‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 128 sur 241 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

de Là Gerda, un peu long et un peu ennuyeux, dans lequel cet auteur a ramassé différentes autorités sur ce sujet, comme sur une question bien importante. Voici ses paroles sur le second chapitre de resuri^ecdone camù, deTertullien.

Quœstio hœc in scholis utnnque validis suspicionibus agitatur, num animam immortalcm, mortalemve fecei'it Aristoteles. Et quidemphilosophihaudignobiles asseveraverunt An'stotelem posuisse nosfros animos ab inteintu aliénas, Hi sunt e grœcis et laiinis interpretibm^ Ammonius uterque, Olympiodorus^ PhiloponuSy Simplicius^ Avicenna, utimemorat Mirandula lib, 4 de examine vanitatis cap. 9 ; Théodorus, MetochyteSy Themisdus, sanctus Thomas 2, contra génies cap, 19, etphys. lect, 12, et prœterea 12, Metaph. lect, 2, et quodlib, iO,quœst, 5, art, 1 ; Albertus, tract. 2, de anima cap, 20, et tract, 3, cap, 13 ; yEgidius lib. 3 de anima ad cap. A\Durandus in 2, dist, 18, quœst, 3; Fei^rarius loco citato contra gentes, et latè Eugnbinus lib, 9, de perenni pkilosophia cap, 18, et qnod pluris est^ dtscipuhis Aristotelis, Theophrastus, magistri mentem et ore et calamo novisse penitus qui polerat.

In contrariam factionem abiere n^nnulli patres, nec in-fimi philosophi, Justinus in sua Parœnesi, Origenes in «pfXococpou, et ut fertur Nazianz., in disp, contra Eunom, et Nyssenus lib. 2, de anima cap, 4, Theodoretus de cu" randis Grœcorum affectibus lib. 3. Galenus in historia philosophica, Pomponatius lib. de immortalitate animœ, Simon Portius lib. de mente humanœ, Cajetanus 3, de anima cap, 2. Jn eum sensum, ut caducum animum nostrum putaret Aristoteles, sunt partim adducti ab Alexandro Aphodis auditore, qui sic solifus erat interpretari Aristotelicam mentem ; quamvis Evgubinus cap, 21 ^/22 eum excuset. Et quidem unde collegisse videtur Alexander mortalitatem nempe ex 12. Metaph, inde sanctus Thomas, Theodorus, Metochytes immor talitatem collegerunt.

2 48 RECnERCDE DE LA \ERITE.

Porro Tertuliianum neutram hanc opinionem amplexum credo ; sed putasse m hac parte ambiyuum Aristotelem. Itaque ita cilat illum pro utroque, Nam cum hic ascribai Arisloteli mortalitatem ûnimœ, tamen lit, de anima cap, 6 pro contraria opinione immortalitatis citât. Eadem mente fuit Plutarchus^ pro utraque opinione advocans eumdem philosopimm in lit. 5 de placitis philosopha Nam cap. i mortalitatem triàuit, et cap. 25 immortalitatem. Ex Scholisticis etiam^ qui in neutram partem Aristotelem constantem judicant, sed dubiwn et ancipitem^ sunt Scotus in 4, dist, 43, quœst. 2, art, 2 \Harvem quodlib. 1, quœst, 11 et i, sentent, dist, 1, quœst, 1 ; Niphus in opu' sculo De immortalitate animœ, cap, i , et 7*ecentes alii interprètes : quam mediam existimationem credo veriorem, sed scholii lex vetatut auctoritatum pondère librato illud suadeam.

On donne toutes ces citations pour vraies sur la foi de ce commentateur, parce qu'on croirait perdre son temps à les vérifier, et qu'on n'a pas tous ces beaux livres d'où elles sont tirées. On n'en ajoute point aussi de nouvelles, parce qu'on ne lui envie point la gloire de les avoir bien recueillies, et que l'on perdrait encore bien plus de temps, si on le voulait faire, quand on ne feuilletterait pour cela que les tables de ceux qui ont commenté Aristote.

On voit donc, dans ce passage de La Gerda, que des personnes d'étude qui passent pour habiles, se sont bien donné de la peine pour savoir ce qu'Aristote croyait sur Timmortalité de l'âme; et qu'il y en a qui ont été capables de faire des livres exprès sur ce sujet, comme Pomponace : car le principal but de cet auteur dans son livre est de montrer qu'Aristote a cru que Tâme était mortelle. Et peut-être y a-t-il des gens qui ne se mettent pas seulement en peine de savoir ce qu'Aristote a cru sur ce sujet, mais qui regardent

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