CANTATE VUI
C'est toi, divin Bacehus , dont je chante la gloire : Nymphes , faîtes silence, écodtez mes concerts.
Qu'un autre apprenne à l'univers Du fier vainqueur d'Hector la glorieuse histoire;
Qu'il ressuscite dans ses vers Des enfants de Péiops l'odieuse mémoire : Puissant dieu des raisins, digne objet de nos vœux ,
C'est à toi seul que je me livre ; De pampres , de festons, couronnant mes cheveux ,
En tous lieux je prétends te suivre ;
C'est pour toi seul que je veux vivre
Parmi les festins et les jeux .
Des dons les plus rares Tu combles les cieux : C'est toi qui prépares Le nectar des dieux.
La céleste troupe , * Dans ce jus vanté , Boit à pleine coupe L'immortalité.
Tu prêtes des armes Au dieu des combats ; Vénus sans tes charmes Perdrait ses appas.
Du fier Polyphèrae Tu domptes les sens ; Et Phébus lui-même Te doit ses accents.
Mais quels transports involontaires Saisissent tout à coup mon esprit agité ? Sur quel vallon sacré , dans quels bois solitaires
Suis-je en ce moment transporté ?
Bacchus à mes regards dévoile ses mystères. Un^mouvement confus de joie et de terreur
M'échauffe d'une sainte audace ;
Et les Ménades en fureur I^'ont rien vu de pareil dans les antres de Thrace.
Descendez, mère d'Amour ; Yei^^ez embellir la fête Du dieu qui fît la conquête Des climats où naît le jour.
Descendez , mère d'Amour ; Mars trop longtemps vous arrête.
Déjà le jeune Sylvain , Ivre d'amour et de vi n , Poursuit Doris dans la plaine ; £t les nymphes des forêts D'un jus pétillant et frais Arrosent le vieux Silène.
Descendez, mère d'Amour; Venez embellir la fête Du dieu qui fit la conquête Des climats où naît le jour.
Descendez , mère d'Amour; Mars trop longtemps vous arrête.
Profanes , fuyez de ces lieux ; Je cède aux mouvements que ce grand jour m'inspire. Fidèles sectateurs du plus charmant des dieux, Ordonnez le festin , apportez-moi ma lyre ; Célébrons entre nous un jour si glorieux. Mais , parmi les transports d'un aimable délire, Éloignons loin d'ici ces bruits séditieux.
Qu'une aveugle vapeur attire :
Laissons aux Scythes inhumains
Mêler dans leurs banquets le meurtre et le carnage; Les dards du Centaure sauvage
Ne doivent point souiller nos innocentes mains.
Bannissons Taf&euse Bellone De rinnocencc des repas :
Les Satyres , Bacchus , et Faune , Détestent Thorreurdes combats.
Malheur aux mortels sanguinaires Qui , par de tragiques foriiaits, • Ensanglantent les doux mystères D'un dieu qui préside à la paix !
Bannissons Fafi&euse Bellone De l'innocence des repas :
Les Satyres , Bacchus , et Faune, Détestent l'horreur des combats.
Veut-on que je fasse la guerre? Suivez-moi , mes amis ; accourez , combattez. Emplissons cette coupe, entourons-nous de lierre. Bacchantes , prêtez-moi vos thyrses redoutés. Que d'athlètes soumis ! que de rivaux par terre ! O fils de Jupiter , nous ressentons enfin
Ton assistance souveraine.
Je ne vois que buveurs étendus sur l'arène ,
Qui nagent dans des flots de vin.
Triomphe ! victoire !
Honneur à Bacchus !
Publions sa gloire.
Triomphe ! victoire !
Buvons aux vaincus.
Bruyante trompette , Secondez nos voix ,
Sonnez leur défaite.
Bruyante trompette , Chantez nos exploits.
Triomphe î victoire !
Honneur à fiacchus !
Publions sa gloire.
Triomphe ! victoire !
Buvons aux vaincus.