II. m
182 MÉDITATIONS CIIBETIENNES.
blemenl être heureux, ce qui ne peut être actueHemenl que par quelque plaisir actuel, il n*est pas possible que ce corps ne le trouble et ne le dérègle, s'il ne trouve dans la recherche de la vérité et dans rexercice de la vertu quelque douceur actuelle, qui fasse qu'il contennple et qu'il agisse avec plaisir. Il fallait donc, pour proportionner le remède au mal que le péché a causé, que non-seulement je vinsse instruire les hommes par leurs sens, mais encore que je leur méritasse la grâce de sentiment^ ou cette délectation intérieure qui fait aimer aux hommes, comme par instinct, une beauté qu'ils ne devraient aimer que par raison.
5. Car tu dois savoir, mon fils, qu'on aime et qu'on hait en deux manières, par instinct et par raison. On aime une chose par instinct, lorsqu'on l'aime sans reconnaître qu'elle soit bonne, ou capable de rendre plus heureux ou plus parfait. Mais on aime par raison, lorsque le mouvement de Tàme est déterminé par la vue claire de Tesprit, lorsqu'on voit clairement que ce qu'on aime est bon, ou capable d'augmenter sa perfection ou son bonheur. C'est par instinct que les ivrognes aiment le vin. Ils ne connaissent point par une vue claire de l'esprit que le vin soit un bien ; ils le sentent confusément par le sentiment du goût; car l'esprit ne voit jamais clairement ce qui n'est pas. Il en est de même de tous les faux biens : on ne les aime que par l'instinct du sentiment. Mais à l'égard des vrais biens, des biens de l'esprit, on les aime, ou plutôt on devrait les aimer uniquement par raison. Car afin que Ta* mour soit parfaitement raisonnable, méritoire en tout sens, entièrement conforme à son principe, l'amour substantiel et divin, il doit naître ou procéder de la lumière; il doit être uniquement réglé par la raison; le plaisir actuel n'en doit point être uniquement le principe ou le motif. Qu'il l'accompagne, qu'il le sou*
tienne, qu'il en soil la récompense ; mais qu'il n'en corrompe pas la pureté.
6. L'homme ne peut conserver sa vie que par l'usage des biens du corps ; il faut qu'il s'approche d'eux, qu'il s'y unisse, qu'il s'en nourrisse. Mais, si ces objets paraissaient à l'esprit tels qu'ils sont en eux-mêmes, leur usage serait insupportable. Il fallait donc qu'à leur approche Dieu fît sentir à l'esprit des agréments qu'ils n'ont pas^ et que les hommes fussent avertis, par la preuve courte mais incontestable du sentiment, de ce qu'ils doivent faire pour leur conservation ; afin que leur unique occupation fût de rechercher les biens de l'esprit, d'admirer et d'adorer l'auteur de leur être, et de mériter leur récompense par un amour de choix, et par le sacrifice pur et méritoire d'une obéissance continuelle.
7. Ce qui a été sagement établi de Dieu pour conserver l'homme dans son innocence, et pour lui fournir quelque sujet de mérite, est devenu, par le péché et en conséquence de l'ordre immuable de la justice, le principe de tous ses dérèglements; car, comme les hommes suivent les jugements des sens, qui décident toujours en faveur des objets sensibles, ils regardent ces objets comme des sujets dignes de leur application et de leurs soins. Les corps portent le caractère sensible du vrai bien; on se sent heureux dans leur jouissance. La raison n'apprend point à tout le monde que Dieu seul est la véritable cause de la douceur que l'on rencontre lorsqu'on se familiarise avec les objets de ses passions. Ceux qui le savent n'y pensent pas toujours dans le besoin ; et s'ils y pensent, leurs sens dissipent bientôt des pensées abstraites qui s'opposent à leur bonheur actuel. En un mot, la raison parle bas ; il faut de l'attention pour l'entendre. Elle ne flatte point ; il faut de la patience pour l'écouler, il faut de la vertu pour
184 M-ÉDWATIONS CHRÉTIENNES-
la suivre. Mais les sens, devenus insolents et rebelles en punition du péché, parlent si haut, mais si agréable^ ment et si vivement, que Tesprit, séduit et dominé, su\i aveuglément tous les désirs qu'ils inspirent.
