‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 8 sur 241 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

nion de Tesprit avec le corps. On prétend en plusieurs endroitsfâire sentir à l'esprit sa servitude et la dépendance où il est de toutes les choses sensibles, afin qu'il se réveille de son assoupissement et qu'il fasse quelques efforts pour sa délivrance.

On ne se contente pas d'y faire une simple exposition de nos égarements, on explique encore en partie la nature de l'esprit; on ne s'arrête pas, par exemple, à faire un grand dénombrement de toutes (es erreurs particulières des sens, ou de l'imagination, mais on s'arrête principalement aux causes de ces erreurs. On montre tout d'une vue, dans l'explication de ces facultés et des erreurs générales dans lesquelles on tombe, un nombre comme infini de ces erreurs particulières dans lesquelles on peut tomber. Ainsi le sujet de cet ouvrage est l'esprit de l'homme tout entier : on le con^^ sidère en lui-même, on le considère par rapport aux corps et par rapport à Dieu ; on examine la nature de toutes ses facultés, on marque les usages que l'on en doit faire pour éviter Terreur; enfin on es^plique la plupart des choses que l'on a cru être utiles pour avancer dans la connaissance de l'homme.

La plus belle, la plus agréable et la plus nécessaire de toutes nos connaissances est sans doute la connaissance de nous-mêmes. De toutes les sciences humai* nés, la science de l'homme est la plus digne de l'homme. Cependant cette science n'est pas la plus cultivée ni la plus achevée que nous ayons : le commun des* hommes la néglige entièrement. Entre ceux même qui se piquent de science, il y en a très-peu qui s'y appliquent, et il y en a encore beaucoup moins qui s'y appliquent avec succès. La plupart de ceux qui passent pour habiles dans le monde ne voient que fort confusément la différence essentielle qui est entre l'esprit et le corps. Saint Augustin même, qui a si bien III. b

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