ARLEQUIN, FRONTIN
ARLBQUIN.
Puisqu'il me paie des injures, voyez combien je
gagnerais avec lui, si je lui apportais des compli" ments... (// ekante.) Ta la la ra la ra.
FRONTIN
Voilà de jplies paroles que tu chantes là.
ARLBQUIN.
Je n'en sais point d'autres. Allons, divertis-moi; ton mattre t'a chargé de cela ; fais-moi rire.
FRONTIN
Veux-tu que je chante aussi?
Je ne suis pas curieux de symphonie.
FRONTIN
De symphonie ! Est-ce que tu prends ma voix pour un orchestre?
ARLBQUIN.
C'est qu'en fait de musique, il n'y a que le tambour qui me fasse plaisir.
FRONTIN
C'est-à-dire que tu es au concert, quand on bat la caisse.
ARLEQUIN
Oh! je suis à l'opéra.
FRONTIN
Tu as l'oreille martiale. Avec quoi te divertirai-je donc? Aimes-tu les contes des fées?
ARLEQUIN
Non; je ne me soucie ni de comtes ni de marquis.
FRONTIN
Parlons donc de boire.
ARLBQUIN.
Montre-moi donc le sujet du discours.
FRONTIN
Le vin, n'est-ce pas? On l'a mis au frais.
Qu'on l'en retire ; j'aime à boire chaud.
FRONTIN
Cela est malsain. Parlons de ta maltresse.
ARLEQUIN
Expédions la bouteille.
FRONTIN
Doucement! je n'ai pas le sou, mon garçon.
ARLEQUIN
Ce misérable! et du crédit?
FRONTIN
Avec cette mine-là, où veux-tu que j'en trouve? Mets-toi à la place du marchand de vin.
ARLBQUIN.
Tu as raison; je te rends justice; on ne saurait rien emprunter sur cette grimace-là.
FRONTIN
Il n'y a pas moyen, elle est trop sincère. Mais il y a un remède à tout; paie, et je te le rendrai.
ARLEQUIN
Tu me le rendras? Mets-toi à ma place aussi ; le croirais-tu?
FRONTIN
Non; tu réponds juste; mais paie en pur don, par galanterie; sois généreux.