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LA COLONIE, SCÈNE X

laide, et notre première ordonnance sera, que nous tâchions de Têtre toutes, (i Àrthentci.) N*cstce pas camarade ?

ARTHBNICB.

ïj consens.

UNB DES FEMMES.

D'être laide ? Il me paraît à moi, que c*est prendre à gauche.

UNE AUTRE FEMME

Je ne serai jamais de cet avis-là, non plus.

UNE AUTRE FEMME

Eh! mais, qui est-ce qui pourrait en être? Quoi! s'enlaidir exprès pour se venger des hommes? Eh! tout au contraire, embellissons-nous, sMl est possible, afin qu'ils nous regrettent davantage.

UNE AUTRE FEMME

Oui, afin qu'ils soupirent plus que jamais à nos genoux, et qu'ils meurent de douleur de se voir rebutés ; voilà ce qu'on appelle une indignation de bon sens, et vous êtes dans le faux, madame Sorbin, tout à fait dans le faux.

MADAME SORBIN

Ta, ta, ta, ta, je t'en réponds, embellissons-nous pour retomber ; de vingt galants qui se meurent à nos genoux, il n'y en a quelquefois pas un qu'on ne réchappe, d'ordinaire on les sauve tous; ces ihourants-là pous gagnent trop, je connais bien notre humeur, et notre ordonnance tiendra; on se rendra laide ; au surplus ce ne sera pas si grand dommage, mesdames, et vous n'y perdrez pas plus que moi.

UNE FEMME

Oh I doucement, cela vous platt à dire, vous ne jouez pas gros jeu, vous ; votre affaire est bien avancée.

UNE AUTRE

11 n'est pas étonnant que vous fassiez si bon marché de vos grâces.

UNE AUTRE

On ne vous prendra jamais pour un astre.

LINA

Tre Dame, ni vous non plus pour une étoile.

UNE FEMME

Tenez, ce petit étourneau, avec son caquet.

MADAME SORBIN

Ah I pardi, me voilà bien ébahie ; eh ! ditcsdonc, vous autres pimbêches, est-ce que vous croyez être jolies?

UNE AUTRE

Eh ! mais, si nous vous ressemblons, qu*est-il besoin de s'enlaidir? Par où s'y prendre?

UNE AUTRE

Il est vrai que la Sorbin en parle bien à son aise.

MADAME SORBIN

Gomment donc, la Sorbin, m'appeler la Sorbin?

LINA

Ma mère, une Sorbin.

MADAME SORBIN

Qui est-ce qui sera donc madame ici; me perdre le respect de cette manière ?

ARTHBNICE, à Voutrt femme.

Vous avez tort, ma bonne, et je trouve le projet de madame Sorbin très-sage.

UNE FEMME

Ah, je le crois ; vous n'y avez pas plus d'intérêt qu'elle.

ARTHENICB.

Qu'est-ce que cela signifie ? M'attaquer moimême?

MADAME SORBIN

Mais, voyez ces guenons, avec leur vision de beauté ; oui, madame Arthenice et moi, qui valons mieux que vous, voulons, ordonnons et prétendons, qu'on s'habille mal, qu'on se coiffe de travers, et qu'on se noircisse le visage au soleil.

ARTHENICR.

Et pour contenter ces femmes-ci, notre édit n'exceptera qu'elles, il leur sera permis de s'embellir, si elles le peuvent.

MADAME SORBIN

Ah I que c'est bien dit ; oui, gardez tous vos affiquets, corsets, rubans, avec vos mines et vos simagrées qui foqt rire, avec vos petites mules ou pantoufles, où Ton écrase un pied qui n'y saurait loger, et qu'on veut rendre mignon en dépit de sa taille, parez-vous, parez-vous, il n'y a pas de conséquence.

UNE DES FEMMES

Juste ciel! qu'elle est grossière! N'a-t-on pas fait là un beau choix ?

ARTHENICB.

Retirez-vous; vos serments vous lient, obéissez; je romps la séance.

UNE DBS FEMMES.

Obéissez? voilà de grands airs.

UNE DES FEMMES

Il n'y a qu'à se plaindre, il faut crier.

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