TIAËE DU PSAUME XLIX
Sur les dispofiUioDs que rhomme doit apporter à la prière.
Le roi des cieux et de la terre
Descend au milieu des éclairs :
Sa voix , comme un bruyant tonnerre ,
S'est Mi entendre dans les airs.
Dieux mortels , «'est tous qu'il appelle. Il tient la balance étemelle Qui doit peser tous les humains :
Dans SCS yeux la flamme étincelle Et le glaive brille en ses mains.
Ministres de ses lois augustes , Esprits divins qui le servez , Assemblez la troupe des justes Que les œuvres ont éprouvés ; £t de ces serviteurs utiles Séparez les âmes serviles Dont le zèle , oisif en sa foi , Par des holocaustes stériles A cru satisfaire à la loi.
Allez , saintes intelligences, Exécuter ses volontés :
Tandis qu'à servir ses vengeances Les cieux et la terre invités , Par des prodiges innombrables Apprendront à ces misérables Que le jour fatal est venu Qui fera connaître aux coupables Le juge qu'ils ont méconnu.
Écoutez ce juge sévère , Hommes charnels , écoutez tous :
Quand je viendrai dans ma colère Lancer mes jugements sur vous , Vous m'alléguerez lés victimes Que sur mes autels légitimes Chaque jour vous sacrifiez ; Mais ne pensez pas que vos crimes Par là puissent être expiés.
Que m'importent vos sacrifices , Vos offrandes et vos troupeaux ?
Dku boit-il le sang des génisses ?
Mange-t'ii la chair des taureaux?
Ignorez-vous que son empire Embrasse tout ce qui respire Et sur la terre et dans les mers.
Et que son souffle seul inspire L'âme à tout ce vaste univers ?
Offrez , à l'exemple des anges , A ce Dieu votre unique appui y , Un sacrifice de louanges , Le seul qui soit digne de lui.
Chantez , d'une voix ferme et sûre , De cet auteur de la nature Les bienfaits toujours renaissants :
Mais sachez qu'une main impure Peut souiller le plus pur encens.
Il a dit à l'homme profane :
Oses-tu , pécheur criminel , D'un Dieu dont la loi te condamne Chanter le pouvoir étemel ; Toi qui , courant à ta ruine , Fus toujours sourd à ma doctrine , Et , malgré mes secours puissants , Rejetant toute discipline , N'as pris conseil que de tes sens ?
Si tu voyais un adultère , C'était lui que tu consultais :
Tu respirais le caractère Du voleur que tu fréquentais.
Ta bouche abondait en malice ; Et ton cœur, pétri d'artifice , Contre ton frère encouragé , S'applaudissait du précipice Où ta fraude l'avait plongé.
Contre une impiété si noire Mes foudres furent sans emploi; Et voilà ce qui t'a fait croire Que ton Dieu pensait comme toi.
Mais apprends , homme détestable , Que ma justice formidable Ne se laisse point prévenir.
Et n'en est pas moins redoutable Pour être tardive à punir.
Pensez-y donc , âmes grossières ; Commencez par régler vos mœurs.
Moins de faste dans vos prières , Plus dlnnocence dans vos cœurs.
Sans une âme légitimée Par la pratique conflrmée De mes préceptes immortels, Votre encens n'est qu'une fumée Qui déshonore mes autels.
ODE V