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SCÈNE VIII

ARAMINTE, DORANTE, MARTHON, LIÎRIN, UN DOMESTIQUE.

LUBIN

Me voilà, madame.

ARAMINTB.

Lubin, vous êtes à présent à monsieur; vous le servirez, je vous donne à lui.

LUBIN

Comment! madame, vous me donnez à lui?

Est-ce que je ne serai plus à moi? Ma personne ne m'appartiendra donc plus 7

MARTHON.

Quel benêt !

ARAMINTE

J'entends qu'au lieu de me servir, ce sera lui que tu serviras.

LUBIN, comme pleurant,

Je*ne sais pas pourquoi madame me donne mon congé; je n'ai pas mérité ce traitement, je l'ai toujours servie à faire plaisir.

ARAMINTB.

Je ne te donne point ton congé; je te payerai pour être à monsieur*

LES FAUSSES CONFmENCES, ACTE I, SCÈNE X.

LUBIN

Je représente à madame que cela ne serait pas juste : je ne donnerai pas ma peine d*un côté, pendant que l'argent me viendra d'un autre. Il faut que vous ayez mon service, puisque j'aurai vos gages; autrement je friponnerais madame.

ARAMINTB.

Je désespère de lui faire entendre raison.

MARTHON.

Tu es bien sot! Quand je t'envoie quelque part, ou que je te dis, Fais telle ou telle chose^ n'obéis-tu pas?

LUBIN

Toujours.

MARTHON.

Eh bien, ce sera monsieur qui te le dira comme moi, et ce sera à la place de madame et par son ordre.

LUBIN

Ah ! c'est une autre affaire. C'est madame qui donnera ordre à monsieur de souffrir mon service, que je lui prêterai par le commandement de madame.

MARTHON.

Voilà ce que c'est.

LUBIN

Vous voyez bien que cela méritait explication.

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