PROBLEME
Fortune fuz par clercz jadis nommée , Que toy françoys crie et nomme meurtrière , Qu'il n'y a hom' d'aucune renommée.
Meilleur que toy faiz user en plastrière , .
Par povreté , et fouyr en carrière.
S'a honte viz , te dois tu doncques plaindre. Tu n'es pas seul ; si ne te dois complaindre. Regarde et voy, de mes faiz de jadiz ,
(56) Potseaer. Posg|4er.
* Cette ballade est tirée du Mss. C. (Y. Jtféra., 3* part.Ç i" n° 4, i«p., n«i 7 .)
(î) Fortune , etc. Je fui nommée par les savans favorable , heureuse, comme l'exprime mon nom.
(a) Que toy y etc. Moi , la même que tu accuse» et que tu appelle! meurtrière.
(3) Qu'il, avec. Plus d'humeur que n'a. jamais fait l'homme le plat célèbre.
(4) Meilleur y etc. Il y en a qui valent mieux que toi , et que j'ai rendus si misérables , qu'ils ont été [forcés d'aller cacher leur pauvreté dans les carrières , où ils travaillent à gagner leur vie.
(5) S'a honte, etc. Si tu es dans un dénûment honteux» faut-il pour cela m 'adresser des plaintes.
(8) De mes fait , etc. Ce que j'ai fais autrefois.
Mains vaillans homs, par moy mors et roidiz.
io Et n'eusse -tu envers eulx ung soullon,
Àppaiae toy , et meet fin en tes dîz :
Par mon conseil, prens tout^n gré Villon.
■ » • 'il.
Contre grans rôys me suis bien arrinée
Le temps qui est passé ; car en arrière t i5 Priame occis, et toute son armée.
Ne lui valut tour, donjon , ne barrière.
Et Hannîbal uenioura-il derrière ?
En Cartaige par moy le feiz actaindre ;
Et Se y pi on Faffricquain feiz estaindre ; 20 Jtflîus César au sénat je. vendiz;
En Egipte Pompée je perdiz ;
En mer noyay Jazon, en ung boullon ;
Et une foi$ Romme et Rommains ardiz :
Par mon - conseil , prens tout en gré Villon.
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(9) Maint vaillant , etc. Vois grand nombre d'hommes valeureux que j'ai fait périr misérablement.
(10) Et n'euise-tu , etc. Et comparé à eux n te resteroit-ii un méchant chiffon.
(i3) Ûontre 9 etc. Je me suis bien courroucée contre, etc. (i4) Car en arriére. Car jadis, autrefois. (i5) Priame occis. Je donnai la mort à Priam. (16) Ne lui, etc. Il ne lui servit de rien d'avoir pour sa défense» 1 (17) Et Hannibat. Et Annibal fut-il oublié. (1$) Fèiz estaindre. Mourir, (ao) Je vendiz. Je livrai.
(aa) En ung boullon. Dans les flots, en un tournant d'eau. (a3) Ardiz. Je consumai par le feu.
2 5 A1cx$b<Ji* t qui * 9«t fafràtrhémie, ' ,, , Qni vouait voir raatoillè pOMCy ràèrc ;
Sa personne par moy futenlimée.
Alphasar roy t en champ, sur la bannière , ' ïluay jus mort ; cela est ma manière :
3o Ainsi Tay fait, ainsi le maintendrav;
Autre cause , ne raison , v n'en rendray .
Holofernes l'ydolastre , mauldiz ,
Ou oçcist Jùdic, et dormoit entandig,
Dé son poignart, dedens son pavillon ; 35 Absàïlon ; quoy? En fuyant le péndiz :
Par mon conseil , prens tout en gré Villon.
ENVOI
Ppvre Fi^MWPy» • «AWMte que tu dii :
.. m m - f m ■■ ■ ■ . ! nV ' . . . l i - Mi" 1 »' » i " i m i " *
(i5) De himèe. Qui livra tant de batailles» N
(26) L'atoille poueynUre. Les pléiades. Le sens de ce toi» est qui voulut s'élever aussi haut que les astres.