8. Dans Tétat misérable où Thomme est réduid;, lespécheurs ne peuvent donc aimer le vrai bien- uniquement par raison, quoique le vrai bien doive être aimé de celte sorte. Ayant la concupiscence à vaincre, il faut que Dieu répande dans leur âme quelque grâce de sentiment,, pour déterminer, comme par instinct, vers le vrai bien, le mouvement déréglé de leur cœur. Il faut que Dieu inspire en eux une sainte Concupisceoce pour contre-bal ancer la cwicupiscence criminelle.
9. Tout plaisir produit un amoup naturel pour l'objet qui le cause ou qui semble le causer; car, voulant invinciblement être heureux, et le plaisir actuel rendant actuellement heureux, on est naturellement porté à se» joindre de volonté avec la cause de son bonheur. Or il n'est pas possible qne l'amour de choix, et purement raisonnable, subsiste longtemps sans se conformer à l'amour naturel. Siv donc la charité n'est soutenue contre les efforts continuels de la concupiscence par des grâces actuelles de sentiment qui fassent trouver quel* que douceur dans l'exercice de la vertu, ou, ce qui est la même chose, qui répandent l'amertunae et l'horreur sur les objets sensibles, il n'est pas possible qu« lesjustes mêmes subsistent longtemps sans perdre l'amour dominant des vrais biens, principalement s'ils vivent dans les plaisirs et dans les honneurs, et s'ils n'ont un soin particulier de fortifier leur raison et leurs bonnes habitudes par la nourriture de l'esprit.
10- Je tâche, mon fils, de te convaincre en toutes manières que tu as un extrême besoin de mon secours,, et que la grâce particulière de sentiment est absolument nécessaire au pécheur, afin qu'il se puisse convertir, et
au juste afin qu'il persévère jusqu'à la fin. J'en use ainsi parce qu'il n'en est pas de même de tes senliments^ comme de tes lumières. Ta lumière dépend en partie de ton attention et de tes efforts. Mais, quelque effort que tu fasses, tu ne peux exciter en toi aucun sentiment, ni de plaisir, ni de douleur, les causes occasiopnelles des modifications de ta substance ne se trouvant point en toi. Ainsi tu dois reconnaître ton impuissance, te défier de tes forces, et avoir sans cesse recours à moi, qui ai été établi au jour de mon triomphe cause occasionnelle ou distributive des vrais biens, par la loi générale de la grâce, selon laquelle Dieu veut exécuter en moi et par moi son grand dessein. 11 faut maintenant que je l'explique les trois principalesqualités queje possède, comme cause occasionnelle et distributive de la grâce, selon lesquelles tu dois sans cesse me considérer, afin que ta foi se réveille et que tu m'invoques avec une pleine et entière confiance.
H. La première de ces trois qualités est que je suis Tarchitecte du temple spirituel que Dieu doit habiter éternellement; la seconde est que je suis le chef dont l'influence anime et protège le corps mystique de l'Église; la troisième, queje suis le médiateur entre Dieu et les hommes. Ces trois qualités sont un peu différentes, quoique d'abord elles te paraissent être les mômes ; et j'ai encore d'autres qualités que ces deux-ci, qui ont rapport à mon Église, desquelles néanmoins il n'est pas si nécessaire queje t'entretienne présentement.
12. Sache, mon fils, que Dieu n'agit que pour sa gloire, et qu'il n'a formé le monde présent que pour se faire un temple dans lequel il habite et où il reçoive des honneurs divins. Il lui faut un temple, un pontife, une victime, un sacrificateur, un culte digne de lui. Mais X)ieu n'habite point dans les temples matériels *. La
» Ac(. 7, /iS.
