ARAMINTE, LE COMTE, MADAME ARGANTE
MARTHON.
LB COMTE, d*un ton railleur.
Ce qui est sûr, c'est que cet homme d'affaires-là est de bon goût.
ARAMINTE, ironiquement.
Oui, la réflexion est juste. Effectivement, il est fort extraordinaire qu'il ait jeté les yeux sur ce tableau.
lUDAME ARGANTE.
Cet homme-là ne m'a jamais plu un instant, ma fille; vous le savez, j'ai le coup d'œil assez bon, et je ne l'aime pas. Croyez-moi, vous avez entendu la menace que Dubois a faite en parlant de lui : j'y reviens encore; il faut qu'il ait quelque chose à en dire. Interrogez-le; sachons ce que c'est : je suis persuadée que ce petit monsieur-là ne vous convient point; nous le voyous tous, il n'y a que vous qui n'y prenez pas garde.
MARTUON, négligemment.
Pour moi, je n'en suis pas contente.
ARAMINTE, riant ironiquement.
Qu'est-ce donc que vous voyez, et que je ne vois point? Je manque de pénétration : j'avoue que je m'y perds. Je ne vois pas le sujet de me défaire d'un homme qui m'est donné de bonne main, qui est un homme de quelque chose, qui me sert bien,