‹ Œuvres de maistre François VillonChapitre 64 sur 95 · DE L'APPEL DE VILLON · texte numérisé non relu

DE L'APPEL DE VILLON

Que vous semble de mon appel , Garnier, feiè-je sens, ou ïollie?

Toute bestë gardô sa pel, Qui la contrainct, efforce ou lye, S'dlle pètilt, elle se déâltè.

Quant donc, par plaisir voluntairc,

(3i) Sur tous. Souverain de toutes choses.

(3a) La maistrU. La puissance*

(35) A luy, etc. Que nous n'ayons rien à démêler avec lui , ni rien à lui payer»

(34) iVe soyez, etc. Ne vous faites pas pendre comme nous.

(2), Sens ou foUie. Fk-je une démarche sensée ou folle» lorsque j'en •appelai.

(4) Q"i (<*> etc. S'il est quelqu'un qui lui fasse violence , ou la lie. -

(6) Plaisir votunlaire. Par caprice*

( 3io ) Chanté me fut ceste homélie f Estoit il lors temps de me taire ?

iï.

Se fusse des hoirs Hue Capel, 10 Qui fut extraict de boucherie, On ne m'eust, parmy ce drapel y Faict boyre à celle escorcherie :

Vous entendez bien joncherie ?

Mais quant ceste peine arbitraire r i5 On m'adjugea par tricherie ;

Èstoit il lors temps de me taire?

ni.

Cuidez vous que soubz mon cappct, % Ny eust tant de philosophie Comme de dire, j en appel?

(7) Chanté , etc. Me fut lue cette sentence de mort. A Matines ,dans lei offices de neuf leçons. Les trois dernières sont une homélie on discours sur l'Evangile du jour.

(9) $ e f 1 ***** etc. Si j'appartenois à la famille des Capets. — Le Dante (Purg. eh. 20.), dit que Hugues Capet fut fils d'un boucher de Paris.

(11) «La question se donnoit à Paris avec l'eau , qui a'entonnoit à 'travers un linge dans lestomach du patient* * (Formey.)

(1%) Escorcherie. C'est le nom qu'il donne au lieu où il reçut laquestion.

(i3) Joncherie. Tous comprénex le mot plaisant dont je me sers. . (t5) Par tricheria. Contre droit et justice.

(17) Cuidez-vous. Pense?- vous que sous mon bonnet.

(1S) N'y eust, etc. Il n'y avoit pfe%a4sez de bonr sens pour.

X 3ri )

20 Si avoit , je vous certifie :

Combien que point trop ne m'y fie- Quant on me dit présent notaire , Pendu serez / je vous affie, Estoit il lors temps de me taire ?

BNVOI.

2S Prince , si j'eusse eu la pépie ,

Pieça je fusse ou est Clotaire , Aux champs debout, comme ung espie y Estoit il lors temps de me tahre ?

■ ■ fci

(ai) Combien que^ etc. Quoique Je ne comptine pas trop sur cet* appel.

(12) Prêtent notaire. Les notaires do Chatelet remplissaient alors tes fonctions de greffiers.

(a3) Je vom* tjfle. Je tous l'assure^

(a5) Prince* Bernier a cm que Villon s'adressoit *u duc de Bourbon. C'est une erreur. 11 s'adresse à Garnier ; s'il le qualifie de prince, c'est parce que l'usage otoit de qualifier ainsi' dans l'en? oi de la ballade , celui à qui elle étoit adressée.

(a6) Pieca. Depuis quelque temps. — * Montfaucon, où se faisoienr- ■Hes exécutions, est sur le chemin de l'abbaye Saint- Denis * où est* • inhumé Clotaire III. • (Not. de MM. Forme/ et Le Duchat.)

(27) Aum champs. «Pendu comme un espion. » (Le Duchat et I'édit. des Ann. poéf.) Gomme un voleur de grand chemin* On nommoi* ces voleurs là épieurt ou etpUt , parce qu'ils se mettoient en embuscade dans les bois pour surprendre les passants*.

LA REQIÎESTE

De Paillon présentée à la Court de Parlement ,

en forme de ballade.

Tous mes cinq sens , yculx* oreilles , et . bouche,

Le nez , et' vous, le sensitif aussi ;

Tons mes membres,. où il y a reprouche ,

En son endroit , ung chascun difc ainsi :

5 Court souverain , par qui sommes icy ,

Vous nous avez gardé de desconfire ;

Or la langue seule ne peut suffire ,

À vous rendre suffisantes louenges.

Si parlons tous , fille au souverain Sire , 10 Mère des bons, et Mur des bcnoiste anges.

( 2) Le sensitif. Le tact , le toucher.

(3) Où il y a repreuche. A qui L'on peut reprocher quelque choie.

(4) En tan encboH. Que chacun de mu cété dit»,

(6) Foui , etc. Votre mous ares préservé de destruction.

(9)^' parlons. C'est parce que la langue ne peut suffire, que nous nous joignons à elle pour vous remercier, vous qui Ctcs la fille de notre roi , la mûre de» bons , et la swur des Saints Anges.

