SA VIE ET SES OEUVRES, D'APRÈS DE NOUVEAUX DOCUMENTS
La vie de Marivaux ne nous semble pas avoir encore été cherchée, étudiée avec beaucoup de soin. On s'en est tenu de notre temps et même tout récenmient encore à ce qu'a dit Duviquet, dernier éditeur de ses Œtwres complètes, qui n'avait fait lui-môme, dans sa notice, que découper Y Eloge de Marivaux par d'Alembert; on a mis à contribution, pour arrondir l'emprunt, deux articles de Sainte-Beuve dans ses premières Causeries du lundi *, .où l'étude est du moins plus serrée, la recherche mieux fouillée, le sentiment de l'ensemble et des entours plus vivement compris et plus délicatement dégagé.
- Mais de tout cela il n'est pas sorti, croyons-nous, une notice suffisante, un Marivaux, tel que la curiosité d'à présent, si ardente à vouloir connaître les origines de toute œuvre célèbre, si friande de particularités intimes sur tout auteur resté bien en vue, peut à bon droit le désirer.
Ce grand homme des menus détails n'a pas encore livré ceux de sa vie. La cachotterie à petits mystères en est restée l'enveloppe à peine soulevée par quelque coin, comme elle avait été si souvent le voile délicat des intrigues dé ses pièces.
Nous allons tâcher de l'en tirer un peu plus qu'on ne l'a fait jusqu'à présent.
Ce ne sera pas facile ; malgré tout le soin que nous avons mis, en effet, à le chercher, Vinédity qui apporte des jours nouveaux, et qui seul est le vrai rajeunissement de tout sujet qui s'est usé, même sans avoir vieilli, nous a manqué presque entièrement. Les autographes de Marivaux sont à peu près aussi rares que ceux de Molière : nous n'en connaissons guère que trois ou quatre, et dont pas un seul n'est d'un intérêt ni bien vif ni bien lumineux.
Il a donc fallu, pour nous éclairer, courir autre part. C'est aux livres du temps, aux