LA JOIE IMPRÉVUE, SCÈNE XII
DAMON
Quoi! Constance sera privée du plaisir de se promener, parce que j'arrive I
MADAME DORVILLB.
U n*est plus question de se voir, monsieur; j'ai des vues pour ma ûilc qui ne s'accordent plus avec de pareilles galanteries. (A Constance.) Retirezvous donc.
CONSTANCE
Voilà la première fois que vous me le dites.
(Elle part et retourne la tête,)
PASQUlN, à Damon,
Allons, vite, la lettre.
DAMON
Je suis si mortifié du trouble que je cause ici, que je ne songeais pas à vous rendre cette lettre,
madame. (// lui présente la lettre ^)
MADAME DORVILLE
A moi, monsieur; et de quelle part, s'il vous plaît?
DAMON
De mon père, madame.
PASQUIX.
Oui; d'un gentilhomme de votre ancienne connaissance.
LISETTE, à Pasquin pendant que madame DorvUle
ouvre le paquet.
Tu ne m'as rien dit de cette lettre.
PASQUIN, vite.
Ne t'abaisse point à parler à un fou.
MADAME DORVILLE, à part, en regardant Pasquin,
Ce valet n'est pas si extravagant, (i Damon.) Monsieur, cette lettre me fait grand plaisir; je suis charmée d'apprendre des nouvelles de monsieur votre père.
LISETTE, à Pasquin,
Je te fais réparation.
DAMON
Oserais-je me flatter que ces nouvelles me seront un peu favorables?
MADAME DORVILLE
Oui, monsieur; vous pouvez continuer de nous voir, je vous le permets; je ne saurais m'en dispenser avec le fils d'un si honnête homme.
LISETTE, à partf à Pasquin,
A merveille, Pasquin.
PASQUIN, à party ù Lisette,
Non ; j'extravague.
MADAME DORVILLE, à Damon,
Cependant, les vues que j'avais pour ma fille subsistent toujours, et plus que jamais, puisque je la marie incessamment.
DAMON
Qu'entends-je?
LISETTE, à part, ù Pasquin^ Je n'y suis plus.
PASQUIN
J y suis toujours.
MADAME DORVILLE
Suivez-moi dans cette autre allée, Lisette; j*ai à vous parler. (A Damon,) Monsieur, je suis voire servante.
DAMON, tristement.
Non, madame, il vaut mieux que je me retire
pour vous laisser libre. {Pasquin et Dawum sortent.)