substance intelligible de son être ne peut faire sa demeure ou le lieu de ses délices que dans le temple vivant de son Église. Ne pense pas que le lieu propre de la Divinité fût le tabernacle que Moïse construisit dans le désert, ou le temple matériel que Salomon éleva à la gloire du Dieu des Juifs. Il faut au Dieu vivant un temple animé, un culte spirituel, des sacrifices de sainteté et de justice. Le tabernacle et le temple n'étaient que la figure de l'Église ; le tabernacle^ àe l'Église militante et passagère sur la terre ^; le temple magnifique et superbe de Jérusalem, de l'Église victorieuse et triomphante dans le ciel. Les fidèles, les membres du corps, dont je suis le chef, sont véritablement le temple sacré où habite le Saint-Esprit, et dans lequel la Trinité sainte fait agréablement sa demeure. 13. Les rois les plus renommés qui ont gouverné le peuple juif sont David et Salomon. L'un et l'autre sont aussi les figures les plus éclatantes de ma conduite ; car l'ancien Testament n'étant que pour le nouveau, ce qui est de plus considérable dans le premier représente ce qu'il y a de plus considérable dans le second. David est la figure de ma vie laborieuse sur la terre, et Salomon de la gloire et de la félicité dont je jouis dans le ciel. Or David a bien amassé, durant sa vie^ les matériaux nécessaires pour bâtir le temple, mais il ne l'a pas construit. J'ai aussi, par mes soufl*rances continuelles et par le sacrifice que j'ai offert sur la croix, acquis droit sur toutes les nations de la terre. Mais je n'ai commencé à envoyer le Saint-Esprit, et à mettre en œuvre les matériaux vivants dont je construis maintenant le temple spirituel de l'Église, qu'après êtr^ entré en possession de mes droits ^, qu'après avoir été
* Hebr. 3, 5, 9.
« Filius meus es tu, ego hodie genui te. Postula à me, et dabo tibî gentes IiaBreditatem tuam. {Psnl, 2 ; Hebr. 5, 5.)
reconnu pour le vrai Salomon, le plus sage, le plus puissant, le plus heur^îux prince qui régna jamais sûr le peuple choisi de Dieu.
14. C'est donc maintenant, mon fils, que j'élève l'édifice spirituel de Tlîglise, et que je sanctifie par l'onction du Saint-Esprit* toutes les parties qui doivent la composer. Éclairé de la sagesse éternelle, à laquelle je suis personnellement uni, je forme les desseins les plus justes et les plus achevés. Je souhaite de mettre dans mon temple des beautés dignes de la majesté, de la grandeur et de la sainteté de celui pour qui je le construis. Je travaille donc sans cesse, par l'effort de mes désirs, pour exécuter mes grands desseins, et la pluie de la grâce se répand sur les hommes à proportion de ces mêmes désirs. Elle est abondante lorsque mes désirs sont ardents, elle est générale lorsque mon désir est général ; elle cesse et continue de tomber si je cesse ou si je continue de vouloir qu'elle ^ombe : car c'est par l'action de ma volonté que la grâce se répand sur les hommes, comme c'est par l'action de la tienne que se remuent toutes les parties de ton corps 2.
15. Mais, comme il est indifférent que ce soit Pierre ou Jean qui fasse un tel effet dans mon temple; lorsque j'agis en qualité d'architecte, etnon de chef de l'Église, je ne forme point mes désirs sur tels et tels matériaux en particulier, mais sur l'idée que j'aide certaines propriétés dont l'âme en général est capable, desquelles j'ai une connaissance parfaite. J'agis comme un architecte, qui, pour exécuter le dessein qu'il s'est formé, désire des colonnes d'une certaine pierre en général, et non point d'une telle masse en particulier. La pluie de la grâce se répandant sur les âmes qui sont semblables à l'idée qui me sert h régler mes désirs, les per-
t Hehr, 5, 9, 10.
« Eph, tiy 15, 10.
sonnes dont la concupiscence est moins excitée, qui suivent mes conseils avec le plus d'exactitude, qui sont les plus fidèles à ma grâce, entrent plus tôt dans mon édifice que les autres; et, lorsquej'ai ce que je souhaite, je forme de nouveaux désirs^ je détermine ailleurs la pluie delà grâce pour exécuter de nouveaux desseins; et j'agis ainsi sans cesse pour faire entrer dans l'Église le plus d'hommes que je puis, agissant néanmoins toujours avec ordre, et ne voulant pas rendre mon temple difforme à force de le faire grand et ample. Mais tu n'es pas en état de comprendre clairement pourquoi Tordre que je suis dans mon action et la proportion que je veux mettre dans mon ouvrage, empêchent que je ne puisse sauver tous les hommes. Travaille seulement à ôter les empêchements à l'efficace de ma grâce, suis mes conseils, fuis les plaisirs, méprise les honneurs, veille, prie, vis dans la retraite, afin? que ma grâce te trouve disposé de manière que tu entres daB& mes desseins, et qu'un autre ne ravisse point ta eoi»ronne et ta récompense ^.
