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sir sensible est à Fégard de notre bien ce que nos sensations sont à l'égard de la vérité , et que , de même que nos sens nous trompent touchant ta vérité, nos passions nous trompent touchant notre bien ; que l'on doit se rendre à la délectation de la grâce , parce qu'elle nous porte avec évidence à l'amour du vrai bien , qu'elle n'est point suivie des reproches secrets de la raison, comme l'instinct aveugle et le plaisir confus des p^ssions , et qu'elle est toujours accompagnée d'une secrète joie conforme à l'état dans lequel nous sommes ; qu'enfin , n'y ayant que Dieu qui puisse agir dans l'esprit de l'homme , l'homme ne peut trouver de félicité hors de Dieu, si on ne suppose ou que Dieu récompense la désobéissance, ou qu'il commande d'aimer davantage ce qui mérite le moins d'être aimé.