M»« DORVILLE, LISETTE
LISETTE
Hélas ! vous venez de le désespérer.
MADAME DORVILLE
Dis-moi-le naturellement, ma fille a-t-elle de l'inclination pour lui?
L'SETTE
Ma foi, tenez, c'est lui qu'elle choisirait, si elle était sa mattresse.
MADAME DORVILLE
Il me parait avoir du mérite.
LISETTE
Si vous me consultez, je lui donne ma voix; je le choisirai pour moi.
MADAME DORVILLE
Et moi je le choisis pour elle.
Tout de bon?
MADAME DORVILLE
C'est positivement à lui que je destinais Constance.
USETTE.
Voilà quatre jeunes gens qui seront bien contents.
MADAME DORVILLE
Quatre I Je n'en connais que deux.
LISETTE
Si fait : Pasquin et moi nous sommes les deux autres.
MADAME DORVILLfe.
Ne dis rien de ceci à ma fille, non plus qu'à Damon, Lisette. Je veux les surprendre, et c'est aussi l'intention du père qui doit arriver incessamment, et qui me prie de cacher à son fils, s'il aime ma fille, que nous avons dessein d'en faire mon gendre. Il se ménage, dit-il, le plaisir de paraître obliger Damon en consentant à ce mariage.
LISETTE
Je vous promets le secret. Il faut que Pasquin soit instruit, et qu'il ait eu ses raisons pour m'avoir tu ce qu'il sait. Je ne m'étonne plus que mes injures l'aient tant diverti ; je lui ai donné la comédie, et je prétends qu'il me la rende.
MADAME DORVILLE
Rappelez Constance.
La voici qui vient vous trouver, et je vais vous aider à la tromper.