46. La seconde (|ualité, selon laquelle tu dois souveût me considérer, est celle de chef de l'Église ". Tous leschrétiens sont les membres de mon corps; ils sont for^ mes de ma chair et de mes os \ comme Eve le fut d'Adam ; car la formation et le mariage des deux premier» hommes sont des figures vives et expresses de la formation de l'Église aussi bien que de son mariage. En qualité de chef, j'anime l'Église, et je répands sans cesse dans tous ceux qui font partie de mon corps le mouvement et la vie *. Je veille pour leur conservation, je les protège, et je ne souffre jamais que ceux qui me sont
1 Apoc, 3, 1 1 .
ï Col. 2, 19, 1, 18; Eph, 1, 22.
QUATOBZI£HE MÉDITATION. 18»
unis parla charité soient tentés au-dessus de leurs forces. Je permets seulement que la tentation les éprouve, afin qu'ils se fortifient par l'exercice ; afin que, par les sacrifices qu'ils offrent maintenant en l'honneur du vrai bien, ils acquièrent une couronne qui ne se flétrira jamais, et qu'ils méritent une gloire qui fera éternellement yne partie de la beauté de mon ouvrage.
47. Il est vrai que les justes mêmes demeurent quelquefois vaincus par les tentations qui les attaquent ; mais ils pouvaient vaincre. Ils devaient combattre pour obtenir la gloire du triomphe. Ce n'est point leur faiblesse, mais leur négligence; ce n'est point mon infidélité, mais la leur qui les a perdus. Si je ne les ai pas animés au combat par une grâce extraordinaire de sentiment, c'est qu'ils devaient vaincre par la force de leur foi et de leur charité, afin que leur mérite fût plus grand et leur gloire plus éclatante.
18. Écoute ceci, mon fils. La gloire de sentiment diminue le mérite : elle donne sûrement la victoire lorsqu'elle est excessive; mais lorsque la victoire est une suite nécessaire de son efficace, le vainqueur n'a rien mérité. La vertu doit être aimée par raison, et non par instinct. Dieu veut qu'on le serve par la foi, content de ses promesses, ferme sur sa parole, malgré les difficultés et les sécheresses. Le plaisir est la récompense du mérite ; il n'en est pas le principe. Lorsqu'on lui sacrifie tout, on n'égorge point de victime ; on ne suit que le mouvement naturel; on ne recherche que son bonheur. La délectation prévenante est nécessaire pour faire naître la charité et pour la fortifier contre les efforts continuels de la concupiscence; mais je n'en dois donner que le moins qu'il est possible ou que selon une certaine mesure qui ne nuise point au mérite et à la gloire que tel juste doit selon Tordre acquérir dans tel combat. Ce juste est vaincu, mais
190 MÉDITATIONS 'CURÉTIENNES.
c'est par sa faute. Je dispense mes grâces aux justes, du moins selon l'ordre de la justice, qui m'est clairement connu par l'union avec le Verbe ; car je leur en donne souvent et en abondance, en conséquence des desseins que je forme et que j'exécute. Mais je ne dois pas régler mes dons sur leur négligence, quoique je sache actuellement par révélation, dès que je le souhaite, les déterminations futures de leurs volontés *.
49. Que celui qui est debout prenne donc garde & lui qu'il ne tombe. Je le soutiens, s^il est faible; mais qu'il se défie de ses propres forces. S'il s'endort, il sera surpris : qu'il veille. S'il combat sans moi, il sera vaincu ; qu'il m'appelle à son secours. Il peut et veiller et prier. Mais s'il néglige de le faire, je me lasserai de le cultiver, comme un arbre infructueux qui ne répond pointâmes justes espérances. Je veux absolument qu'on combatte sans cesse, qu'on renonce aux plaisirs, aux grandeurs, à soi-même, qu'on sacrifie, en un mot, sa passion dominante, quelle qu'elle puisse être, parce que je veux remplir incessamment de gloire et de sainteté le temple vivant de mon Église, ce qui ne doit et ne peut s'exécuter que par des mérites légitimes.
