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LA JOIE IMPRÉVUE, SCÈNE XXII

Que vous importe? Vous n*avez point à vous plaindre, j*ai joué avec honneur.

DAMON

Assurément. Mais après tout ce que j'ai perdu, vous ne sauriez me refuser de jouer encore cent louis sur ma parole.

M. ORGON

Le ciel m'en préserve I Je n'irai point vous jeter dans l'embarras où vous seriez, si vous les perdiez. Vous êtes jeune, vous dépendez apparemment d*un père ; je me reprocherais de profiter de l'étourdissement où vous êtes, et d'être, pour ainsi dire, le complice du désordre où vous voulez vous jeter. J'ai même regret d'avoir tant joué; votre âge et la considération de ceux à qui vous appartenez devaient m'en empêcher. Croyez-moi, monsieur; vous me paraissez un jeune homme plein d'honneur, n'altérez point votre caractère par une aussi dangereuse habitude que l'est celle du jeu, et craignez d'affliger un père, à qui je suis sur que vous êtes cher.

Vous m'arrachez des larmes, en me parlant de lui; mais je veux savoir avec qui j'ai joué. Êtesvous digne du discours que vous me tenez? M. ORGON, te démaiquant.

Jugez-en vous-même.

DAMOX, se jetant à tes genoux.

Ah! je vous demande pardon.

LE CHEVAUER, à part.

Son pèrel

M. ORGOX, relevant ton fils.

J'oublie tout, mon fils; si cette scène-ci vous corrige, ne craignez rien de ma colère. Je vous connais, et ne veux vous punir de vos fautes qu'en vous donnant de nouveaux témoignages de ma tendresse ; ils feront plus d'effet sur votre cœur que mes reproches.

DAMOX, te rejetant û set genoux.

Eh bien! mon père, laissez-moi encore vous jurer à genoux que je suis pénétré de vos bontés; que vos ordres, que vos moindres volontés me seront désormais sacrés; que ma soumission durera autant que ma vie, et que je ne vois point de bonheur égal à celui d'avoir un père qui vous ressemble.

LE CHEVALIER, ù M. Orgon,

VoiJà qui est fort touchant; mais j'allais lui donner sa revanche; j'offre de vous la donner à vous-même.

M. ORGON

On n'en a que faire, monsieur. Mais, qui vient

à nous? (Le chevalier tort,\

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