‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1133 sur 1238 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LISETTE, PASQUIN, DAMON

DAXON.

Ah ! Lisette, je te trouve à propos.

LISETTE

Un peu moins que vous ne pensez. Ne me retenez pas, monsieur ; je ne saurais rester : votre homme sait les nouvelles, qu'il vous les dise.

PASQUIN, riant.

Ha, ha, ha. Ce n'est rien, c'est qu'elle a des ordres qui me divertissent. Madame Dorville s'emporte, et prétend que nous supprimions tout commerce avec elle; notre fréquentation dans le jardin n'est pas de son goût, dit-elle. Elle s'imagine que nous lui déplaisons, cette bonne femme 1

DAMON

Comment?

LISETTE

Oui, monsieur : voilà ce qui le réjouit; il n'est plus permis à Constance de vous dire le moindre mot. On vous prie de la laisser en repos; vous êtes proscrit; tout entretien nous est interdit avec vous ; et même, en vous parlant, je fais actuellement un crime.

UAMON, A Pasquin,

Misérable! et tu ris de ce qui m'arrive.

Oui, monsieur, c'est une bagatelle. Madame Dorville ne sait ce qu'elle dit, ni de qui elle parle. Je vous retiens ce soir à souper chez elle. Votre vin est-il bon, Lisette?

nAMON.

Tais-toi, faquin; tu m'indignes.

LISETTE, à part y à Damon,

Monsieur, ne lui trouvez-vous pas dans les yeux quelque chose d'égaré?

PASQUIN, à Damon, en riant.

Elle me croit timbre, n'est-ce pas?

LISETTE

Voici madame que je vois de loin se promener. Adieu, monsieur, je vous quitte, et je vais la joindre.

{Elle sort, Pasquin bat du pied sans parler.)

Page 1