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LA MÈRE CONFIDENTE, ACTE I, SCÈNE IX

ÀNGÉLIQUB.

Moi, je n'en lis jamais; et puis noire aventure est toute des plus simples.

MADAMB ARGANTB.

Tu verras, te dis-je ; tu es raisonnable, et c*est assez : mais Tas-tu vu souvent?

ANGÉLIQUE

Dix ou douze fois.

MADAME ARGANTB.

Le verras- tu encore?

Franchement, j*aurais bien de la peine à m*en empêcher.

MADAME ARGANTE

Je Vofifre, si tu le veux, de reprendre ma qualité de mère pour te le défendre.

ANGÉLIQUE

Non vraiment; ne reprenez rien, je vous prie. Ceci doit être un secret pour vous en cette quali lé-là, et je compte que vous ne savez rien; au moins vous me Tavez promis.

MADAME AHGANTE.

Oh I je te tiendrai parole ; mais puisque cela est si sérieux, peu s*en faut que je ne verse des larmes sur le danger où je te vois de perdre Festime qu'on a pour toi dans le monde.

ANGÉLIQUE

Comment donc? Teslime qu'on a pour moi! vous me faites trembler. Est-ce que vous me croyez capable de manquer de sagesse?

MADAME ARGANTE

Hélas! ma fille, vois ce que tu as fait; te serais- 1 tu crue capable de tromper ta mère, de voir à son iusu un jeune étourdi, de courir les risques de son indiscrétion et de sa vanité, de l'exposer à tout ce qu'il voudra dire, et de le livrer à l'indécence de tant d'entrevues secrètes, ménagées par une misérable suivante sans cœur, qui ne s'embarrasse guère des conséquences pourvu qu'elle y trouve son intérêt, comme elle l'y trouve sans doute? Qui t'aurait dit, il y a un mois, que tu t'égarerais jusque-là, Taurais-tu cru?

ANGÉUQUE, trittemeut.

Je pourrais bien avoir tort; voilà des réflexions que je n'ai jamais faites.

MADAME ARGANTE

Eh ! ma chère enfant, qui est-ce qui te les ferait faire ? Ce n'est pas un domestique payé pour le trahir, non plus qu'un amant qui met tout son bonheur à te séduire. Tu ne consultes que tes ennemis; ton cœur même est de leur parti. Tu n'as pour tout secours que ta vertu, qui ne doit pas être contente, et qu'une véritable amie comme moi, dont tu te défies; que ne risques-tu pas?

ANGÉLIQUE

Ah! ma chère mère, ma chère amie, vous avez raison, vous m'ouvrez les yeux, vous me couvrez de confusion. Lisette m'a trahie, et je romps avec

le jeune homme. Que je vous suis obligée de vos conseils!

LUBIN, ftilmiif, à madame Àrganie,

Madame, il viant d'arriver un homme qui demande à vous parler.

MADAMB ARGANTE, à Angélique.

En qualité de simple confidente, je le laisse libre. Je te conseille pourtant de me suivre, car lejeuDe homme est peut-être ici.

ANGÉLIQUE

Permettez-moi de rêver un instant, et ne vous embarrassez point; s'il y est, et qu'il ose paraître, je le congédierai, je vous assure.

MADAME ARGANTE

Soit; mais songe à ce que je t'ai dit. [EUe mu)

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