‹ Œuvres de Malebranche (volume 2)Chapitre 7 sur 33 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

substances, de cette impossibilité d'influence et d'action réciproque, il ne s'ensuit pas seulement que les mouvements du corps propre ne sont pas le résultat des affections de l'âme ; il s'ensuit que les conceptions et les perceptions de l'âme ne sont pas le résultat d'impressions faites sur les organes par les objets extérieurs. Par là notre âme, livrée à elle-même, se trouve rejetée dans une solitude profonde, privée à la fois d'action et de réaction, ne pouvant ni mouvoir les corps ni recevoir d'eux, par la voie directe» l'avertissement de leur présence. En exagérant la portée de la proposition fondamentale de Descartes, en s'appuyant sur ses définitions, en continuant de séparer de plus en plus le mondecorporel et le monde spirituel, en transformant une difficulté en impossibilité, Malebranche isole la nature humaine, anéantit sa puissance ; et, bientôt réduit à nier les faits et l'évidence même, ou à rejeter ses propres déductions, il sort de ce dilemme embarrassant par sa double hypothèse de la vision en Dieu et des causes occasionnelles dont sa théorie de la grâce est le complément et l'auxiliaire. Ainsi la méthode de Malebranche accomplit tout son système en deux pas : d'abord elle creuse un abîme infranchissable par les facultés de l'homme, entre l'homme et toute substance étrangère ; ensuite, elle explique la connaissance de Dieu et de tout le reste par notre union avec Dieu ; l'action sur le monde, et en général toute action humaine^ par l'intervention divine, c'est-à-dire

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