‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 141 sur 241 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

X. Des esprits efféminés. — IL Des esprits superficiels. — III. Des personnes d'autorité. — IV. De ceux qui font des expériences.

Ce que nous venons de dire suffit, ce me semble, pour reconnaître en général quels sont les défauts d'imagination des personnes d*étude et les erreurs auxquelles ils sont le plus sujets. Or, comme il n'y a guère que ces personnes-là qui se mettent en peine de chercher la véiité et même que tout le monde s'en rapporte à eux, il îsemble qu'on pourrait finir ici celte seconde partie. Cependant, il est à propos de dire encore quelque chose des erreurs des autres hommes parce qu'il ne sera pas inutile d'en être averti.

I. Tout ce qui flatte les sens nous touche extrêmement, et tout ce qui nous touche nous applique à proportion qu'il nous touche. Ainsi ceux qui s'abandonnent à toutes sortes de divertissements très-sensibles et très- agréables ne sont pas capables de pénétrer des vérités qui renferment quelque difficulté considérable, parce que la capacité de leur esprit, qui n'est pas infinie, est toute remplie de leurs plaisirs, ou du moins elle en est fort partagée.

La plupart des grands, de gens de cour, des personnes riches, des jeunes gens et de ceux qu'on appelle beaux esprits, étant dans des divertissements continuels et n'étudiant que l'art de plaire par tout ce qui

Page 1