‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1058 sur 1238 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

ERGASTE, LES précédents.

ERGASTE

Aladaine, quelques affaires pressantes me rappellent à Paris. Mon mariage avec Angélique était comme arrêté ; mais j'ai fait quelques réflexions ; je craindrais qu'elle ne m'épousât par pure obéissance, et je vous remets votre parole. Ce n'est pas

tout; j'ai un époux à vous proposer pour Angélique, un jeune homme riche et estimé. Elle peut avoir le cœur prévenu ; mais n'importe.

ANGÉLIQUE

Je vous suis obligée, monsieur; ma mère n'est pas pressée de me marier.

Mon parti est pris, monsieur; j'accorde ma fille à Dorante que vous voyez. Il n'est pas riche , mais il vient de me montrer un caractère qui me charme, et qui fera le bonheur d'Angélique. Dorante, je ne veux que le temps de savoir qui vous êtes.

{Dorante veut se jeter aux genoux de madame Argante,

qui le relève, ) ERGASTE.

Je vais vous le dire, madame; c'est mon neveu, le jeune homme dont je vous parle, et à qui j'assure tout mon bien.

MADAME ARGANTB.

Votre neveu I

ANGÉLIQUE, à Dorante^ à part.

Ah ! que nous avons d'excuses à lui faire 1

DORANTE

Eh! monsieur, comment payer vos bienfaits?

ERGASTE

Point de remerctments. Ne vous avais-je pas promis qu'Angélique n'épouserait point un homme sans bien? Je n'ai plus qu'une chose à dire ; j'intercède pour Lisette, et je demande sa grâce.

MADAME ARGANTE

Je lui pardonne. Que nos jeunes gens la récompensent; mais qu'ils s'en défassent.

LUBIN

Et moi, pour bian faire, faut qu'en me récompense, et qu'en me garde.

MADAltfE ARGANTJî:.

Je t'accorde les deux.

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