PASQUIN, LISETTE
PASQUIN, à part.
Allons, modérons-nous.
LISETTE, d*iin air sérieux et triste.
Je te cherchais.
PASQUIIT, d*icit air souriant.
Et moi j'avais envie de te voir.
LISETTE
Regarde-moi bien, ce sera pour longtemps; j*ai ordre de ne te plus voir.
PASQUIN, d'tift air badin.
Ordre!
LISETTE
Oui, ordre, oui : il n'y a point à plaisanter.
PASQUIN, toujours riant.
Et dis-moi, auras-tu de la peine à obéir?
LISETTE
Et dis-moi, à ton tour, un animal qui me répond sur ce ton-là méri(e-t-il qu'il m'en coûte?
PASQUIN, toujours riant.
Tu es fâchée de ce que je ris?
LISETTE, le regardant,
La cervelle t'aurait-elle subitement tourné, par hasard?
PASQUIN
Point du tout, je n'eus jamais tant de bon sens; ma tète est dans toute sa force.
LISETTE
C'est donc la têle d'un grand maraud. Ah, l'indigne!
PASQUIN
Ah, quelles délices! Tu ne m'as jamais rien dît de si touchant.
LISETTE, U considérant,
La maudite race que les hommes! J'aurais juré qu'il m'aimait.
PASQUIN, riant.
Bon, t'aimer! je t'adore.
LISETTE
Écoute-moi, monstre, et ne réplique plus. Tu diras à ton maître, de la part de madame Dorvillc, qu'elle le prie de ne plus parler à Constance ; que c'est une liberté qui lui déplatt, et qu'il s'en abstiendra, s'il est galant homme : ce dont l'impudence du valet fait que je doute. Adieu.
PASQUIN
Oh ! j'avoue que je ne me sens pas d'aise, et cependant tu t'abuses : je suis plein d'amour, là, ce
qu'on appelle plein : mon cœur en a pour quatre, en vérité ; tu le verras.
LISETTE, s^arréiant.
Je le verrai? Que veux-tu dire?
PASQUIN
Je dis... que tu verras; oui, ce qu'on appelle voir... Prends patience.
LISETTE, comme à part.
Tout bien examiné, je lui crois pourtant l'esprit en mauvais état.