Cueur, fendefc vous, ou percez d'une broche , Et ttë ébyé*, au ttioifts , jphis endurcy , Qu'au defceW fut là fMtè bise *ôche , Dont le peuplé des Juifs fut adoùlcy v , 1 5 Fondez lartites , et venez à mercy ,

Cémme humble cuedr qui tendrement

souspire , Loues la Court , cônjoinde au sainct Empire, L'heur des Françoys, le confort des es-

tranges, Procréée la sus , au ciel empire ; 20 Mère des bons, et seur des benoista anges.

ni.

Et vous mes debta, chaseuné si s'estethè;

(1 1) Ou percez d'une broche* Oa soyez affecté comme si vous étiez transpercé d'outre en outre.

(12) Et ne. Ne vous montrez pas plus dur que le fat la roebe dure ut aride. C'est le sens de forte et bis*.

(i4) Dont , etc. Par l'eau de laquelle le peuple juif fut désaltéré.

(17) Z0«*s»ete« Louez la cour qui nous gouverne decotoerfc avec le roi.

(18) L'heur. Le bonheur des Français, l'appui des étrangers.

(19) Procréée» « Il a très bien fait procréée, quadribsyllabc. » (Âbr. de Maroc.) Qui a été créée pour nous dans le ciel des cieux.

(21) S'csloche. Se déplace.

( 5i4 ) Saillez avant , rendez toutes mercy ,

Plus hautement, qu'orgue, trompe > ne cloche,

Et de mascher n'ayez orez seuley : ' 25 Considérez que je fusse transi

Foye , pommon , et rate qui respire ;

Et vous mon corps , ou vil estes et pire

Qu'ours , ne pourceau, qui faktsonnid es fanges ;

Louez la court» avant qu'il vous empire , 5o Mère des bons , et seur des benoistz anges.

ENVOI

Prince , trois jours ne vueiflez m'escondire.

Pour moy pourvoir , et aux miens à Dien

dire ; Sans eulx argent je n'ay, icy, n aux changes. Court triumphant , fiât, sans me desdirc ; 55 Mère des bons, et seur des benoistz anges.

(as) Saillez avant. Avancei-vou* pour témoigner votre recofftoissance.

(a4) Et dô nnuchety etc. Ne vont occupez pas à mâcher dam ce moment.

(16) Foye , etc. Vont foie ,• roui poumon, etc. Considérez que, etc.

(29) Avant qu'il vous empire. Avant qu'il vous arrive quelqot •** cideats

( 3*7 ) — Tu es perdu. — J'y mettrai résistance.

20 — rPlus ne t'en dy , et je m'en passcray.

J'en ay le dueil , toy le mal et douleur.

Se fusse ung povre ydiot et folet, Au cueur eusses de t'excuser couleur , Se n'as tu soing, tout ung, tel bel ou lait.

25 Ou la teste as plus dure q*ung Jalet ;

Ou mieulx te plaist qu'onneur ceste mes-

chance.

Que respondras à ceste conséquence ?

— J'en scray hors, quant je trespasseray.

. — Dieu, quel confort! quelle salge élo-

quence !

3o Plus ne t'en dis et je m'en passeray.

(19) Tu es , etc. Mais ta vie est en danger.

* Ce dizain ne se trouve qae dan* le Jardin de Plaisance , d'où os l'avons extrait tel qne nous le rapportons en mettant se au g de si dans le fécond et quatrième vers, Dn temps de Villon , il ivoit une differeace 4e sjgRiifca£iaa bien marquas cn^re fi et m f

m premier étoit à peu près synonyme de or; le second {toit la paiw

M aie conditionnelle que nous écrivons si,

(S) (11) J'en ay. C'est mot qas suis afilgé de ta conduite , c'est- toi qvv ftt souffres.

' , (a3) Au cueur. Je me sentirais disposé à excuser ton indifférence.. { ~.

(25) Jalet. C 'étoit un vase a mesurer le grain.

ce

(36) Ou mieulx. Ou bien il faut dire que tu' préfères l'accusation» ép V& pèse sur toi , à l'honneur.

rv.

Dont vient ce mal? — Il vient de mon malheur :

Quant Saturne me feii mon fardelet, C'est maulx y mist, je le croy. — C'est

foleur. :

Son seigneur es, et te tiens son valet.

55 Yoy que Salmon escript en son roulet 9 Homme sage, ce dit il, a puissance Sur les planète, etsur leur influence.

— Je n'en croy rien , tek qu'ilz m'ont faict ,

seray.

—Que dis tu dea? — Certe c'est ma créance.

4o — Plus ne t'en dy, et je m'en paseray.

ENVOI

Veux tu vivre? — Dieu m'en doint la puissance.

— Il te fâult. — Quoy ?— Remors de conscience , Lire sans fin. — Et en quoy ? — En scienee.

{&i) Dont, D'où vient que tu es en prison F— Gela tient à ma n»*araise destinée;

(3») Quant, Lorsque $£turne fit mon lot.

(33) Cttt foleur. C'est folie de ta part de croire à la fatalité.-

(35) Foy que. Rappelle-toi ce que Salomon a écrit dans son petit lrvre.

(4 AT tn doint. M'en accorde.

( 5ig ) Laisse les folz. — Bien, j'y adviseray.

45 — Or le retiens. — J'en ay bien souvenance.

—N'attends pars tant, que tourne à des-

. plaisance.

Plus ne t'en dy , et je m'en passeray.

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