LES FAUSSES CONFIDENCES, ACTE II, SCÈNE XII
et que trop bien peut-être : voilà ce qui n'échappe pa& à ma pénétration, par exemple.
ICADAMS ABOANTE.
Que vous êtes aveugle !
ARAHINTSy d*ttn air êouriant.
Pas tant; chacun a ses lumières. Je consens^ an reste, d'écouter Dubois; le conseil est bon, et je Fapprouve. Allez, Marthon, allez lui dire que je veux lui parler. S'il me donne des motifs raisonnables de renvoyer cet intendant assez hardi pour regarder un tableau^ il ne restera pas longtemps chez moi; sans quoi on aura la bonté de trouver bon que je le garde, en attendant qu'il me déplaise à moi.
MADAMB ARGANTE, vivement.
Eh bien! il vous déplaira; je ne vous en dis pas davantage^ en attendant de plus fortes preuves.
Quant à moi, madame^ j'avoue que j'ai craint qu'il ne me servit mal auprès de vous, qu'il ne vous inspirât l'envie de plaider; et j'ai souhaité par pure tendresse qu'il vous en détournât. Il aura pourtant beau faire, je déclare que je renonce à tout procès avec vous, que je neveux pour arbitre de notre succession que vous et vos gens d'affaires^ et que j'aime mieux perdre tout que de rien disputer.
MADAME AR6ANTB, d'tm ton décisif.
Mais où serait la dispute? Le mariage terminerait tout, et le vôtre est comme arrêté.
LE COMTE
Je garde le silence sur Dorante; je reviendrai simplement voir ce que vous pensez de lui; et si vous le congédiez^ comme je le présume, il ne tiendra qu'à vous de prendre celui que je vous offrais, et que je retiendrai encore quelque temps.
MADAME ARGANTB.
Je ferai comme monsieur, je ne vous parlerai plus de rien non plus; vous m'accuseriez de vision, et votre entêtement finira sans notre secours. Je compte beaucoup sur Dubois que voici, et avec lequel nous vous laissons.