‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1137 sur 1238 · M»« DORVILLE, LISETTE · texte numérisé non relu

M»« DORVILLE, LISETTE

LISETTE

Hélas ! vous venez de le désespérer.

MADAME DORVILLE

Dis-moi-le naturellement, ma fille a-t-elle de l'inclination pour lui?

L'SETTE

Ma foi, tenez, c'est lui qu'elle choisirait, si elle était sa mattresse.

MADAME DORVILLE

Il me parait avoir du mérite.

LISETTE

Si vous me consultez, je lui donne ma voix; je le choisirai pour moi.

MADAME DORVILLE

Et moi je le choisis pour elle.

Tout de bon?

MADAME DORVILLE

C'est positivement à lui que je destinais Constance.

USETTE.

Voilà quatre jeunes gens qui seront bien contents.

MADAME DORVILLE

Quatre I Je n'en connais que deux.

LISETTE

Si fait : Pasquin et moi nous sommes les deux autres.

MADAME DORVILLfe.

Ne dis rien de ceci à ma fille, non plus qu'à Damon, Lisette. Je veux les surprendre, et c'est aussi l'intention du père qui doit arriver incessamment, et qui me prie de cacher à son fils, s'il aime ma fille, que nous avons dessein d'en faire mon gendre. Il se ménage, dit-il, le plaisir de paraître obliger Damon en consentant à ce mariage.

LISETTE

Je vous promets le secret. Il faut que Pasquin soit instruit, et qu'il ait eu ses raisons pour m'avoir tu ce qu'il sait. Je ne m'étonne plus que mes injures l'aient tant diverti ; je lui ai donné la comédie, et je prétends qu'il me la rende.

MADAME DORVILLE

Rappelez Constance.

La voici qui vient vous trouver, et je vais vous aider à la tromper.

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