‹ Œuvres de MalebrancheChapitre 92 sur 145 · Méd. XII, XIII, XIV, etc · texte numérisé non relu

Méd. XII, XIII, XIV, etc

2. Traité de la Natnre et de la Grâce, deuxième partie 4n second discoifr*<

vol. si, dans le moment de la grâce, la présence d'un enfant n'avait réveillé Tamour paternel, ou quelqu'autre objet une autre passion endormie.

21 . Or, si le salut dépend de la combinaison de la grâce avec la nature, il faut que les hommes s'appliquent à faire servir l'une à l'autre, afin que Dieu leur donnant peu de grâces, il opère néanmoins beaucoup en eux; afin que Dieu construise, pour ainsi dire, son ouvrage à moins de frais ; en un mot alin qu'il agisse par les voies les plus simples, ou de la manière la plus sage, la plus uniforme, la plus régulière. Car, enfin , quoique Dieu veuille sauver tous les hommes, il ne sauvera effectivement que ceux qui pourront être sauvés. Dieu agissant comme il doit agir selon les règles incompréhensibles de sa sagesse.

22. Le dessein de Dieu dans son Église, c'est de i^ire un ouvrage digne de lui; Il veut que son Église soit ample, car il veut que tous les hommes soient sauvés *. îl veut qu'elle soit belle , cai* la mnctification des hommes est ce qu'il souhaite le plus^. Dieu aime donc la grandeur et la beauté de son ouvrage, mais il alnie davantage les règles de sa sagesse. Il veut sauver tous les hommes, mais il ne sauvera que ceux (ju'il peut sauver , agissant comme il doit agir. C'est aux hommes à suivre ses voies. Dieu ne changera pas pour eux l'ordre , l'uniformité , la régularité de sa conduite. Il faut qiie l'action d'un Dieu porte le caractère deô attributs divins.

23. Ainsi, mon cher disciple, tâche dé faire servir la nature à la grâce si tu veux assurer ton salut. Évite avec soin tous les objeté qui excitent les passions ; fuis les plaisirs des sens , tu ne peux les goûter éans en devenir esclave, et tu peux les mépriser avant que de les avoir goûtés. Évite la compagnie des débauchés; crains celle des grands ; fuis les esprits contagieux et les faux savants. Parle peu; écoute peu les hommes; rentre souvent en toi-même ; prie sans cesse ; et , afin que tu sois constant et fidèle danè tes exercices de piété , ne t'attends point que je t'excite incessamment à les faire; mais fais-toi une loi inviolable de rétraite et de prières à certaines heures du jour , afin que le son ' de l'heure venue suffise pour réveiller tes bonnes habitudes, les habitudes te disposent à la prière, et qu'ainsi faisant servir la nature â là grâce, du moins les pensées de prier te viennent éh l'esprit par les lois générales et ordinaires et sans que Dieu agisse en toi d'une manière particulière.

24. Je comprends bien, mon souverain maître, que pour venir à bout de ses desseins, quels qu'ils puissent être, il ne faut pas

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