‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 14 sur 33 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

priment Dieu ou divinisent le monde, parce qu'ils ne peuvent expliquer le rapport de d&os. principes et le parfait produisant l'imparfait, sans nécessité, sans utilité ; toutes ces doctrines résolvent ce problème à leur manière, en essayant de le nier ou de le dissimuler, mais il n'en subsiste pas moins, et il subsistera toujours à la confusion de la philosophie, tant que les hommes voudront connaître le pourquoi des causes premières. Les uns, attachés à la terre par la bassesse de leurs penchants et la faiblesse de leur vue, aiment mieux ne pas en sortir ; d'autres, du premier cpup, élevés à la conception de Dieu, ne savent pas redescendre, et sacrifient Ja conséquence au principe. L'école d'Alexandrie, à moitié platonicienne, et qui, commençant parla dialectique, peut bien mépriser le monde, mais ne saurait le nier, croit proclamer une imperfection de Dieu en disant que, si l'imparfait n'était pas sorti du parfait, la perfection même aurait été plus parfaite ; mais elle ne proclame que sa propre faiblesse, la faiblesse et l'incurable orgueil de l'esprit humain. Malebranche, à qui le dogme chrétien devait apprendre à ne pas tenter Dieu et à respecter les mystères, tantôt humilie son orgueil, et tantôt, poussé par le besoin de tout expliquer et de tout comprendre, entrevoit la même pensée qui frappa les néo-platoniciens ; et le philosophe chrétien du xvii* siècle est-il bien loin de l'école d'Alexandrie, quand il confesse, dans une de ses méditations ^,

< Dix-neuvième Méd,, 5.

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