‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 116 sur 241 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

sions; elles n'irritent point la concupiscence; enfin elles laissent à Tesprit toute la liberté de penser à ce qu'il lui plaît. Ainsi on peut s*en servir envers les enfants pour les retenir dans leur devoir ou dans l'apparence de leur devoir.

Mais s'il est quelquefois utile d'effrayer et de punir les enfants par des châtiments sensibles, il ne faut pas conclure qu'on doive les attirer par des récompenses sensibles, il ne faut se servir de ce qui touche les sens avec quelque force que dans la dernière nécessité. Or, il n'y en a aucune de leur donner des récompenses sensibles et de leur représenter ces récompenses comme la fin de leurs occupations. Ce serait au contraire corrompre toutes leurs meilleurs actions et les porter plutôt à la sensualité qu'à la vertu. Les traces des plaisirs qu'on a une fois goûtés demeurent fortement imprimées dans l'imagination; elles réveillent continuellement les idées des biens sensibles; elles excitent toujours les désirs importuns, qui troublent la paix de l'esprit; enfin elles irritent la concupiscence en toutes rencontres, et c'est un levain qiii corrompt tout; mais ce n'est pas ici le lieu d'expliquer ces choses comme elles le méritent.

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