‹ Œuvres de Marivaux: théâtre completChapitre 1149 sur 1238 · M«« DORVILLE, CONSTANCE, M. ORGON, DAMON, USETTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

M«« DORVILLE, CONSTANCE, M. ORGON, DAMON, USETTE, PASQUIN

MADAME DORVILLE, à Constance,

Allons, ma illle, il est temps de se retirer. Que vois-je? monsieur Orgon !

M. ORGON

Oui, madame, c'est moi-même; et j'allais dans le moment me faire connaître ; je m'étais fait un plaisir de vous surprendre.

MADAME DORVILLE

Ma fille, saluez monsieur; il est le père de l'époux que je vous destine.

CONSTANCE

Non, ma mère; vous êtes trop bonne pour me le donner; et je suis obligée de dire naturellement à monsieur que je n'aimerai point son fils.

DAMON

Qu'entends-je?

M. ORGON

Après cet aveu-là, madame, je crois qu'il ne doit plus être question de notre projet.

MADAME DORVILLE

Plus que jamais, je vous assure que votre fils l'épousera.

CONSTANCE

Vous me sacrifierez donc, ma mère?

Non, certes, c'est à quoi madame Dorville voadra bien que je ne consente jamais. Allons, mon fils; je vous croyais plus heureux; retirons-nous. (À madame Dorville,) Demain, madame, j'aurai l'honneur de vous voir chez vous. {À Damon.) Suivez-moi.

CONSTANCE

Damon ! mais ce n'est pas de lui que je parie.

DAMON

Ah, madame!

M. ORGON

Quoi I belle Constance, ignoriez-vous que Damon est mon fils?

CONSTANCE

Je ne le savais pas. J'obéirai donc.

MADAME DORVILLE

Vous voyez bien qu'ils sont assez d'accord. Ce n'est pas la peine de rentrer dans le bal, je pense ; allons souper chez moi.

M. ORGON, lui donnant la main.

Allons, madame.

PASQUIN, à Lisette.

Je demandais tantôt si votre vin était bon; c'est moi qui vais t'en dire des nouvellei^<

FIN DB LA JOIB IMPREVUS.

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