XX INTRODUCTION
de sa nalure. Dieu, dit-il, se glorifie de ses perfections, et il ne peut pas ne pas les exprimer dans ses ouvrages. Le monde exprime d'autant plus les perfections de Dieu, que tout s'y accomplit par des voies plus simples, et qu'un même principe y a des conséquences plus nombreuses. Dieu ne veut pas le mal ; il veut le bien par la voie la plus simple possible. Il ne veut pas la mort du juste ; mais il veut, en général, que telle loi qui cause sa mort s'accomplisse toujours, parce qu'elle importe à la sagesse et à la régularité de son gouvernement. Il s'est imposé à lui-même, dès le commencement, des lois qu'il ne peut changer, parce qu'il ne peut se repentir. La stabilité du monde dépend de la permanence de ses volontés, et ses* volontés ne changeront point, parce qu'il aime son Verbe d'un amour nécessaire, et, dans la substance de son Verbe, les intelligibles et les archétypes du monde qui y sont renfermés.
Pourquoi Dieu a-t-il fait le monde? Eternel écueil de tous les systèmes ! Dieu se suffit à luimême ; il est parfait ; il ne peut dépendre de ses créatures, ni pour son bonheur, ni pour sa gloire. Les manichéens, qui font du monde un principe, et l'opposent éternellement à Dieu ; les sociniens, qui nient la création, et, tout en maintenant la dépendance du monde, lui accordent l'éternité ; les éléates, qui n'admettent que Dieu tout seul, par l'impossibilité d'expliquer la nécessité ou l'utilité du monde ; les panthéistes et les athées, qui sup-