‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 24 sur 241 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

I. Des causes occasionnelles de l'erreur, et qu'il y en a cinq principales. — II. Dessein général de tout l'ouvrage, et dessein particulier du premier livre.

Nous venons de voir qu'on ne tombe dans Terreur que parce que Ton ne fait pas l'usage qu'on devrait faire de sa liberté; que c'est faute de modérer l'empressement et l'ardeur de la volonté pour les seules apparences de la vérité, qu'on se trompe, et que Terreur ne consiste que dans un consentement de la volonté qui a plus d'étendue que la perception de l'entendement, puisqu'on ne se tromperait point si Ton ne jugeait simplement que de ce que Ton voit.

I. Mais, quoiqu'à proprement parler il n'y ait que le mauvais usage de la liberté qui soit cause de Terreur, on peut dire néanmoins que nous avons beaucoup de facultés qui sont cause de nos erreurs, non pas causes véritables, mais causes qu'on peut appeler occasionnelles. Toutes nos manières d'apercevoir nous sont autant d*occasions de nous tromper. Car puisque nos faux jugements renferment deux choses, le consentement de la volonté, et la perception de l'entendement; il est bien clair que toutes nos manières d'apercevoir nous peuvent donner quelque occasion de nous tromper, puisqu'elles nous peuvent porter à des consentements précipités!

Or, parce qu'il est nécessaire de faire d'abord sentir

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