20. Mon cher fils, tu es le temple du Dieu vivant * ; tu fais partie de ma substance^; je dois te sacrifier comme moi pour te s^mctifier, pour te glorifier avec moi. Si je te fais part de ma croix *, c'est pour te donner part à ma gloire, c'est pour te faire entrer de l'Église militante dans l'Église triomphante, c'est afin que la substance spirituelle de ton être fasse un bel efi'et dans le temple vivant que je construis. Le zèle de
1 Méd. XIL
*2 Cor. 6, 16.
3 Hebr. 3, Ift.
^Hom. 8,17; Col. 1,24.
QUATOBZIEME MÉDITATION. 191
la maison de Dieu me dévore ; je brûle d'ardeui pour la gloire de mon Père : je ne puis rien faire de trop grand, de trop saint, de trop superbe pour lui. Les tièdes, les lâches me désolent; ils n'entrent point comme ils doivent dans qies desseins; ils ne travaillent point à leur bonheur et à la gloire de mon ouvrage. Je serai obligé de les vomir *, comme n'étant point propres à former mon corps. Que le juste se justifie encore, que le saint continue de se sanctifier : je veux achever bientôt mon Église et i^endre à chacun selon ses œuvres ^,
21. La troisième qualité^ celle qui maintenant a le plus de rapport aux hommes, et principalement aux pécheurs, c'est la qualité de médiateur^. Personne ne vient à mon Père que par moi*. C'est en vain que les pécheurs se tournent vers le ciel; la pluie de la grâce ne tombe point sur eux que je ne m'en mêle. Dieu n'écoute point les pécheurs; autrement la religion serait fausse' ; je serais mort inutilement; et comme les justes tombent souvent, il faut aussi qu'ils m'aient pour leur avocat auprès du Père •. Ils peuvent, il est vrai, mériter sans cesse de nouvelles grâces par la force de leur foi et de leur charité ; mais si je les abandonnais aux secours ordinaires que Dieu leur donne en conséquence de l'état où ils sont, ils manqueraient souvent de fidélité et de persévérance. Il faut que je m'applique à eux, que je prévienne leur chute, que je compatisse à leur faiblesse; car, quoique comblé de gloire, je ne suis pas un pontife insensible à leurs maux 7; j'entre dans leurs besoins, je souffre dans leurs persécutions,
1 Apoc, 3, 16.
>/6iV/., 22, 11, 12.
• 1 Tim, 2, 5.
^ Joan. 16, 6.
» Galat. 2, 21.
• 1 Joan, 2, 1.
' Hebr, U, 15.
192 MEDITATIONS CDRETIENNES.
je sens leur misère autâut que ma condition présente me le permet. Comme souverain prêtre des vrais biens ^, je suis toujours en présence de celui qui habite le Saint des saints, et là j'offre l'encens de tes prières ; mais je les purifie,, je les sanctifie par les miennes, je les rends dignes d'être exaucées, parce que je suis entré dans le ciel après avoir rompu le voile ^ et sacrifié la victime qui pouvait seule te donner libre accès auprès de mon Père.
22. Considère-moi donc, mon cher fils, selon les trois qualités que je porte, d'architecte du temple vivant, de chef d'où se répand dans l'Église l'esprit qui la vivifie, de médiateur entre Dieu et les hommes. Invoque-moi sans cesse selon ces trois qualités, et conduis-toi de manière que moi, comme sage architecte, je te fasse entrer dans mon édifice ; comme chef de l'Église, je te rende parfait, je te comble de gloire ; comme médiateur entre Dieu et les hommes, je t'obtienne le pardon de tes péchés et une grâce assez abondante pour te conduire sûrement à la possession des vrais biens. Il y a, mon fils, assez de temps que tu me réjouis par l'attention de ton esprit ; ouvre-moi maintenant un peu ton cœur.