INSCRIPTION
pour le portrait de Cassandre, maîtresse de Ronsard.
L*art , la nature exprimant , En ce portrait m'a îaix. telle :
Si n'y suis-je pas si belle Qu'aux écrits de mon amant.
FRAGMENT
pour madame la marquise de RamIx>uUle(.
Et maintenant encore , en cet âge penchant >
■ Le connétable de Luyues.
> Il est À remarquer que ce sont les seuls vers que Malherbe ait fait» en rimes plates. (Men.) .
150 SONNETS ET ÉPlGRAM.\f£S.
OÙ mon peu de lumière est si près du couchant ,
Quand je verrais Hélène , au monde revenue
En l'état glorieux où Paris Fa connue,
Faire à toute la terre adorer ses appas ,
N*en étant point aimé , Je ne l'aimerais pas.
Cette belle bergère , à qui les destinées
Semblaient avoir gardé mes dernières années ,
Eut en perfection tous les rares trésors
Qui parent un esprit et font aimer un corps :
Ce ne furent qu'attraits , ce ne furent que charmes;
Sitôt que je la vis , je lui rendis les armes ;
Un objet si puissant ébranla ma raison ;
Je voulus être sien , j'entrai dans sa prison ,
Et de tout mon pouvoir essayai de lui plaire ,
Tant que ma servitude espéra du salaire.
Mais comme j'aperçus l'infaillible danger
Où , si je poursuivais, je m'allais engager,
Le soin de mon salut m'ôta cette pensée ;
Teus honte de brûler pour une âme glacée ;
Et, sans me travailler à lui £adro pitié ,
Restreignis mon amour aux termes d'amitié.