‹ Œuvres de Malebranche (volume 4)Chapitre 60 sur 117 · DE L*£SPB1T PUB. — II* PARTIE · texte numérisé non relu

DE L*£SPB1T PUB. — II* PARTIE

renoe. Us oonnaisBent Tordre et les vérités éternelles , et même les ôtres que Dieu a laits selon ces vérités ou selon l'ordre, par Tunion que ces esprits <mt nécessairement avec le Verbe , ou la sagesse de Dieu qui les éclaire , comme on vient de l'expliquer. Mais c'est par Timpreasion qu'ils reçoivent sans cesse de la volonté de Dieu , lequel les porte vers lui , et tâche, pour ainsi dire, de rendre leur volonté entièrement semblable à la siennne , qu'ils connaissent que l'ordre immuable est leur loi indispensable; ordre qui comprend ainsi toutes les lois éternelles , comme qu'il faut aimer le bien et fuir le mal; qu'il faut aimer la justice plus que toutes les richesses; qu'il vaut mieux obéir à Dieu que de commander aux hommes, et une infinité d'autres lois naturelles. Car la connaissance de toutes ces lois ou de lobligation qu'ils ont de se conformer à Tordre immuable n'est pas différente de la connaissance de celte impression qu'ils sentent toujours en eux-mêmes, quoiqu'ils ne la suivent pas toujours par le choix libre de leur volonté , et qu'ils savent être commune à tous les esprits , quoiqu'elle ne soit pas également forte dans tous les esprits.

C'est par cette dépendance, par ce rapport, par cette union de notre esprit au Verbe de Dieu et de notre volonté à son amour, que nous sommes faits à l'image et à la ressemblance de Dieu ; et quoique cette imag9 soit beaucoup effacée par le péché , cependant il est nécessaire qu'elle subsiste autant que nous. Mais , si nous portons l'image du Verbe humilié sur la terre , et si nous suivons les mouvements du Saint-Esprit, cette image primitive de notre première création , cette union de notre esprit au Verbe du Père et à Tamour du Père et du Fils, sera rétablie et rendue ineffaçable. Nous serons semblables à Dieu , si nous sommes semblables à Thomme- Dieu. Enfin Dieu sera tout en nous et nous tout en Dieu d'une manière bien plus parfaite que celle par laquelle il est nécessaire, afin que nous subsistions , que nous soyons en lui et qu'il soit en nous '.' Voilà quelques raisons qui peuvent faire croire que les esprits aperçoivent toutes choses par la présence intime de celui qui comprend tout dans la simplicité de son être. Chacun en jugera selon

■ V07. les Eclaire.; la Réponu au livre da vraiet et des fautses idées; la première Lettre contre la défense opposée À cette Réponse; les deux prenlert IFfifr. sur la Met.; la Réponse à M. Régis, etc. Vous trouverez pcul-élre là mon seotiment plus clairement démontré.

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la conviction intérieure qu'il en recevra après y avoir sérieusement pensé. Mais on croit qu'il n'y a aucune vraisemblance dans toutes les autres manières d'expliquer ces choses, et que cette dernière paraîtra plus que vraîsemblidt)Ie ; ainsi nos âmes dépendent de Dieu en toutes façons. Car de même que c'est lui qui leur fait sentir la douleur, le plaisir et toutes les autres sensations, par l'union naturelle qu'il a mise entre elles et notre corps , qui n'est autre que son décret et sa volonté générale , ainsi c'est lui qui , par l'union natu relie qu'il a mise aussi entre la volonté de l'homme et la représen* tation des idées que renferme l'immensité de l'être divin , leur feit connaître tout ce qu'elles connaissent, et cette union naturelle n'^t aussi que sa volonté générale. De sorte qu'il n'y a que lui qui nous puisse éclairer en nous représentant toutes choses , de même qu'il n*y a que lui qui nous puisse rendre heureux en nous faisant goûter toutes sortes de plaisirs.

Demeurons donc dans ce sentiment, que Dieu est le monde intelligible ou le lieu des esprits , de même que le monde matériel est le lieu des corps; que c'est de sa puissance qu'ils reçoivent toutes leurs modifications; que c'est dans sa sagesse qu'ils trouvent toutes leurs idées , et que c'est par son amour qu'ils sont agités de tous leurs mouvements réglés; et parce que sa puissance et son amour ne sont que lui , croyons avec saint Paul qu'il n^est pas loin de chacun nous, et que c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être. Non longe est àb unoquoque nostruni; in ipso enim vMmus, movemur et sumus '.

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