‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 55 sur 241 · III · texte numérisé non relu

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80 RECUEUCHE DE LA VEBITE.

de ces fibres, qui sont dans le cerveau, sont aussi remuées. Si le mouvement des fibres de la main est modéré, celui des fibres du cerveau le sera aussi ; et si ce mouvement est assez violent pour rompre quelque <îhose sur la main, il sera de même plus fort et plus violent dans le cerveau.

De même, si on approche sa main du feu, les petites parties du bois qu'il pousse continuellement en fort grand nombre et avec beaucoup de violence, comme la raison le démontre au défaut- de la vue, viennent heurter contre ces fibres et leur communiquent une partie <le leur agitation. Si cette action est modérée, celle des extrémités des fibres du cerveau, qui répondent à la main, sera modérée ; et si ce mouvement est assez violent dans la main pour en séparer quelques parties, •comme il arrive quand on se brûle, le mouvement des fibres intérieures du cerveau sera, à proportion, plus fort et plus .violent. Voilà ce qu'on peut concevoir qui arrive à notre corps quand les objets nous frappent. Il faut maintenant voir ce qui arrive à notre âme.

V. Elle réside principalement, s'il est permis de le ^ire ainsi, dans cette partie du cerveau où tous les filets de nos nerfs aboutissent; elle y est pour entretenir et pour conserver toutes les parties de notre -corps ; et, par conséquent, il faut qu'elle soit avertie de tous les changements qui y arrivent, et qu'elle puisse distinguer ceux qui sont conformes à la constitution de son corps d'avec les autres, parce qu'il lui serait inutile de les reconnaître absolument et sans ce rapport à son corps. Ainsi, quoique tous ces changements de nos fibres ne consistent, selon la vérité, que dans des mouvements qui ne diffèrent ordinairement que du plus et du moins, il est nécessaire que l'àme les regajde comme des changements essentiellement différents ■car encore qu'en eux-mêmes ils ne diffèrent que très-

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