du prince dont il est parlé dans la même pièce.

(1459) Is saige , etc. Le sage défend de lutter contre un homme finissant.

( in )

Gontier ne crains, qui n'a nulz hommes

Et mieulx que moy n'est hérité ; *465 Mais en ce débat cy nous sommes ;

Garil loiie sa pouvreté ;

Estre pouvre yver et esté ,

 bonheur cela il réputé ;

Je le tiens à malheureté , 1470 Lequel à ortf or en discute.

BALLADE XL

INTITULEE , JiES CONTBEDICTZ DE FBANC GONTIER.

Sur mol duvet assis ung gras Chanoine , Lez ung brasier, en chambre bien nattée ; A son costé gisant dame Sydoine ;

(i#>i) Aflm. Crainte qu'il ne jette tes filets sur moi, et que je ne sois pris.

(i463) Gantier, Je n'ai rien à craindre de Gontier. Il n'a pas des ' hommes à son service, comme le prince.

(4470) Lêj*êl. Qui de nous deux a tort? c'est de quoi nous allons discuter.

(*47*) V erf qne liarot dit avoir refait. 11 est partout de même. Les ung. Auprès d'un brasier dans une chambre couverte de nattes pour qu'elle soit plus chaude.

(1473) A son cotlè. A côté de lui est couchée.

Blanche , tendre , pollie , et altaintée.

1/^7 5 Boire ypocras, à jour et à nuyctée , . Rire, jouer , mignonner, et baiser, Et npdà nud, pourmieulxde? corpss'ayscry Les vy tous deux par ung trou de mortaise :

Lors je congocu v que pourdueil appaiscr

i/|8o 11 n'est trésor, que de vivre à son aise.

Se Franc Gontier et sa compaigne Heleinc, Eussent ceste doulce vie hantée, D'aulx et civotz qui causent forte alaine N'en mengeassentbise croustre frottée. i485 Tout leur mathon , ne toute leur potée Ne prise ung ail, je le dy sans noysier.

S'ilz se vantent coucher soubz le rosier , Ne vault pas mieulx lict costoyé de chaise ?

^-«r«*->-^^p-T« | ***»<p < « aa - i **^iMB , ^i

(i474) Blanche. Blanche, délicate. Jolie et bien parée. (i475) A jour. Durant le jour et durant la nuit. 04^6) Af<4*aittte*. Se traiter atàouj-oisemefit. (1479) Dueil appaiter. Pour adoucir les chagrins de la vie. (i4So) // n'e*i. Iln'y a rien dé tel tfrrê , etc. (i48a) Hantée. Goûté , essayé cette tié.

(i484) N'e* mengéautrhi. Ils atirôient refiOkteé a ifianger, une eroMe sèche , frottée , etc. '

( i4»5) Metthon. Lait càiHé et aîgf VPdlée , boisson.

(1 486) 8*tts nàytlèf. Sans chicanner ; sincèrement.

(1487) S'itz te. S'ils rantent le plaisir de coucher, etc.

( a** ) Qu'en dictes vous? faut il à ce musçr ?

i4go II n'est trésor que de vivre à son aise.

De gros pain bis vivent d'orge, d'avoyne;

Et boivent eau tout au long de 1 armée.

Tous les oyseauhc d'icy eu Babyloijiç %

A tel oscot, une seule jowflée i495 Ne me tiendroieqt, non une matinée.

Or s'esbate, de par Dieu , Franc Gontier ,

Hélène o luy, soubz le bel Esglantier ;

Si bien leur est, n'ay cause qu'il me poise ;

Mais quoy qu il soit du laboureux mestier, 1 5oo II n'est trésor que de vivre à sofi aise.

ENVOI

Prince jugez , pour tous nous accorder; Quant est à moy , mais qu a nul n'en des-

plaisc , Petit enfant j'ay oiiy recorder; Qu'il n'est trésor que de vivre à son aise- %

(1489) Faut-il à ce muser, Est-il besoin d'insister?

(i493) Tous tes oyseaalx. Le chant de tous les oiseau lx qui sont d'ici à Babylone, avec une pareille nourriture , ne me retiendroient pas un seul jour, dans les bois, pas même une matinée.

(1496) Or s'esbate , etc. Que Franc-Gontier prenne donc ses ébats avec son Hélène.

(1498) Se bien, «te. Si cela leur fait plaisir, il n'y a pas. il e raison . pour que j'en sols fâché.

{\^)Maisquoy, etc. Mais quoiqu'il en soit de l'homme des champs*

HUIT. GXXXIV.

i5o5 Item, pour ce que sçais la Bibles * Mademoyselle de Bruyères, Donne prescher, hors l'Evangile f À elle et à ses bachelières, Pour retraire ces violletièrcs

i5io Qui ont le bec si affilé;

Mais que ce soit hors Cymetières :

Trop bien au marché au filé.

BALLADE XIL*

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