‹ Œuvres de Malebranche: collationnée sur les meilleurs textes et précédé d'une introductionChapitre 7 sur 241 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

gustin ^ Ce qu'il y a de visible ou de sensible dans Jésus-Christ ne mérite nos adorations qu'à cause de l'union avec le Verbe, qui ne peut être l'objet que de l'esprit seul.

Il est absolument nécessaire que ceux qui se veulent rendre sages et heureux soient entièrement convaincus et comme pénétrés de ce que je viens de dire. Il ne suffit pas qu'ils me croient sur naa parole ni qu'ils en soient persuadés par l'éclat d'une lumière passagère : il est nécessaire qu'ils le sachent par mille expériences et . mille démonstrations incontestables : il faut que ces vérités ne se puissent jamais effacer de leur esprit, et qu'elles leur soient présentes dans toutes leurs études et dans toutes les autres occupations de leur vie.

Ceux qui prendront la peine de lire avec quelque application l'ouvrage que l'on donne présentement au public entreront, si je ne me tromqe, dans cette disposition d'esprit; car on y démontre en plusieurs manières que nos sens, notre imagination et nos passions nous sont entièrement inutiles pour découvrir la vérité et notre bien; qu'ils nous éblouissent au contraire et nous séduisent en toutes rencontres, et généralement que toutes les connaissances que l'esprit reçoit par le corps ou à cause de quelques mouvements qui se font dans le corps sont toutes fausses et confuses par rapport aux objets qu'elles représentent, quoiqu'elles soient très-utiles à la conservation du corps et des biens qui ont rapport au corps.

On yxombat plusieurs erreurs, et principalement celles qui sont les plus uiversellement reçues ou qui sont cause d'un plus grand dérèglement d'esprit ; et l'on fait voir qu'elles sont presque toutes des suites de l'u- *

* Tr, in Joan, -

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