‹ OEuvres de Malherbe, poésie et prose;Chapitre 86 sur 124 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

pour maUre au bas da portrait dcTM. Despréaux.

La vérité par lui démasqua l'artifice ; Le faux dans ses écrits partout fut combattu ; Mais toujours au mérite il sut r^dre justice ; ¥x ses vers furent moins la satire du vice Que l'éloge de la vertu.

Que l'homme est bien durant sa vie Un parfait miroir de douleurs !

Dès qu'il respire , il pleure , il crie , Et semble prévoir ses malheurs.

Dans Tenfance, toujours des pleurs , Un pédant porteur de tristesse , Des livres de toutes couleurs , Des châtiments de toute espèce.

L'ardente et fougueuse jeunesse Le met encore en pire état :

Des créanciers , une maîtresse , Le tourmentent comme un forçat.

Dans l'âge mûr, autre combat :

L'ambition le sollicite ; Richesses, dignités , éclat , Soins de famille , tout Fagite.

Vieux , on le méprise , on l'évite ; Mauvaise humeur , infirmité , Toux , gravelle , goutte, pituite , Assiègent sa caducité.

Pour comble de calamité , Un directeur s'en rend le maître 11 meurt enfin peu regretté.

C'était bien la peine de naître !

FIN DES OEUYBES DE J. B. BOUSSEAU.

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