LA MERE CONFIDENTE, ACTE III, SCÈNE XIL
DORANTE
Quel respectable portrait me faites-^ous d'elle ! Tout amant que je suis, vous me mettez dans ses intérêts mêmes; je me range de son parti, et me regarderais comme le plus indigne des hommes, si j'avais pu détruire une aussi belle, aussi vertueuse union que la vôtre.
ANGÉLIQUE, à part.
Ah I ma mère lui dirai-je qui vous êtes?
DORANTE
Oui, belle Angélique, vous avez raison. Abandonnez-vous toujours à ces mêmes bontés qui m'étonnent, et que j'admire. Continuez de les mériter, je vous y exhorte. Que mon amour y perde ou non, vous le devez. Je serais au désespoir, si je l'avais emporté sur elle.
MADAME ARGANTE, après avoir rêvé quelque temps.
Ma fille, je vous permets d'aimer Dorante.
DORANTE
Vous, madame, la mère d'Angélique!
ANGÉLIQUE
C'est elle-même. En connaissez-vous qui fui ressemble?
DORANTE
Je suis si pénétré de respect.
MADAME ARGANTE
Arrêtez ; voici monsieur Ergaste.