(37) Fut enlimèe. 11 y a dans le Mu. fut envelimée, La mesure do vers et le sens m'ont paru demander enlimèe, abaissée , «élevée,
(18) Alphasar, C'est Arphaxad, roi des Mèdes, défait et tpé dans une bataillé par tîolophernes. (V. fiist. Judith.» ch» i«.)
(39) Cela etty etc. C'est ainsi que j'en agis.
(5o) Ainsi le maintendray. Je continuerai à agir ainsi* * (53) Et dormoit entandiz* Ëtildorm,oit durant ce temps-là*
(35) Abtalon dans sa fuite demeura suspendu à un arbre par le* cheveux.
(37) Etcoute que tu dit. Fais bien attention à ce que tu di* lorsque tu te plains.
Se pritM f>edwe, sans Dta*4e Paradis , A Jajy a'aottrc ,. ne demouroH haillon :
Car peur NçmalyXte* j'«* faftyjfedix ; Pat ma» comett , proqs tout ew gre Vî
ViilWi
Fragment (tune ballade contre les TotiGCiwirs**
ï)Vn jet de dart , d'une lance acérée , D'un grand faussant , d'une grosse massue , D'une guiserrae et d'unç vieille espée,
(58) 5« , etc. S'il étoit en mon pouvoir d'agir Mot me conformer a Jfrwlosjté de Bien*
(39) ^ ioy. Je dépouille!*!» tdnt le Brtridfc, toi comme les antres.
(4o)i£*4if»s)iv etc. Cor )e tirais alors- dix foU plus mauvaise que je ne le suis.
* • Feu Mu ftaluaeoommanique à M .de La Honnoye ira fragment d'eue ballade de Villon, de laquelle le» vers n'ont jamais été imprimés. On ne sera pas fâché de trouver ici ce fragment , tel que Je l'ai reçu copié de la propre main de cet illustre académicien: Le papier fur lequel cette ballade étoit écrite , étoit demi rongé » et ne contenoit que le* morceau qui suit ; c'est le premier couplet de la ballade. • (M. Le Ducbat.)
(1) D'un jet , etc. D'un coup , c'est-à-dire qu'il soit frappé d'un dard.
(a) Faussant. Peut-être faut-il lire faussart , sorte de grand javelot , ainsi appelé , parce qu'il faussoit les meilleurs hauberts. (Hist. Bert.
Du Guesclio.) (S) Guissrmc. Guisarme.
(5*>) D* un braquemart 9 d'une loche émoloe ,
5 D'ud garant penard, et d'une besaiguë,
D'un fort espieu et d'une saqneboute ;
De mau-brigans , puissent trouver tel route,.
Que tout leur corps leur soit mis par morceaux:
Le coeur fendu, déchires les boyaux, 10 Le t(A coupé d'un branc achierin
Et yoisent drus, aux Stygiens caveaux ;
Les Taverniers qui brouillent nostre vin.
(4) Umeke èmotue. Biear tranchante, fraîchement passée sur la meule.
(5) PmanL Fennard , flèche garnie de plumes. — Betai^uè* Epée à double tranchant.
<6) SaqwêbouU* Lance armée d'un fer crochu dont on sr servoit pour désarçonner on cavalier. (Le Dochat.)
(7) Us mou brigans f etc. Poissent-ils rencontrer une bande de brigands qui leur fendent le coeur, etc.
(\o) Branc. Grande et largée épée qui ne manchoit que d'an coté. (Le Duchat.) — Il a voulu dire sans doute qui ne tranchait que d'an côté. Jehîeri*. D'acier, j'ai corrigé Ackerm.
(il) Foittnt drus. Aillent en foule aux cavernes du Styx, •
(\2\Qui brouillent. Frelatent.
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